‹ De la bienfaisance publique; (volume 3)Chapitre 12 sur 90 · PREHIÈRE PARTIE. LIVRE I. CHAP. IL · texte numérisé non relu

PREHIÈRE PARTIE. LIVRE I. CHAP. IL

!de père, de mère, de père et mère.

tdu père, de la mère, du père et de, la mère.

4° Les eofims trouvés; 5"* Les bâtards.

lie deuxième . genre compreed 4 espèces d'inliriiies d*esprit ou de corps ; #

Ifous.

idiots.

feibles.

3** Les sourds-muets;

, e T • id'iuie ou deux maiïi&

4 Les estropies f j» .. ^ j -^i

• ' 1 d un ou deux pieds.

Le troisième genre comprend les adultes jouissant de leurs, sens, répartis en4i espèces.

1 Les mânes; a* Les ymh;

Trop détaillée sous quelques rapports, celte nomenclature paraîtra sans douté incomplète sous d'autres. Il suffira d'indiquer que l'auteur y a omis les paralytiques et autres incura- ' blés , les femmes abandonnées, etc.

Cherchant ensuite à énumérer les cas qui exigent des secours, le pubiicîste anglais les distribue sous 8 classes, % genres, 135 espèces, et ici encore quoique descendant à des distinctions peu utiles, il n'a point cependant épuisé ce triste sujet..(l). Bentham a essayé de déterminer ce qu'il appelle la f^aleur pécuniaire 4^ tin4fiviàuyy2Xexxr positive ou néga^

(i) Esquisses d'un owroge éh faveur des pauvres» Voyez les tableaux en tè(e des deux premiers paragraphes. La traducfion de cet ouvrage a été insérée daiis le Recueil des établissem^ns d'humanité, publié par François de Neufcfaàteau y tome vu.

BES DITBRS BSO&éS b'iNDIGBUCS. 23

tîve, exprimée d'après une progression arithmétique qui commence à Tenfant en bas âge, et se termine à l'adulte, l^a yaleur négative comprend la dépense que coûte l'entretien du sujet ; la valeur positive , le produit que rend sou travail» Il a pris pour taux de la valeur, positive et complète, celle d'un adulte employé à l'espèce de travail qui se paie le moins cher^ c'està-dire aux travaux de l'agricnhure ; il suppose que la valeur des divers ' individus s'élève i ce taux , par des gradations égales, à partir de la première époque de l'Age propre au tra^ vail. (i) .-

Le publiclste anglais remarque avec raison que cette Taleur est sujette à des variations considérables dans les différentes classes*; quil y à pour elle deux ternes extrêmes, et un 'grand nombre de gradations intermédiaires, a M^is a on a fait, dit-u, si peu de progrès'dans cette partie de 1 ad- « mtnistration, que les rapports publiés n'ont jamais Aoumi un a état complet des diflérences que présentaient les individus (c relativement aux diverses conditions de l'indigence, t» Il si^ale les en'eurs qui naissent d'tme semblable confusion , erreur qui dans la pratique s'élève, ait*il, jusqu'à bult ouxBx pour un ; ic on ne saurait dcfnc , cotiClue-t>-ll , établir un bon <c pian de secours en' faveur des pauvres, sans la niasse de <c reose^eiheits sollicitée par ses tableau)t'« )>

Quelque ingénieuse que soit l'idée' conçfue^t développée parBentham, elle né paraît guère suscejttible de<lbumip des formuler aussi positives et aussi- eertàines qu'il a cru pou-* voir l'espérer. On reconnaît dans leâ déveleppemens qu'il loi a donnés, l'influence des doctrines d'utilisme* dont il était l'apAtre. Il n'a pbint tenu assez de compte des élémens moraux qui viennent, dans l'état secial, modifier si puissamment la situatit>jD du pauvre .

Pour arriver dans un si vaste sujet à une boiiBe nomenclature, il convient de distinguer d'une part les besoins qui cen-

34 PAKHliBB PeVTIB. LIVJLB I. CHAP. II.

stitaent 11 ndigenee ; d'enltBFA les circonstances qui font nal^ tre oes besoins , et rendent l'assistance d'avtnii nécessaire pour y pourvoir. Par Ja premiAre ënumératioa , on aura le moyem d'évaluer les divers degrés de la misère ^par la seeoncSs, celle dépasser lesindigens.

Le i^me é^indigenee^ en effet, est ouf expression négalivcir il signée ma yï&^} aimoncecoRun&aous rayons déjàdit, le défaut de Time des cfaosesnconsidérées eommenécessaîvesau titivailleurii^d^eiidafit, pour assurer «on existence. Prenon&d'ft^ bord , coonne tjppe normal , la sHnatioti de ee travaHlear indépendant ; snitposôns un aduhe valide ; ne ^nsidérons encore que sa personne. Latiouri^liure, les vétemeçs^ leiingc^ la cbaussure, hi coiffure, lelogeiOQieDt, le«iobJfier^ le chauffage , rëdairaga, 1^. ManctHssage , «seront dans , P^iat pigeai de la civHisation ^ et surt^tauaeiades viMes,**oopsiâérës par loi comme des besoins de première nécessité. ^

Maî^, pour évaluer, ave^ précision ebaciin de OQS besoins » on doit tenir compte d'un .grand nombre de circonstances. La;iourri(iMre*comtR*end les alimens et la boisson* Il*«e«ufni. pas de reelmfch^^ quels, sont les aliment les-Mnoin&eoâileu^; il est hidispnaaHe atant^tont qu'iH» soiQnt^aÎ9S$ ils ne scnac économiques qu'Mtant-qu'ils sMit •«nbatantiels^ jl ftiut, quaiH an choix et à fe quantité ^ ayoir regard ..au tempérament, à l^g&9 au sexe , à L'état de santés augenrc de vie. JL^alîjiné cotisosme le doiAIe^d'un homme quijouit (]|^^a raison. Une femm^xïim^mm^JseaQcc^np moins qn*ua homme, un ^ieillard ttoifia^ua jnune^hompe. {je9|>eiss0tis fevmsoséf^ pen^ ve»it da^flnir un. oliyexde première néces^té dans eetrlâftns^clima^^èeertaÉna tempérameps , dans /e^reib» de cerl^breà pro(^sîQii»;Jci,te"be$oin dctpiieitoière.néceasifié pi^ étpft.. défini y «itttnnt w^f^ ^ j^ la Quantiié et U ^uidtté &e.n0|ini^ ture néceieaîre itrindividil^. dsm^ ta sttuatroniliHiaçe , j^^aur • conseryeir^^anté i;t>ent|*€[tei^6dsfoPc«s. «- ; ,* .

Le linge , le- vâtèment.^ la chaussure, la €k)tffàf&, sonuea j> partie du moins aussi iadi6pen«abtes que fa o6i9'iHtcDié, pour )

DBS mtBAft BBGHÉs D^nmiasscK. 25

satisfaire à la double condition que noas venons d'indiquer • ils garantiront de Tintempérie des saisons et des accidens qu'elle occasionne. Mais à cette condition, s'en joint ici une autre à nos yeux non moins impérieuse : celle des convenances sociales. Ces besoins sont plus étendus et plus graves qu'on ne le pense. Les règles de la décence, les usages reçus, sont une loi pour le pauvre lui-même ; il doit les observer pour continuer à joiriF d»^ commerce des autres hommes ; il tombe donc dans l'indigence, dès qu'il ne peutélre velu comme le travailleur iodépe»dant le moins aisé. La malpropreté , les hailloiis, tout ce qui anntnce l'excès de la misère ou de la détresse, peut Texposer à s'avilir aux yeux des autres hommes, comme aux siens propres. Ces quatre espèces de besoins supposant une preinière mise, la conservation et l'entretiéu^ le renouvellement des eflèts destinés à y pourvoir.

Suffit-il d'abriter le pauvre au hasard , dans le premier refogeoù il pourra reposer sa tête ? La salubrité du logement ne lui est pas mcMUS nécessaire que le logement lui-môme. Il luifautfaiecè^de la lumière du jour, un espai^e suffisant et le renouvellemeni de l'air ^ un toit qui le couvre , et une clôture qui garantisse sa sûreté. Il faut qu'il ne soit pas trop éloigné des lieux où l'appellent ses occupations ou ses devoirSi

Appliquons ces mômes i»*incipes au mobilier. Les meubles peuvent être ou une annexe du logement , comme le lit , les accessoires, etc., ou des ustensiles .nécessaires , soit au ofté^ nage, soità l'exercice de la profession. Us sont donc nécessaires encore sous les. mêmes conditions , dans le même but. Us seront^implés, mais décens. La demeure de l'homme qui apparUmt à la condiffon la moins aisée, ne doit pas offrir un aspea repoussant , ^i à lui-même , ni. aux autres. L'état de son mobilier* influe sur sa fadlilé à trouver une losiation, sur la confiance àuMl obtient, sir les relations qu'il cultive. L'ouvrier qui jmvanie^à doçiicilé doit posséder son métier, ses instruftiens, <iiiek]aéfeis' un petiiassortiokeht de matières prc^

26 PRBMIÈRK PARTIE. LIVRE I. GHAP. II.

mières. Toutes ces choses doivent être établies, ^P^^^^^iSÈL. nouvelées.

Le blanchîssagei le chauffage, Téclairage, ont sans doute^ moins dlmportance , du moins relativement à la dépense qu'ils entraînent. Le premier et le troisième de ces-besoios. oceasionnent à peine, une dépense sensible aux habitans des. campagnes. Le premier n'en a pas moins une nécessité réelle, comme une conséquence de ces conditions de propreté que nous considérons comme aussi iiuti^[>eDSsâ)les que la nourri* ture elle-môme ; l'éclairage même , en certams cas, est exigé comme condition du travail. Le chauffage ne devient un besoin qu'à certaines époques, dans de certaines localités; mai& il peut alors devenir indispensable à la conse^atioB méiBe de la vie. ♦

La plupart des besoins se modifient suivant la situation des malheureux. Il en est qui cessent, d'autres qui naissent, dans rétat de maladie on d'infirmité. Au malade , il faut dés raédLcamens, des alimens choisis ; au convalescent, une nourriture plus abondante, et des vétemens mieux conditionnés < L'en- Uml , le malade , l'infirme , ne pouvant s'aider eux-mêmes ^ réclament l'assistanced'autrui. Ceitaines infirmités habituelles exigent des appareils qui leur sont propres.

On voit combien il est difficile d'évaluer un à un desélémens. semblables; combien il e^t impossible de leur attribuer une valeur universelle et constante. Un calcul plus certain et plus sâr ànotreavis pourraitêtre établi, d'aiu*èsla baseque nousavons admise pour déterminer l'indigence. Le taux du salaire obtenu par le travailleur indépendant le moins aisé^ serviraitide point de départ, pour exprimer la totalité des besoins d'un adulte en état de santé. Le. degré de l'indigence se mesur^ait sur le défieit. Ce calcul varierait aisuite selon IciS sexes, les &ge&^ les lieuK , Tétat de la santé , la profession ,- en prenant, dans chacune de ces classes ^ un type riormal qui servirait ainsi de régulateur. On dirait : il faut tant à un homme , à un6' femme, à un vieillard , à un4ftfinne de telle ou telle classe , à un en-

DES DrVBES DEGRÉS D*I1I1>IQE1IGE. 27

faoi de tel on tel âge , pour vivre dans la situation normale. Plus il leur manque sur ce total , plus ils sont misérables.

Qœ la science ne.dédaigne pas d'entrer dans ces détails si minutieux en apparence. Elle y puise les données qui servi* ntttà résoudre* dlmporoins problèmes; Ils sont nécessaires pour établir une proposition que meus eesaieroos d'exposer dans la suite,' savoir : que la mission dé la hienfaisaiice n^ se borne pas à tempérer ia misère; mais qu'elle doit s'étendre à réhabiliter le misérable. Seuls ils peuvent faire comprendre la distinction 4U6 nous croyons pouvoir fiiire entre lesimple êou^ lagemetU et la réfhaiHiUiHim^ Les secours qui replacent Tift* digent au niveau du travailleur indépeadanti sont ceux qui le réhabilitent* Les autres le soulagent sans doute y mais sans l'arracber à l'indigence.

L'évaluation des besoins de l'indigence « lorsqu'on veut la transformer en une expression pécuniaire» se mocfifie à son tour suivant le prix vénal des choses, à chaque époque, et dans chaque localité. Ellesëiùodifiè aussi dans tous les temps et dans tons les lieux, par la différence qui existe entr« la.vie individuelle et la vie commune. Quoique les besoins restent les mêmes, il y est pourvu à moins de frais, suivant que la oom* munautë est plus nombreuse,, et que, par^e mode, de sa con** stitution , elle comporte, mieux des services coUeciife , unifbnnes , . et une assistance mutuelle. La réunion de famille, comme l'état de société, tend par elle-même à augmenter l'aisance , à réduire les besoins. Il est plusieurs choses dont ses membres jouissent en commun , sans en accroître la quantité ou l'étendue; comme le logement, la chaleur, la lumière. U en est plusieurs autres à l'égard desquriles la vie commune prévient d'iDévitaoles déperditions, qui, bien qa'iosensibles en^iSlalf, entitnt*éb ADApleparleurnombre; La vie commune offre l'occasion d^un échange continuel de services ;. elle permet une association de forces « qui, devient une source d'économie , et q^i multiplie les res^ source^. Lamèredcfamilteprépar^ le^repasdetous, entre-

38 PBEMliBB PARTIE. LIVUE I. CHAP. II.

tient, répare le linge, les vétemens, blanchit, pourvoit aux détails du ménage ; les enfans l'assistent même en jouant r le père utilise dans son intérieur ses instans de repos, par la vigilance, les conseils et les soins domestiques.

Le type normal qui vient d*étre indiqué, ne doit pas être* considéré sans doute comme une barrière insurmontable que ne peut jamais franchir la bienfaisance. Une certaine latitude" lui est laissée pour accorder, en quelques cas, à. l'indigent , certaines douceurs qui se confondent presque avec les nécessités de la vie. Elle aura égard à l'intérêt particulier que méritent certains malheurs, à la situation antérieure , au carac^ tère, à la conduite de ceux qui les éprouvent, et cette concession alors sera moins une faveur qu'une justice.

Il serait dangereux sans doute de trop reculer la limite à laquelle l'indigence se sépare de l'existence indépendante. La condition de l'indigent assisté ne doit jMnais devenir un objet d'envie pour le tray^iyçjir qui vit de ses propres ressources ; pr<}(ygi\e ei^vers l'un, la bienfaisance découragerait Tautre. Mais il ne serait ni équitable , ni utile , d'exagérer dans un sens contraire , de trop restreindre la sphère des nécessités dans l'évajj^yon de l'indigence. Lui refuserions-nous donc toute part dans les douceurs de la vie,. dans tes délassemens, dans les jouissances innocentes! Oh non! que l'indigent ne soit point entièrement exclu de ce banquet auquel l'humanité est conviée par le bienfaisant auteur de toutes choses ! que le sourire quelquefois, paraissant sur ses lèvres^nous annonce le retour de la séi^vjté dans son cœur! Quelquesunes de ces jouissances ne sont-elles pas aussi nécessaires à , l'homme, que le somm^ gt^ 1^ subsistance elle-même? Ne contribuent-elles pas aussi effleacenient à renoûveter'en lui les sources delà vie? La providence en prodiguant sur la

\ scène de la jiature, tant de plaisirs accessibles à tous Içs hommes > ne nous dit-eHe pas quUI était dans ses desseins qu'un

\ peu de joie se répandUt sur la vie de sa créature , comme le rayon de l'astre du*î()y^sQy|epgnj^j$Kf/(Mi^e^ ouvrages?

X^ITSLQOBS ÉVALUATIOnS DB L^IirBIGBNCB. 29

Enfin, à ces nécessités purébent matérielles , Tami de Thumanité n*associerait«il pas aussi des b^soyis (^'pn j^i^e^. „ supérieur, qui méritent pius.de respect encore et qui, en <%rtains cas, pouvant exiger quelques frais , entreront aussi dans révaluation des dépenses da Tindigent ! Ce seront les bienfaits de leducation , le noviciat des professions ulile&^ raccompiissemeiôrde certains devoirs qui exigent un sacri**fice de temps, de travail^ les soins dus à ^esjpajens , à des amis, les obligations imposées par ies^observances religieuses. Puisque Tindigent doit être conservé à la société, il doit être maintenu ^J|pu^ssaQfie ^jies pjemiers biens de la civilisation. L'homme ne vit pas du pain seul ; il vit par l'exercice de ses facultés mteUectuelles et morales. M'y a-t-il pas pour le pauvre aussi des affections plus précieuses tiue la vie? Laisserons'^nous effacer sur son firont le sceaude ^ la dignité humaine? Serait-ce le secouri, que de commencer .par le dégrader? '^^~

ARTICLE m.

Quelques exemples d'épaiuation de findigence, d'après les bases ch^dessus

exposées.

Le type normal que nous avons indiqué dans le chapitre précédent a été souvent adopté soit par les législateurs, soit par les magistrats, tantôt pour servir à la fixation des salaires , tantôt pour servir de régulateur dans les secours accordés à Tindigence. Ces évaluations ont dû sensiblement varier, suivant les temps, suivant les lieux, suivant les points de vue dans lesquels se plaçaient leurs auteurs.

En Angleterre lord Haies , sous le règne de Charles II , évaluait à 10 shillings (ou environ 12 fr.) par semaine, la dépense d'une famille pauvre composée de six personnes, sa-

30 PaBHlÈEB PART». LIVBB I. CHAP. II.

voir : lé pare, la mère , et quatre enfans, dont deux e» état • dp ngnçr^ leur leje , «t deux* en bas âge. ^

Les recherdiea et les calculs de M. Davies et de sir John HîH établissent y comme il suit, les dépenses d'une famille pauvre dans le même royajimç ^ vers l§i fin du siècle dernier, en supposant la famille composée de cinq personnes : lepère, la mère et trois enfans.

• * • Dépemsm cdtculées pdt sènâUiéè,

Sb. pMice.

Blé OU larine, 4 gftlOQS llVi d >» 3 0

Levure et sel » » 3

Lard,*Viandé et fi^mage * ."*.... » 2 8

Thé, sucre, beurre ou lard, gruau^ peu ou point de lait. • » 1 * 3

Sawn, bkuichiss|ge, lyiiky^^lundflle. «. ^. .^ » • 9

Rarement de la bière ^ » » »

Dépense annuelle,

Loyer. .- jE 2

Chauffage. » 10

Yétemens du père. . , ^ . . . 1 10 • »

Vétemens de la mère et des trois enfiEUis » 2 » *

Couche , aocidens, maladie 2 » »

Par an.... ^ 7 » »

Ce qui donne par semaine j£ » 2 8 i/a

. La dépense totale par semaine ressortirait ainsi à 10 shillings et h pence (1), ou environ 12 fr. 30 c. de notre monnaie.

La législation anglaise sur les pauvres, en partant du

(1) Obsavadons sur ies pauçres, Yoyez la traduction de ce travail dans le recueil sur les établissemens dliumanité , t. xii, 2^ cahier, p. 13.

Townsead a porté cette évaluation à 180fr. pour un homme!

1 30 pour une femme / par an .

93 60 c, pour un enfant |

Ce qui donnerait pour la fiunille composée de cinq personnes, 693 fr. 80. c.

QUELQUES ÉVALUATIONS DE l'iNDIGERCE. 31

fous principe qu'elle avait «adopté, a cberché à faire détecmiiier d'une manière authentique et officielle la mesure précise de ce qui est nécessaire à la snbsistsmce de Tindividuy pour arriver à fixer la subvention due à Tindigent, d'après ce qui lui manque pour atteindre à cette limite.

C'est d'après ce principe que les juges-de-paix en Angleterre ont fixé un taux légal des salaires , qui est devenu , dans les comtés respectifs, un régulateur pour Tapplicatien des secours publics. Ils y ont été autorisés , entre autres par les statuts 3 et U de Guillaume et de Marie , par le 9*^ de Georges^ I" et par le B'^ d'Elisabeth, chapitre A.

C'est ainsi , par exemple , qu'en 1795 , pour Exeter, la règle suivante f^t tracée conune un type normal aux administra* leurs des pauvres :

Pour un homme 3 shillings par jour. (1)

Pour une feimne .'. . S • d®

Pour un ménage composé d*un homme et d'une

femme 4 6 den. d^

Pour le même ménage avec un enfant 6 » d'*

d' aTCc 2 \ f 1 ^ d*

àP avec Z \ i 9» d»

d° avec 4 f ''L' '' 1 10 • d®

d» > am 6 ( ^^™"" 1 12. « d"

d*» avec S I " * ^ " I 18 JB d*»

d' avec 7 / \ 15 » d"

Ce type était établi dans la supposition que le prix du grain demeurait à un Shilling le. gallon. Mais il s'élevait graduellement avec le prix du grajn ; celui-ci éx^\ double , par exemple, le prix de journée pour un homme élait porté à 5 shillings , celui de la femme à 3^ etc.. (2)

Etait réputée indigente la famille qui ne jouissait pas d'un revenu égal à la quantité ci-dessus ; et les administrateurs des pauvres devaient combler la différence.

A Hambourg, lorsqu'on fonda le système de secours à

(1) EnTÎron 3 fir. 76 c. de notre monnaie.

(2) Voyez le rapport des commissaûtis royaux de 1884, p. 121 et iu'w.

S2 PEBlIlàlLB PAHTIE. LIVEE I. CBAP. II.

domicilejustement cité comme un modèle, on évalua la de* pense du pauvre au maximum de 48 «ous de, France par semaine , et rexpérience fit reconnaître par la suite que cette évaluation était même «Lcessive.

Suivant le chanoine de Bochow, dont TAllemagne vénère si justement la mémoire, comme celle de Tun des -créateurs de la science philantropique ; la dépense annuelle d'une làmille pauvre dans le nord de l'Allemagne, s'établissait comme il suit:

Nourriture 2l' à 2à thalers.

TétéBiens 6 A • -^

Loyer 24 S —

Eclairage là 2 —

Cbauflhge 2à 8 •>-

..Éai

De 31 à 86 , —

•ou de 117 fr. 80 à 136 fr. 80 de notre monnaie , suivant les localités. Celle d'un enfant orphelin était de 18 thalers ou 68 fr. 40. (1)

En Bohême, k kreutzer à la campagne* et 8 à la ville (15 à ^0 centimes de notre monnaie) paraissent suffire pour la subsistance journalière d'un adulte. Celle d'un enfant étant estimée ne coûte que la moitié. Ce serait 52 centimes et demi par jour à la campagne, et 1 (r. 05 c. à la ville, qae consomme une famille composée du père , de la înère et de trois enfaus , ou environ 35-78 fr. de notre monnaie par an.

A Madrid, en 1787, on évaluait à lih francs seulement la somme annuelle nécessaire pour soutenir un indigent.

En Fcance la célèbre ordonnance de police rendue par le roi Jean le 30 janvier 1S50, fixait les salaires de quelques-unes des professions les moins aisées, tels par exemple que :

Les batteurs en grange 12 deniers par jour.

Le vacher 50 sols par an,

(1) Venuch ueber Jrmen Jnstalten, etc., etc. Beriin, 1789 , p. 69.

QUELQUES EYALUATIORS DE l'iKDIGEACE. 33 '

Les maçons et les couvreurs, tailleurs de pierre, etc. Savoir : ♦

De la Saint-Martin à Pâques. ... 26 den. par jour.

Et leurs aides. 16

De Pâques à la Saint-Martin. ... 32

Et leurs aides 20

Les femmes travaillant aux vignes , savoir :

Des vendanges a la Chandeleur. . . 8 deniers,

De la Chandeleur aux vendanges. . . 12

(t La journée de la femme louée , à Paris, est fixée à 12 deniers sans Dourriiure^ et à 6 deniers avec despens, c'est-àdire si elles sont nourries. j>

(c Les hôteliers à Paris ne peuvent recevoir de leurs hôtes au-delà de 3 deniers par 2U heures » (1).

Vers la fin du siècle dernier, les laborieuses recherches du Comité de mendicité de l'Assemblée constituante, en dis- * tinguant sagement les dépenses du pauvre eu maladie et en santé , à la ville et à la campagne , à Paris et en province , donnèrent les résultats comparatifs suivans :

En province , ces dépenses décroissaient progressivement jusqu'au minimum de 12 sous ; terme moyen 15 sous;

Il se trouva ^qu'un vieillard pauvre, en état de santé, dépensait alors dans les villes de 70 à 80 livres par an , et dans les campagnes de 55 à 60 : que l'entretien d*un 'enfant coûtait dans ^ les villes de 55 à 60 livres, et dans les campagnes de 36 à ^0.

Ces évaluations ont dû subir, pendant le cours de près d'un demi-siècle , un6 variation proportionqelle à celle du prix des objets nécessaires à la consommation.

On estime aiijonrd'hui dans nos grandes villes , la dépense indispensable d'une fafnille d'ouvriers composée' du pèrei de ' la mère et de trois enfans, ou de deux enfans et d'un vieillard, comme composée des élémeus ci-après :

(I) Le priK du blé était alors de 24 à 40 sous le setier. Le prix de Thectolitfe étant aujourd'hui de 16 a ^6 fr., les 1 2 deniers représenlaienl à cette épo- <(uc eimron 1 fr. de notre monnaie.

Zli PREMIÈRE PARTIE. LIVRE I. CHAP.. II.

Savoir :

1« Nourriture, Par an.

Pain à 16 onces par personne et par iour, par ai^«

91^ kil. à 32 cent. 1/2 le kil. 296 fr. 40 c.

Viande, teufs, fromage» légumes, assipsonnemens ,

60 cent, par jour. 182 50

Boissons^fermentees , à 20 c. û/. 01 Sft

Habitation . » « 60 fr.

Feu et lumière. .* *-. 40

Contributions. « • 10

Renouvellement et entrelien du mobilier 30

3* Fétemens,

Le p«K. • • . • 60

La mère..... ,... .^. ........ . 3Q } 140

Les trois enfiins. ..«^ » 60

"iïô 16~

' Le montant dé cette dépense dans les campagnes varie suivant les localités ; il se réduit terme moyen aux trois quarts, et peut s'estimer comme il suit :

1* Nourriture, par an. .

Pain de ménage , 19 onoea par penoone et pav Jour,

1084 kil. par au, à 28 cent '303 fr. 6*te.

laitage, légumes, viande, sel, etc., à 26 c. par jour. 91. 25

Ikmtmi fermràlées^ 10 «cbt parjonv.. ...» 36 60

2* Logement,

Loyen. • . . • 20fr. ]

Feu et lumière. 10 | 6Q -

Contributions » »i 6 1

Mobilier 16 |

8* P^éùmen^.

Cm pèi^. % i» ,. ^ ... . 36 )

De la mère... .r.' 20 } 100 « 1

fies'^anfms.,. ;..... ^.. 46 )

Oof peut arriver encore approximativement à resiimation

du total des 'besoins de première nécessité ,. par une autre

voie; par là connaissance des salaires <}ui , pour le journa-

I lier, Tepré^sentent ou doivent à-peu-près représenter la

' somme indispensafile à la subsistance de la famille. '^ ^

i M . Cbaptal^ ^comnve on sait ^ a supposé que le chef d'une hy

mille agricole travaillait 300 jours par année , à raison dé

QUKLQUBS ÉVALUATIONS DB L'iKDIGEirCE. d5

1 fr. 25 c. par jour ; le travail de la femme peul être évalué à 200 journées sur le pied de 60 centimes. Si Ton suppose que les trois enfans travaillent ensemble autant que la femme, on aurait pourle produit des salairesréunis pendant un an, 615 IVancs.

Les salaires des ouvriers dans les villes sont plus variés ; ils sont aussi plus élevés. C'est peu que de les porter à moitié en sus.

Suivant M. le B*"' Charles Dup^in , en partageant la Trance en deux régions dont Tune (nord-est) , comprendrait trentedeux départemens, et l'autre (sud-ouest) en comprendrait cinquante-quatre, le salaire annuel des travailleurs serait de :

l'^réfioD. a* r<f io«. Moymipt*

SagricuU^ | avec sa femme

/ seulement. . . . 608 fr. 441 fr. 477 fr.

îndustnel) 687 492 640

La dépense du soldat entretenu de tout par VÉtat , peut fournir çn terme précieux de comparaison , pour apprécier la dépense nécessaire à un individu valide. Si, d'un côté, la première doit s'élever davantage sous un rapport , parce qu'elle doit fournir à la subsistance d'un jeune homme dans la force* de l'âge , et l'entretenir dans l'état de vigueur convenable au * métier des armes ; de l'autre elle présente aussi par la vie commune des combinaisons éconbmiqnes que ne peuvent imiter leÉ particuliers isolés. L'administration publique agissant par des appreyisionnemens faits en grande masse , et d'après "^V"^ les renseignemena et les calculs les plus certains^ obtient aussi lesplnsgrands avantages dans le choix des objets et la fixation deleBC4>rbL. s

La dépense annuelle d^un soldat^ d'infanterie est évaluée aujourd'hui eil France d'après les ëlémens suivans :

lo Ikipenses sédentaires*

Par a^, Par jdur.

Solde. 182fr, 62 c.

Vivres 56 24

Habffleàèiit 60 20 > 3»*fr- •««• »ï «7

Hôpitaux 26 19

lits militaires ou logement 16 47

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