MAISONS DE REFUGE POUR LES FBHMBS
aussi un bienfait pour elles; elle permet de régler le régime d'une manière générale, uniforme, constante; elle fait servir à l'amélioration de celles qui commencent, l'exemple de celles qui sont déjà régénérées; elle confère à un petit nombre de personnes zélées, le pouvoir d'agir à-la-fois sur un certain nombre de sujets; elle évite aux recluses les humiliations qu'elles pourraient éprouver dans leurs relations avec d'autres personnes que leurs compagnes ou leurs guides.
Ces personnes s'attachent tellement au refuge qui les a sauvées, que souvent elles désirent y passer le -reste de leur vie, loin du monde, et dans-la continuatiou des mêmes exercices. Ordinairement des mesures sont prises pour satisfaire à ce vœu; une congrégation religieuse annexée au refuge, mais qui en est distincte, les reçoit alors, non plus comme des malades à guérir, mais comme leurs sœurs d'une communauté pieuse. Il est pourvu à tous les besoins, elles sont occupées à des travaux utiles; quelquefois même elles sont appelées à' devenir les institutrices de jeunes filles dont l'établissement entreprend la réforme, et elles s'acquittent de ces fonctions avec un avantage que leur donnent leurs propres souvenirs, avec un succés~égal à leur zèle, (i)
A Rome, où la charité religieuse s'est produite sous toutes les formes et sur une si large échelle, dans de nombreux établisscmens, un refuge avait été ouvert dans le Transtevere, pour les femmes de mauvaise vie qui avaient subi à Saint- Michel la correction imposée par l'autorité; un autre -asile fondé à Sainte-Françoise-Romaine (2), sous le nom de Ctm-
ir quelle joie surnaturelle l'espérance peut porter au mi- - lieu de toutes te* souffrances de la nature, dans des Ames qu'on appelait • dégradées ». (Bulletin de la Société des établi sseme us charitables. Ibid., page 134.1
(l)Une école de ce genre est tenue chez les dames du refuge Saint-Michel , àPari*.
(2) Cette maison a été fondée en 1752, à la Strada Felict, par une dame romaine (mademoiselle Aune-Marie Sébattiarii.)
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tematoire et la Croix , recueille les personnes du sexe qui avaient été traitées à l'hôpital de Saint-Jean des incurables. Le conservatoire de Sainte^ RJarie du refuge ouvre aussi ses portes aux jeunes filles dont l'honneur aurait été compromis* et qui "s'y présentent volontairement) le cardinal Golonna, l'an des derniers protecteurs de cçtie maison, y a joint un monas* 1ère particulier, dans lequel celles- de ces personnes qui la désirent peuvent passer Te reste de leurs jours : car les monastères ordinaires de femmes se refuseraient a admettre des sœurs appartenant à une semblable catégorie. La maison en* tretient aussi quelques sujets en placement extérieur. La dépense s'élève, pouf les filles en réformation, à environ SU centimes par jour; pour lès religieuses, à 64. On admet aussi v des pensionnaires, moyennant une rétribution mensuelle de 18 francs. AS centimes à Safranes 13 centimes. ,,
L'ancienne maison du Bon Patteur, à Paris, dont le non indiquait et la destination qu'elle avait reçue, et l'esprit dan» lequel elle avait été instituée, après avoir été enveloppée dans ^Ja destruction qiu frappa en 1793 tant d'établissemens utiles, jt. été. relevée il y a 15 ans, par les soins du vénérable abbé Legris-Duval, le Vincent-de-Paqle de notre sièeteCl); elte recueille les jeunes personnes égarées qui témoignent le désir de revenir à une vie meilleure, soit parmi celles que raatorité a condamnées a Une détention passagère', soft, parmi celles que la maladie a conduites dans les hôpitaux,- elle les conserve pendant un temps indéterminé et quelquefois1, s4 elles le désirent, jusqu'à la fin de leur vie. loi Tinstitalion comprend comme on le voit, deux 'ordres" d'opérations; l'un préliminaire qui a pour objet de visiter dans les prisons ou les hôpitaux, les personnes que leur ineondnite y fait entrer,' - de découvrir et d'encourager les dispositions an repentir, de
(1) Cette maison a été ouverte en 1831. F-Ue est dirigée par un comité de* fa*** elwrgée» de recevoir la offrante, et dont madame la comtesse de Tir gnollej est la présidence.
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leur indiquer l'asile auquel elles peuvent aspirer, de les pré* . parer à en apprécier et à en recueillir les avantagée, et à les y introduire au moment de leur mise en liberté; le second * pour objet de les diriger dans l'intérieur même de la maison, quand elles sont venues l'habiter. Le premier est confié à des dames charitables qui se dévouent à servir en quelque sorte de messagères pour accomplir cette bonne action, qui pénètrent dans les séjours dont l'aspect est le plus repoussant i le second est remis a des dames religieuses de la congrégation de Saint-Thomas dé Villeneuve. Pendant la cours de 18 années, cette maison a reçu plus de 250 élèves; sur ce nombre 60 seulement ont été renvoyées pour insubordination ou pour refus d'exécuter les,téglemens. Plusieurs d'entre elles cependant eu sont sorties; plus ou moins améliorées; W> environ sont sorties n'ayant pendant leur séjour, donné lieu à aucune plainte, et considérées en état de réhabilitation; 40 environ restaient dans la maison, la plupart avec le désir de ne plus la quitter: c'est donc-près de la moitié des élèves, qui ont été rendues à une vie honnête et utile. Il est digne de remarqué que plus de 50 sont décédées dans cette maison; que près de 30 ont été placées dans les hôpitaux; ce qui s'explique malheureusement trop bien par les circonstances intérieures, et ce qui confirme aussi la réflexion à laquelle nons sommes constamment ramenés, des fâcheuses suites que les désordres moraux exercent sur le bien-être physique. Il n'y a pas en définitive un dixième de ces élèves, qui retombe dans l'abîme.
C'est à dessein que nous nous sommes arrêtés sur ce sujet, et le lecteur voudra bien nous excuser; car il est peu d'institutions qni soient moins connues, qui triomphent de plus graves difficultés, qui donnent lien à de plus sérieuses considérations; et pour ce qui concerne en particulier la piaison duBonPoM- Uwi il en est peu qui méritent davantage de servir de moidèle en son genre. Il y aurait, en effet, beaucoup à faire encore, et cet essai, admirable sans .doute, n'est qu'un essai,