LES AUTRES VARIÉTÉS
Sans les étudier, signalons cependant l'existence des autres courants, le monophasé fixe, courant ondulatoire formé d'une seule alternance sinusoïdale de fréquence 50 périodes/sec ; le rythme syncope, monophasé intermittent ; le courant modulé en longue période, de même principe que le modulé en courte période, mais avec un rythme de substitution de 6 secondes ; le “courant continu faiblement ondulé, superposition d’un courant continu et d’un courant ondulatoire de faible amplitude.
Les indications habituelles
D’Arsonval qualifiait le courant sinusoïdal de basse fréquence de « médicament par excellence de la douleur ». C’est là l'indication principale de ce courant. Depuis de longues années déjà, il est utilisé avec des résultats très satisfaisants dans des syndromes douloureux parmi lesquels nous retiendrons essentiellement :
— les entorses, les lumbagos, les lombalgies, les arthralgies post-traumatiques ;
— les sciatiques, les névralgies faciales ;
— le zona.
Ce n'est pas ici le lieu d’entrer dans le détail des indications et des résultats obtenus par le courant diadynamique dans ces différents syndromes.
De ces indications habituelles, qui sont connues et ont déjà suscité de nombreux travaux, retenons dès maintenant le fait que beaucoup d’entre elles peuvent relever également d'infiltrations novocaïniques. Nous reviendrons plus loin sur ce parallélisme.
LE COURANT DIADYNAMIQUE EN GYNÉCOLOGIE
Action anesthésique et inhibition du sympathique
Le passage d’un courant diadynamique au niveau des points douloureux d'une entorse récente s'accompagne, de même que l'infiltration novocaïnique de ces points, d’un soulagement immédiat de la douleur. L'application au niveau de la région lombo-sacrée lors d’un lumbago aigu fait, dans la majorité des cas, disparaître la douleur, ainsi qu'une infiltration novocaïnique peut le faire. Dans l'un et l’autre cas, une seule séance peut suffire ou il faut la répéter plusieurs fois pour obtenir un effet durable. Ces faits sont connus et ont été observés de multiples fois. Comment agit exactement la novocaïne ? Quelle est Pexplication pathogénique de l’action de ces courants de basse fréquence ? Ces questions ne sont pas parfaitement élucidées. Sans méconnaître qu'il y a là un problème de pathologie générale du plus haut intérêt et sans vouloir être trop finalistes, nous devons reconnaître que le rôle du médecin est avant tout de soulager.
L’explication la plus couramment admise pour l’anesthésie provoquée par la novocaine se rapporte à une action sur les rameaux du système sympathique, vecteur de la sensibilité douloureuse et qui sont largement répandus dans l'intimité de tous les tissus. Les travaux de Leriche ont apporté à cet égard de nombreux éclaircissements. Nous savons maintenant que les lésions de l’entorse siègent au niveau des filets sympathiques parcourant les ligaments péri-articulaires. Il serait peut-être osé, devant une fréquente similitude d'action, d'affirmer que cette explication est valable aussi pour les courants diadynamiques de basse fréquence. Cependant, certains faits nous permettent de penser que ces courants ont une action inhibitrice sur le système
nerveux sympathique.
SN is
Une application de courant diadynamique au niveau de la région sus-claviculaire, faite pour une névrite du bras, par exemple, s'accompagne, dans les quelques minutes qui suivent, d'une sensation de chaleur le long du bras et d'une vaso-dilatation de l’hémiface correspondante. En poussant un peu trop fort l'intensité du courant, il a déjà été observé l'apparition d’un syndrome de Claude Bernard-Horner (P. Bernard, in « la thérapie diadynamique », loc. cit ; van Peteghem, communication verbale). Ces signes sont ceux d’une action inhibitrice sur le ganglion sympathique stellaire et certains auteurs utilisent l'application diadynamique pour bloquer certains ganglions sympathiques, en remplacement d’une infiltration de novocaine. L'application au niveau du ganglion cervical supérieur entraine une chaleur intense de l’hémiface correspondante et parfois un myosis.
Ces considérations nous éloignent de la gynécologie, mais étaient indispensables, car ce sont elles qui nous ont amené à utiliser le courant diadynamique dans cette discipline.
En gynécologie, deux méthodes de blocage novocaïnique sont utilisées au cours des annexites subaiguës ou chroniques douloureuses.
L'une, due à Froelich, consiste dans l’infiltration novocaïnique du sympathique lombaire. Nous l'avons personnellement utilisée au début de nos travaux, avec un bon résultat, mais il nous semble que sa technique est relativement délicate, qu’elle n'est pas toujours bien admise par les malades, d'autant qu'il faut nécessairement la répéter à plusieurs reprises pour avoir nne action durable.
L'autre, due à C. Daniel, consiste dans le blocage, parinfiltration novocainique également, du plexus hypogastrique, dont est tributaire la région annexielle. Nousn'avons pas personnellement l'expérience de cette technique dont certains auteurs ont obtenu des résultats très favorables et qui a fait l’objet d’une communication au Congrès international de Gynécologie en 1938.
D'autre part, A. Netter propose le blocage novocaïnique du plexus hypogastrique inférieur ou du nerf présacré au cours des dysménorrhées primaires.
Ces constatations de l'action d’un blocage sympathique au au cours de phénomènes inflammatoires soulèvent un intéressant problème de pathologie générale, celui du rôle du nert dans l'infection. Nous ne pouvons que le citer en passant.
Les indications
Deux faits nous ont poussés à utiliser ces courants diadynamiques dans le cadre d’une consultation de gynécologie où l'on est souvent désarmé devant la quantité de femmes qui viennent consulter parce qu'elles souffrent: l’action remarquable et immédiate loco dolenti sur de nombreuses douleurs ; le rapprochement entre l’action de ces courants et celle des infiltrations novocainiques. |
Pour les raisons que nous avons citées plus haut, c’est avant tout dans les annexites chroniques ou subaiguës que nous avons essayé d'agir. Cette indication s’est trouvée amplement vérifiée par nos résultats.
Dans le but de soulager, nous avons appliqué ce traitement dans des cas de dysménorrhée, des cas de syndromes douloureux intermenstruels et enfin dans des cas de douleurs pelviennes où l'examen ne nous permettait pas de porter un diagnostic précis.
Ces quatre indications précitées sont celles dont nous avons l'expérience, celles qui font l’objet des observations citées dans la seconde partie de cette thèse.
Y a-t-il d’autres indications à ces courants dans le domaine de la gynécologie ?
Le D' Bernard, dans son ouvrage sur « La thérapie diadynamique » cite et apporte des observations dans les cas suivants :
— algies dues aux ptoses ; — atonies du post-partum ; — adhérences cicatricielles.
Il semble également que certains cas de cellulite pelvienne puissent tirer avantage de cette thérapeutique.
La cellulite pelvienne est d’ailleurs le plus fréquemment la séquelle d’une lésion annexielle inflammatoire et comporte parmi ses traitements l’infiltration novocaïnique lombaire ou hypogastrique. Parmi les malades qui font l’objet de nos observations, dans beaucoup de cas il s’agit de cette lésion de cellulite pelvienne.
D'autre part, puisque l’on peut obtenir avec le courant diadynamique, au niveau de centres ganglionnaires sympathiques, un effet analogue à celui d’une infiltration novocaïnique, il pourrait convenir d'ajouter à ces indications celles de certaines infiltrations, particulièrement étudiées par A. Netter :
‘— aménorrhées accompagnées d’angiasthénie (ganglion cervical supérieur ou stellaire) ;
—— aménorrhées vasculaires (sympathique lombaire) ;
— stérilité hypolutéinique (ganglion cervical supérieur ou stellaire).
Cette méthode pourrait ici devenir très précieuse pour le gynécologue ou le médecin praticien qui reculerait devant la délicatesse de certaines infiltrations et les incidents qu'elles peuvent entrainer. ,
Il va sans dire qu’en dehors des indications que nous avons tout d’abord mentionnées et auxquelles nous nous sommes attachés, nous ne pouvons émettre, en ce qui nous concerne, que des hypothèses qui demandent à être étudiées et vérifiées.
Appareillage et technique