‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 53 sur 132 · SECONDE PASTIS. LIVRE III. CHU. I · texte numérisé non relu

SECONDE PASTIS. LIVRE III. CHU. I

sphère plus élevée, et, suivant nous, les moyens les plus nécessaires et les plus efficaces;- il a pour objet l'amélioration des mœurs populaires.

l'indigence , qui peuvent lus le ijttème de l'éonnnn

. La population, la propriété, le travail, ces trois grands élémens de l'économie sociale, suivant le développement qu'ils obtiennent, et les rapports mutuels qu'ils conservent, n'agissent pas moins sur le bien-être individuel, que sur la prospérité, générale de l'état, "soit, pour les seconder, soit pour leur porter préjudice. Il était donc naturel qu'en s'occupânt du grand problème des moyens propres à prévenir l'indigence, on fût porté à rechercher d'abord, relativement à ces trois élémens principaux, des combinaisons plus favorables à la classe la plus nombreuse et la moins fortunée, et des moyens d'améliorer sa situation dans l'avenir. On s'est flatté de déterminer certaines conditions normales qui satisferaient aux vœux des amis de l'humanité; on a espéré les obtenir par divers genres de mesures, qui régleraient la marche, les proportions, la distribution de la population, de la richesse et du travail. Plusieurs systèmes ont été conçus pour soumettre ainsi à des règles nouvelles, le régime économique de la grande famille sociale; dans chacun de ces systèmes, on a eu plus ou moins recours à des créations artificielles; on a fait intervenir les pouvoirs publics et même quelquefois les lois fondamentales, pour constituer un ordre de chose différent de celui qui résulte du libre essor spontané des puissances naturelles, de l'indépendance individuelle, et de la liberté des transactions.

H0DIF1CATI0K9 DANS l'ÉCOKOMIE SOCIALE. 25S

De tels systèmes devaient se produire surtout plus abondamment à ces époques de transition, où l'état de la société tend à se transformer, où de grandes commotions politiques en ont ébranlé les basés; où l'avenir, encore incertain, fait éclore une foule d'ambitions, d'inquiétudes, d'espérances, et livre à la discussion les problèmes les plus graves sur les institutions publiques.

Ainsi que' nous l'avons annoncé sans détour, et que nous croyons l'avoir même déjà pleinement démontré, ces combinaisons artificielles, quelque séduisantes qu'elles paraissent au premier abord, détourneraient en réalité du but qu'elles se proposent d'atteindre. Ici, comme dans toutes les choses humaines, l'art le plus parfait est celui qui seconde, sans les contrarier, les plans de la nature. Les institutions sociales sont appelées à favoriser, mais non à violenter les lois tracées par la Providence; à les réaliser en protégeant les principes de vie qu'elle a déposés au sein de L'humaniié, en leur laissant un libre essor, leur prêtant appui, en dirigeant surtout les forces naturelles avec le secours des lumières. Nous n'en examinerons pas moins les systèmes divers qui ont été imaginés, non-seulement avec une scrupuleuse impartialité, mais encore avec le désir sincère de leur emprunter les vues utiles qu'ils peuvent renfermer, et en professant une juste estime pour les intentions bienfaisantes qui ont pu les inspirer, " alors même qu'ils nous paraîtraient empreints d' erreurs.

La population, la propriété, le travail, considérés comme les élémens de l'économie, ne sauraient être considérés isolément. Chacun d'eux n'a de valeur que par sa corrélation avec les deux autres. Toutefois, comme les combinaisons imaginées peuvent avoir pour objet de soumettre immédiatement l'un V ou l'autre à des règles spéciales, elles peuvent se ranger sons trois points de vue principaux, suivant l'objet direct qui leur V est propre et qui y domine, et cette classification en rendra ■/ l'examen plus facile.

SM UQOITDK Mitra. UT1B UI. OU*. I.

ARTICLE I"

Af mayrat artijiàdi propelés pour régler U MouMmtnl de la population,. \

II est dans les discussions si étendues qui ont été agitée» . jusqu'à ce jour, relativement à la population, un ordre de considérations qui ne parait pas avoir assez frappé les esprits, c'est celui qui se rattache à l'importance morale de cette masse de générations humaines, auquel notre globe a «été assigné pour demeure ou plutôt pour lieu de passage (1). On conçoit cependant combien il se lie essentiellement au système général de la création, à la dignité de notre nature. Quelle richesse morale ne représente pas en effet cette vaste réunion d'êtres inteUigensefsensibles, appelés ici-bas a un si haut degré de perfectionnement; dans l'avenir, à une sublime immortalité ! Comment ne pas désirer de voir se reproduite a l'infini le plus bel œuvre de la création! ane population nombreuse et toujours croissante, sa déployant sur an sol qu'elle féconde et «qu'elle pare, n 'est-elle pas le bat ***nifeste des desseins de la Providence, révélés dans les lois de la nature? Croinçz et mMUiflitz; cette kâ primitive ne régit-elle pas dès leur berceau la propagation des races humaines! Lorsque nous parlons de races hautaines, nous supposons sans doute tes individus dont elles se composent, répondant eux-mêmes aux desseins du créateur, remplisiant la destination qui leur fut assignée { nous supposons que te

(1) le< économiste* de recelé italienne, qui, U ■valent déjà conçu et mprimé dei alarma» sur l'éirès de lu ipopulûbna, SKiaqi, Ortes, Genovesi, etc., «raient traiié l'économie politique essentiellement sous le rapport commercial ; on doit à M. Simonde deSismondi, celte justice, qu'il ■ ramené l'élude de U *cicncc a un point de vue plus élevé; et en l'envisageant sous les rapporte moraux, il lui a rendu avec une dignité nouvelle, une ptns grande fécondité. Les éeononjistcs de U nouvelle éeoh *i leraent suivi son exemple.

née» nacré de l'humanité n'a point été vainement imposé Mff leur Iront. L'homme, considéré dam sa dignité ne» raie, autant que dans son existence matérielle, est l'élément de la population qu'embrasse en cet instant notre pensée. Cette notion étant ainsi conçue, qui pourrait marquer a l'accroissement des générations humaines, d'autres limites que «elles du possible» d'autres limites que celles qui résulteraient de la nécessité d'assurer aux individus dont elles se composent, les bienfaits qui leur furent destinés par le créateur? Multipliez donc, en effet, nobles créatures! multiplier, mais en, suivant fidèlement la loi de votre nature, a loi dit progrès moral, intellectuel, industriel ! La terre s'anime, se réjouit à votre présence! quel pouvoir serait autorisé à créer des obstacles artificiels, pour vous empêcher de naître et de vous répandre partout où nn séjour tous est préparé? et vûyèïTéûeïfei, comment, à mesure que la civilisation se perfectionne, comment sons le salutaire empire des lois, au sein 4e -la. paix publique, les générations humaines se déploient toujours plus nombreuses au sein des états ! Nous bornant i jeter les yeax surjes .phénomènes dont nous sommes les témoins, nous remarquerons en peu d'années un accroissement "de pojpïïîaiîon"dont "H suffira de citer quelques exemples : ,

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