‹ De la bienfaisance publique; (volume 3)Chapitre 42 sur 90 · PREMIÈRE PA.RTIE. LIVRE I. CHAP. IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PA.RTIE. LIVRE I. CHAP. IV

Dont;

A«^e«oos ^„.d,.,„. Total, de 14 ans.

Hommes : 11,680 15,004 28,584,

Femmes: 12,404 26,908 38,312,

Absolument incapables de travail. : 11, 441

En partie seulement incapables, mais pouvant» être Utilisés : 1 4, 1 42 / 42,033;

Enians et adolescens au-dessous de 14 ans: 16,847)

Capables de travail : 22,863,

Parmi lesquels :

Manquant d'ouvrage^ mais aimant le travail : 6,922 ,

Ennemisdu travail: 2,116,

Détenus d^ns des maisons de corrections : 96 ,

.Le surplus manque d'activité , d'économie , ou ne travaille qu'imparfaitement.

On voit que les femmes fournissent à la population indigente , moitié en sus des hommes ; et les enfans, environ les 2/5. (1)

Le Grand-Duché de Bade , sur une population totale de 1200 mille habitans environ , renferme près de 10 mille familles dans le besoin, ou environ 50 mille indigens , c'està-dire^ à-peu-près 1, sujr 21, 275/1000 habitans.

La population totale se répartit dans les proportions suivantes :

Employés de rétat: ..... 6 ~

Artisans : 28 ^1

Cultivateurs : ..;.... 50 » > sur ] 00 habitans.

Journaliers: 11 -^

Indigens 4 -^

Villeneuve de Bargemont , et les informations recueillies par les commissaires royaux en Angleterre : Foreign communications, p. 328 à 330.

(1^ Schmidlin : Allgemeiner umriss des Wurtembergischen Armenwsesens, 1830.

Nous sommes contraints de remarquer que ces documens authentiques donnent un résultat fort éloigné des calculs de M.^ Balbi , qui ne portiiient le nombre des pauvres du VVurtemberg qu'à 1 sur 63.

La capitale, Garlsrhue, sur environ 20 mille habitans renferme au moins mille indigens. (1)

D'après les rechercbes statistiques publiées en Allemagne il y a quelques années , on supposait qu'Hambourg, en 1789, renfermait un indigent sur 13 babitans; en 1817, sur 107 mille habitans cette ville comptait :

22,000 indigens iuscrits sur les registres, 2,000 enfiins aux écoles gratuites, 900 orphelins.

Les mêmes recherches donnent à Gœttingue et à quelques autres petites villes, un indigent sur 22 habitans; à Augsbourg, un sur 10 ; à Cologne, plus d*un sur 5; à Berlin seulement 12 mille sur près de 200 mille habitans.

Tienne , en 1801 , s'alDigeait de voir dans ses murs 37,552 indigens , sur une population de 250 mille âmes. Un philantrope, dont les exemples et les travaux ont exercé en Europe la plus salutaire influence sur l'amélioration du régime des ^ secours publics, fut appelé ; les réformes qu'il proposa furent adoptées , et le nombre dés indigens se trouva considérablement réduit, ou pour mieux dire l'indigence fictive disparut^ le nombre des personnes admises aux secours publics fut diminué de près de moitié. En 1818, Vienne comptait seulement 20,581 indigens. (2)

Suisse.

L'auteur de V Economie politique chrétienne suppose* que la Suisse renferme un indigent sur 10 habitans, terme moyeu, et que ce rapport s'élève même jusqu'à 1 sur k dans le canton de Claris (3). Nous ignorons sur quels fondemens a pu être établi ce calcul. Jl n'est que trop certain ^qu'onne sait rien, de positif du moins , sur la proportion des individus assistés à la population , dans l'ensemble de la Confédération Helvé-

(1] Yey. le compte-rendu de la commission des pauvres , pour Tannée 1832. (2) Voyez la Bibliographie méthodique des ouvrages publiés en Allemagne , par le docteur Eriedlander. Paris, 1832, p. 16 cf suiv.^ , ^3) Bibliographie méthodique, t\.^,^i^, 7.

12/i PB|£MIÀEE PARTIE. LITRE I. CHAP. IV.

tique, ha forme do gouvernemeiit fédéral 8^y oppose el 8'y opposera toujours : la centralisaxipn des documens ne peut être obtenue dans les étals auxquels manque Tunité politique. La pbipurjt des Cantons d'ailleurs nese rendent pas même cosopte des secours distribués dans leur intérieur , par les cofumunes et par les sociétés publiques de bienfaisance, SoiAvent aussi les relevés dressés ne sont pas publiés. D'aUleurs, Tassistance n*ctant point accordée , dans les divers Cantons, d'après les mémos conditions et suivant les mêmes règles , ces relevés nû douu0raieBt pa3 de valeurs comparables. (1)

là est jtroîs Cantons cependant à Tégard desquels ou pos* sède quelques domées , sinon complètes du moins «urleoses à consulter, sur un pays si digne de l'Intérêt et de Tattention des amis de l'humanité. Ce sont ceux de Zurich, de Yaud ,

et <le Genève.

A la suite de Texécmlon de la nouvelle loi sur les pauvres, adoptée par le Canton de Zurich , en 18S6, ila été publié un rapport of&del qui fait connaître le nombre des personnes assistées, et le montant des secours distribués. Sur une po- ]|ulatîon de 231,756 habitans , qui forme un peu plus du dixième de celle de la Suisse entière, le nombre des indigens ne s'est élevé qu'à 6,760, ou environ 1/Si. On connaît peu d'exemples d'une proportion aussi faible. Il est vrai que le nombre des indigens assistés avait, à ce qu'on assure, diminué en 1836 ; sans doute parce que la loi nouvelle aura écarté une certaine quantité de pauvres qui n'avaient pas droit au secours. Dans lès indigens ne sont pas compris les enfans qui ne reçoivent d'autre assistance que l'admission gratuite à l'école et les fournitures qui s'y rapportent. Ce Canton est industrieux, possède des fabric|ues de soierie flo-

(i) Tel^ est l'Qpinion des jq^ les pUi» éclairés ei les loieut. placés poiir bieu apprécier les faits. Il noas suffira de citer ici celle de M. le professeur Adolphe Decandolle. dont Texactitude est si 1>ien connue, et qui est si «zeroé dans ce genre de recherches. Nous l'empruntons textuellenient & une lettre qu'il a bien voulu nous adresser, le 20 mars 1888.

rioBâDlesj les^ ftimîftes d'otrvrrer» qui y sont cmpToyées sont en même ^einp^ agrkoles. En outre-, une inoiCié au moins , ou les S/3 peiu^^fire de la poptifatidn sont exclusivement ocenpés à Tagriciitliire. La moralité àe ce canton est assez bonne. Ms^ré tant àé cireonsf ances fafvorafrlesi , on se plaiiit cependant de ce qne la; mendicité s'y moniré ibiportUne. (1)

Le gouvernement du Canton de Vand a fait opéi^r on recensement des pauvres assistés. Les relevés doivent être ceue année soumis au Grand Conseil avec la proposition d'une kn nouvelle; mais ils ne sont point. encore publiés. On sait seulemeut que le nombre des individus assistés a peu varié depuis 182S. Il était alors de 21 mille sur une population totale de 180 mille habrtans. Ce serait donc un rapport de 1/8 à il9'j proportion énorme pour un pays riche, surtout comme ces heureux bords du Léman. L'agriculture est d'ailleure l'industrie à-peu-près exclusive dé ce canton ; la propriété y est extrêmement divisée ; l'instruction piîmaire est généralement r^andue. La moralité y paraft moins bonne qu'à Zurich ; on y compte 1/22 . de naissances illégitimes. On s'accorde au reste que des secours extrêmement faibles aux pauvres, dafisle dessein d'encourager le travail. Ceci prouve aussi que les pauvres assistés dans ce canton, ne sont pas atteînfs d'Une grande misère ^ et autorise à çenser que ti pnopoFtion cMiessus rapportée indique plutôt une grande extension dans le nombre des assistés , que dans celui des iiKHgens nécessiteux.

Le gouvernement de Genève a publié^ en 1827, Ib tablesfu <les personnes assistées- par 24 établissbmens pubKcs ou pairticoliersdece Canton. Depuis cette époque, le nombre a peu ^rié; il s'est cependant accru, quoique la prospérité du pays ait été constamment croissante. On Pévalne, &a 18^, à environ 2,400 ou 2,6J0O sur une population de 58,700 habitans; c'est à-peu-près 1/22 ou 1/23. Dans ce nombre ne sont pas

(1) Tbyeile Narrateur religieux à\\ Il janvier 18SI8.

126 PREHIÈ&E PA&TIE. LIVRE I. GHAP. IV.

compris beaucoup de malheureux assistés uniquement par les pasteurs, les curés , ou par des bienfaiteurs privés , ni les enfans admis gratuitement aux écoles. Au reste , il est peu de pays au monde qui jouissent d'une aussi grande aisance , et dont la population prise en masse soit aussi riche. Genève renferme 60 ou 80 millionnaires ; l'avoir commun de tous les habitans réunis s'élève à 300 millions de francs, ce qui donne une moyenne de plus de 5000 francs par tête d'hàbitans, ou environ 25 mille francs par famille : k millions sont placés à la caisse d'épargnes ; un individu sur 7 habitans est créancier de cette caisse : les salaires sont très élevés; les im" pots, faibles, inférieurs de n\oitié à ceux qui sont acquittés en France. Un observateur judicieux (1) estime que l'assistance donnée aux pauvres Svaccroîtdans ce Canton en raison même de la richesse, par la disposition naturelle aux riches de se montrer libéraux en présence de la' misère. Le même phénomène, qui se reproduit assez généralement, s'explique aussi , par d'autres causes qui seront indiquées dans le livre suivant. Ces observations s'appliquent à la ville de Genève et spécialement aux communes de son territoire, qui faisaient partie du Canton avant le commencement de ce siècle. La moralité s'y maintient dans un état satisfaisant^ les naissances illégitimes y sont la moitié moins nombreuses que dans le territoire nouvellement réuni , quoique celui-ci ne renferme que des communes rurales. L'instruction est tout ensemble universellement répandue et fort avancée dans ta ville et son ancien territoire.

Ceci ne s*applique qu'aux indigens du Canton. Les étrangers qui y afiQuent dans une proportion très considérable (jusqu'au nombre de 23 mille), sont loin d'y posséder la même aisance , et d'avoir les mêmes mœurs.

On sait que les Cantons de Zurich et de Yaud, la ville de

(1) M. le professeur Aâolplie De Candolle, auquel Fauteur est redevable de ces rjense'gjtieiDens et à qui il aime à témoigaer son estime et sa gratitude.

Genève et son ancien territoire , suivent le culte protestant, le territoire nouvellement réuni à Genève est catholique.

Il est d'un extrême intérêt de comparer le recensement des indigens fait à Genève avec ceux qui ont été opérés à Paris; l'un et Talitreont le rare mérite d'offrir des résultais certains et authentiques, de comprendre des classifications clétaillées , d'offrir des élémens comparables. Ils présentent, d'ailleurs, un parallèle entre deux villes qui sont placées daas des conditions fort diverses relativement à la population, aux circonstances politiques et économiques , comme aussi soQs le point de vue moral et religieux. Nous rapportons donc ici le relevé des indigens assistés par la bienfaisance publique dans le canton de Genève, en 1828,' et classé» suivant leur état civil, les causes de leur indigence , leur nationalité , leurs professions :

' 1* Etat c'ml des assistés.

Mariés : • 478 , \

Veufs: 160 ^

Veuves: 420

Célibataires (hommes j : 151

Célibataires (femmes) : 227

Hommes divorcés : 1 , ioaq

Femmes divorcées : 25 / < 2836

Feounes abandonnées : 6

Orphelins: 106

Enfans légitimes : *. . 139

EnÊms illégjitimes: ..'.'.. 155

Eoians trouvés: 106

£q£uis à la charge de païens: 873

' 2® Causes des assistances.

Vieillesse ; 70 ans«t au-dessus : 399 ^

Infirmités permanentes, muets, aveugles, estropiés:, . 137

Aliénés, idiots et épileptiques , etc. : 104

Nombreuse famille: ,1^3

tufaûcefl): 486 ) 1826 (2)

Manque de travail: 93

Mauvaise conduite : 36-

Maladies ou inârmités non désignées : . . . . . 383

Maladesàriiôpital: , . 46

(1) Quelques-uns dfesenfans afûigés, dès leur bas âge, d'infirmités permanentes ont été portés dans les colonnes qui concernent ces infirmités.

(2) La différence entre'' ce nombre et celui' de 1963 porté au tableau gé-

128 PREMIERE PARTIE. tlYRE I. CHAP. IV.

8* ihigine des assistés,

Genevois de fa viHe de Genève: i45t \

Genevoû des communes de Tancien territuire: ' . . . 120

Genevois du nouveau territoire: 164

Suisses des autres cantons : . . . ' 40

Sans pairie: * 43

França^: ' . . . 43

Savo^ai'ds: 30

Allemands : • . • • • 88

Talléesdu Piémont: . . . . / il

Italiens : ' 4

Hollandais :....« l

4** Professions des assistéSé

Agriculteurs, journaliers à la [ * Report:

campagne: ....... 156

Bijoutiers, orfèvres: .... 38

Bouchers et sayatiers : . . ' . 6

Cafetier :....'..* 1

Charpentiers: ..... 6

Charretiers: 6

Chiffonniers , faiseurs d*allu-

mettes :....•.. 8

Cordes à boyaux (faiseurs de). 2

Cordonniers :*,.,. 33

Coupeurs de bois; .... 27

Coutelier: 1

Couvreur: 1

Culottier : l

Domestiques (anciens) : . . . i o

Doreurs : » 8

Employés (anriens): .... 7 Fabricans de laine» coton, teinturiers : * 21

Ferblantiers: . 3

Fondeur : 1

Horlogers : ^ ^ . . . . 81 Imprimeurs: ....... i 3

Jardiniers

Journaliers en ville : .

Maçons, gipiers, marbriers Marchands: . . . > .

Matelassiers: ....

IVIenuisiers: ....

Mesisagers, portefaix : .

Meunier : . . . .

Militaires (anciens) : .

Musiciens, peintres : .

Pécheur :

Perruquiers, barbiers : .

Polisseurs et graveurs': .

Porteurs de lessive: .

Potiers de terre : , .

Régens , maîtres : . .

Revendeurs, brocanteurs Sabotiers , savetiers : .

Serruriers : . . * . .

Tailleurs : . . . .

Tanneurs:' ....

Tisserands:^ . . j .

Tonneliers: ....

Vemisseurs: ....

Total.

Etais exercés seulement par les femmes^

Attachés à la fabrication d'horlogerie et bijouterie : . . A3

Doreuses : 7

Maitsesses d'école : 2

Tailleuses :....... 17

Lingères/couturiéres: • . . . 96

Repasseuses : .' 18

nérat provient'des ménages qni* sont assistés, et dans^Ietqoels fa femme ou le mari seul présenie une cause d'assistance.

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