‹ De L'Utilité De La Pyélographie Dans Le Diagnostic Précoce Des Tumeurs Du ReinChapitre 17 sur 53 · VAS · texte numérisé non relu

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verge et des bourses est négatif ; pas de varicocèle. Le toucher rectal est négatif ; pas d'hypertrophie prostatique. Le palper de l'abdomen est rendu très difficile par l'obésité du sujet. On ne peut rien sentir ni d'un côté, ni de l’autre ; cependant le malade accuse spontanément des sensations de lourdeur, de pesanteur dans la région lombaire. Le calibre urétral est normal ; la vessie est absolument normale au cystoscope ; l'orifice urétéral gauche paraît un peu plus rouge et un peu plus large que l'orifice droit. M. le P° Camelot demande un examen pyélographique.

La pyélographie est effectuée, d’abord à gauche en raison de l'aspect légèrement anormal de l'orifice urétéral de ce côté. La sonde est enfoncée à 25 c/m., sans incident. Il s’en écoule une urine claire. La capacité pyélique est légèrement augmentée, il faut plus de 20 cc. de la solution d'iodure de sodium à 30 % pour provoquer la douleur de distention. L’aspect pyélographique gauche est très curieux ; le bassinet paraît normal dans son tiers inférieur et moyen; au contraire le calice supérieur est très étiré, très allongé, on peut lui décrire une portion verticale et une portion horizontale, toutes deux très allongées. La pyélographie est ensuite effectuée à droite ; la capacité pyélique est de 12 c/m2 ; l’image est normale.

En raison de l'aspect pyélographique du côté gauche, on porte le diagnostic de cancer du pôle supérieur du rein gauche, probablement du type hypernéphrome.

Le catétérisme bilatéral est effectué quelques jours plus tard ; la sonde est enfoncée de chaque côté de dix centimètres ; le malade supporte mal le cystoscope bilatéral. On recueille les urines pendant un quart d'heure

Voici les résultats :

A gauche, pas d’urines ;

A droite, Urée 16 grs au litre, 9,83 grs par 24 heures ; Nacl 12,50 grs au litre, 7,68 grs par 24 heures (M. PAGET).

La constante d’AMBARD recherchée quelques jours plus tard donne les résultats suivants :

Urée sanguine : 0,53 ; K: 0,120.

Devant ce résultat de la constante, M. le P' Camelot propose au malade de retourner chez lui pendant un mois pen-

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dant lequel il se soumettra au régime des néphrites azotémiques. Le malade parti fin janvier revient fin avril parce qu'il a présenté de nouvelles hématuries spontanées indolores d'abondance moyenne n'ayant jamais duré plus de vingtquatre heures. Il souffre toujours d'une façon sourde de la région lombaire sans pouvoir préciser le côté. On refait établir à ce moment la constante qui montre : AZ 0,26 ; K 0,09.

La néphrectomie est pratiquée le jeudi 2 mai par M. le P° Camelot. Aidé de M. Loheac, chef de clinique et M. Torck, interne. Anesthésie à l’éther avec l'appareil d'Ombredanne. Incison oblique parallèle à la douzième cote partant de la masse sacro-lombaire et se prolongeant assez loin au-dessus de l’arcade de Fallope. Le pannicule adipeux est très épais, l'espace costo iliaque est très étroit ; le péritoine est récliné en avant et n'est pas ouvert. Après incision du fascia rétrorénal, on aborde le rein assez haut et assez loin ; une périnéphrite graisseuse le fixe solidement. Dans les efforts d'extraction, la capsule s’arrache, elle est épaisse, surtout au niveau du pôle supérieur. Le rein descend alors facilement et est extériorisé. On pince le pédicule avec un clamp ; on coupe au ras de la pince ; on fait avec soin deux ligatures successives sur le pédicule totale. Plus rien ne saigne ; on referme la paroi musculaire et la peau selon l'usage ; on draine la partie inférieur de l’incision. Durée de l'intervention : vingt minutes.

Suites opératoires très simples; le drain est enlevé au dixième jour ; légère suppuration de la paroi.

Le malade sort du service au début de juin apparemment guéri mais se plaignant toujours de douleurs sourdes dans les lombes. Remis au régime carné durant son séjour à l'hôpital il à présenté peu avant sa sortie une constante à 0,15 avec une azotémie à 0,64.

En somme le pronostic reste très réservé tant au point de vue de l'évolution du cancer que des phénomènes de néphrite concomitants.

Etude anatomo pathologique el chimique de la pièce opératoire,

Le rein dépouillé de sa capsule est de volume et d'aspect

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normal dans ses deux tiers inférieurs mais il présente doublant et même triplant les dimensions de son pôle supérieur une tumeur grosse comme un poing d'adulte. Cette tumeur a une coloration gris jaunâtre et présente une surface bosselée ; chaque bosselure ayant le volume d'une noisette. La capsule ayant été arrachée au cours de l'intervention était fortement épaissie et d’une couleur bleuâtre au niveau de la tumeur.

Coupés, les tissus néoplasiques avaient une teinte grisjaunâtre non uniforme, tantôt plus grise, tantôt plus jaune, avec des zones rouges-noirâtres hémorragiques. La consistance de la pièce était tantôt élastique, tantôt ramollie, en certains points, on a une sorte de bouillie rougeâtre. Dans les parties les plus fermes on voit que la tumeur est formée de noyaux de la grosseur d'une noisette ou d’une noix, noyaux plus où moins encapsulés. À l'union du rein et de la tumeur on ne trouve pas de capsule limitante. Le bassinet est comprimé et distendu par la tumeur qui ne bourgeonne pas à l'intérieur des calices ; les papilles au ni veau de la tumeur ont d’ailleurs disparues ; la paroi du bassinet est épaissie et ecchymotique.

Le poids de la pièce est de 50 grammes.

Examens histologiques (Laboratoire de la Faculté, P' DELATTRE).

I. — Inclusions à la paraffine (coloration à l'eosine hémalun (4 coupes).

Coupe I (quadrangulaire), prélevée à la périphérie de la tumeur à l’union avec les tissus normaux.

Glomérules et tubes urinifères par endroit noyés dans l'œdème ; plages de cellules rondes inflammatoires. Apparition de boyaux pleins de cellules néoplastiques au contact des tubes. Dans un vaisseau, on voit un gros bourgeon néoplasique.

CourE IT (triangulaire) prélevée en plein tissu néplasique ferme et lardacé.

Boyaux néoplasiques soutenus par des travées con-

AT) Ross

Jjonctives d'épaisseur variable. Les boyaux sont formés de cellules chlaires.

Coupe III (reniforme) prélevée en tissu plus mou. Formations papillaires très nettes.

Coupe IV (prélevée en tissu ramolli et dégénéré). Travées cellulaires dissociées nageant dans des cavités remplies de sang et de débris cellulaires.

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