CHAPITRE IV
Technique et Observations
Deux méthodes sont en présence pour les recherches hématologiques. L'une (Prochaska, Unger, Diggelman, Faure-Baulieu) préconise l'ensemencement de doses massives de sang dans une certaine quantité de milieux de culture. L'autre, au contraire, admet la nécessité de fragmenter la matière d’ensemencement et de multiplier les mises en culture de doses très faibles, une ou deux gouttes (Busquel).
Nous avons expérimenté les deux procédés et après essai nous avons donné la préférence au second, qui nous a fourni des résultats constants.
La technique, telle qu'elle a été indiquée par le docteur Busquet (Æevue de médecine, 10 février 1902 et Presse médicale, janvier et juin 1902), comporte deux temps successifs : le prélèvement du sang et son ensemencement.
1° Prélèvement du sang. — Après avoir posé le bandage avant la saignée et désinfecté soigneusement la région du pli du coude, le sang est puisé dans la veine médiane céphalique ou basilique (la turgescence plus grande ou la commodité devant faire opter l'opérateur pour l’un ou l’autre de ces vaisseaux) à l’aide d’une seringue stérilisée et munie d’une aiguille en platine iridié.
Cette aiguille est flambée à la lampe à alcool au moment d'opérer et enfoncée rouge à travers les issus, afin d'éviter les souillures banales de la peau. La quantité de sang prélevée est de 5 centimètres cubes.
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2 Ensemencement. — L'aiguille est enlevée et le sang est aspiré dans une pipette stérilisée. puis réparti, à raison d'une goutte, dans les tubes contenant les milieux liquides. Quant aux milieux solides, on les ensemence au moyen de trois stries.
Les tubes sont immédiatement mis à l’étuve à 37°.
Les milieux dont nous nous sommes servi sont :
1° Un mélange de deux parties de gélose pour une de liquide pleurétique ;
2° Un mélange-de deux parties de gélose pour une de liquide ascitique ;
3° Du bouillon uni à du liquide pleurétique à parties égales :
4° Du bouillon uni à du liquide ascitique à parties égales ;
5° Du bouillon de bœuf peptonisé à 2 pour 100.
La préparation de ces divers milieux se pratique de la façon suivante :
Pour les milieux solides : on met dans des tubes à essai de 20 à 30 centimètres cubes de gélose ordinaire et on les stérilise à l’autoclave à 120° pendant une heure. Au sortir de l’autoclave, lorsque la température de la gélose s’est abaissée à 45 ou 50°, on ajoute, au moyen d’une pipette stérilisée, de 6 à 10 centimètres cubes de sérum pleurétique ou ascitique. En roulant vivement le tube entre les mains on obtient le mélange intime de la gélose et de la sérosité. On laisse ensuite la solidification se produire en plaçant les tubes dans la position inclinée.
On procédera de mème pour effectuer le mélange de bouillon et des sérums pleurétique et ascitique.
On porte les tubes à l’étuve à 37° pendant quarante-huit heures, de façon à s'assurer de leur parfaite stérilité.
Les milieux liquides, dont la manipulation est d’ailleurs plus facile, nous ont toujours paru préférables aux milieux solides, et parmi eux le sérum pleurélique mélangé au bouillon dans la proportion de 2 parties de bouillon pour 1 de sérum.
En effet, en général, au bout de vingt-quatre heures le liquide se trouble et permet le report sur gélose pleurélique ou ascitique.
ro OBsERvATION I (InÉDITE) (Due à l’obligeance de M. le médecin-major Busquer)
J..., cavalier au 5° chasseurs d'Afrique.
Blennorragie (1899) à écoulement très abondant datant de dix-sept jours. Pas de complications.
5 centimètres cubes de sang puisés dans la veine médiane basilique sont répartis dans 10 ballons de 150 centimètres cubes de bouillon de bœuf peptonisé à 2 pour 100, et dans des tubes contenant un mélange à parties égales de liquide pleurétique et de bouillon à raison de deux gouttes de sang dans chaque récipient.
On obtient des cultures du gonocoque. Le gonocoque fut isolé du pus sur un mélange de gélose et-de sérum de pleurésie, dans la proportion
de deux parties de gélose pour une de liquide pleurétique. O8seRvaTION IT (IxéDiTe) (Communiquée par M. le médecin-major Busquer)
M..., zouave.
Blennorragie (1901) remontant à quatre ans, avec écoulement chronique et localisations articulaires (hydarthrose du genou).
Le sang retiré d’une veine du pli du coude, le liquide recueilli dans le genou et le pus urétral sont ensemencés sur les divers milieux énumérés dans notre technique.
L'examen microscopique des cultures obtenues montra qu’elles conte-
naient le gonocoque à l’état de culture pure. OgservarioN LIT (INÉDITE) (Communiquée par M. le médecin-major Busquer)