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DES MAISONS AGRICOLES OU FERMES COMMUNALES

Établissemens de ce genre en Angleterre, en Amérique et en Suisse. — ‘Avantages du travail agricole sur le travail indastriel. — Le peu d’importance de ces avantages prouvé par le raisonnement, attesté par l’expérience. — Nouvelle institation philanthropique dans le canton de Berthe, district de Trachselwald.

Quoique l’on n’ait pas généralement compris jusqu'a ce jour l'étendue et la gravité des incon-

véniens des établissemens de travail industriel, ils se sont néanmoins assez fait sentir pour qu'on ait désiré leur substituer des institutions moins mauvaises et surtout moins dispendieuses. On s’est flatté que des maisons agricoles rempliraient mieux et à moindres frais le bat que l'on se proposait. En Angleterre, un acte du parlement de 1819 autorisa les paroisses à acheter ou à louer jusqu’à 50 acres (20 hectares) de terre, pour occuper les pauvres *. Divers écrivains de ce pays voient dans le système des fermes paroissiales (Parish farms ou cottage farms) le meilleur moyen d'arriver à la diminution de la taxe, et au soulagement efficace de la misère *. Dans plusieurs des états de l’Union, on a converti divers établissemens industriels en établissemens agricoles. Dans celui de New-York, 3,876 acres ( 156,850 ares) de bonne terre ont été affectés à l'usage des institutions de ce dernier ordre $. Sur 45 maisons d'aumône et de

* Quart. Rev., dec. 1832, p. 355!

? Quart. Rey., jan. 1818, Poor Laws. — M. RicuanDéon, New Monthley Mag., 1830, part. 2. — Original papers, p. 551. 3 Ds Bzaaumonr et »E Tocqurvuux, du Système pénitentiaire, etc., p. 313.

PARTIE IV. —— SECTION 1. 279 travail que contient le Massachussetts, il en est 26 dont les habitans sont presqu'exclusivement occupés de la culture des terres qui y sont annexées. Le peu de produits indnstriels qui s'y confectionnent ne servent que pour la consommation intérieure de la maison‘. Dans le canton de Berne, les institutions de Summiswald et de Langnau sont essentiellement consacrées à l’agricalture. Le travail de la fabrication n'y est qu'accessoire. La maison de Summiswald possède 130 jucharten de terre (4,470 hectares).

Les établissemens agricoles ont en effet, quant à la dépense, un avantage certain sur les établissemens industriels. Les produits que l'on y retire du travail de l’indigent peuvent être immédiaterhent appliqués à sa subsistance, et l'excédant ne peut pas entrainer des suites si fâcheuses sous les rapports de la concurrence, de la difficalté du débit, de la rentrée des avances. On peut même dire généralement que ces établissemens sont ‘préférables , sous le rapport économique, aux autres manières d’administrer la charité légale. L'entretien: des dépôts agricoles dans l’état de New-York coûte beaucoup

* Massachussetts, Report, etc., 1833, passim.

moins que ce que coûtait l’ancien mode de secours '. Dans le Massachussetts, les maisons de travail agricole ont, de même, en plusieurs lieux, opéré sur la dépense totale de l’administration des pauvres une diminution considérable-*. Dans le canton de Berne, les maisons de Summiswald et. de Langnau ont , durant les quatre-premières années de leur existence, réduit en moyenne la dépense de l'entretien journalier du pauvre d'environ un cinhquième. ‘ a

11 faut néanmoins se garder-de tirer de là des conclusions aussi favorables aux fermes que l'on croirait peut-être pouvoir -le faire - au premier abord. Les maisons de Summiswald et de Languau ont remplacé une administratioù de secours qui était très vicieuse ‘. Elles ont dû en conséquence présenter dans les commencemens des résultats avantageux. Dans l'état de New- York et dans le Massachussetts, des maisons agricoles régies avec sévérité ont succédé, en

* Huzans px Poumuusg, Colonies agricoles, p. 798.

* Massachussetts, Report, 1833, p. 23, 26. |

Von WartenwyL, Armenbesteurungspflicht, etc., s. 25, 29. — * Idem, s. 26.

PARTIE IV. —— SECTION 11. 281 plusieurs lieux, à des maisons de pauvres très mal tenues, et dont les habitans n'étaient assujettis à aucun travail, ni. à aucune discipline *. Elles doivent par conséquent, dans ces premieres années de leur existence, comme les établissemens iadustriels dans leurs commencemens, réduire le nombre des assistés par l'aversion qu’elles inspirent , et diminuer ainsi la dépense. Les pauvres d'état fuient les maisons d'Ipswich, de Marlborough., de Bolton, où l’on exige d'eux du travail. Dans l'établissement de Groton, la

dépense a diminué de 5,596 fr. à 2,644 *, grâce au soin que l’on prend d'y assujettir les pauvres. à une discipline sévère et à un service désagréable. Ainsi que nous l'avons vu pour les institutions industrielles, où a en plusieurs lieux obtenu une économie pour les fermes en n’accordant des secours que dans l’établissement. C’est ce qui a eu lieu à Marlborough , à Westford , à Bolton, a Templeton. L'oiseau aime sa liberté, ont coutume de dire les pauvres du Massachussetts , lorsqu'on leur propose de venir habiter une de ces maisons, et ils se résignent a souffrir, ou ils s'évertuent à se tirer d'affaire

“* Massachusseits, Report, etc., 1833, passim. — * Idem,

par eux-mêmes. Il faut observer en outre que les résultats que ce pays nous offre, sont ceux d'une seule année, et qu'il est ainsi possible qu'ils soient dus à quelque circonstance particuliérement favorable, que d’ailleurs ‘ils sont en partie l'effet du charitable sele de beau- * coup d'hommes honorables, qui, espérant un bien du changement de système, ont consenti à prendre la direction des nouvelles fermes ". Il est donc à présumer qu'avec le progrès des années ils seront bien différens. |

Au reste il ne s’agit pas ici précisément de décider si les établissemens agricoles sont moins mauwais que les établissemens industriels, mais s'ils réunissent les conditions nécessaires à la réussite. Or, quant à l’immoralité , à la nécessité d'employer des mesures vexatoires, aux difficultés d'administration , ils doivent présenter les mêmes résultats ; et, quoiqu'ils -puissent of frir quelque avantage sous le rapport des frais, comme les dispositions des indigens pour Île travail ne doivent pas y étre meilleures, ils ne sauraient échapper à une augmentation progressive de dépenses, et enfin à uue ruine qui, pour

‘R.in.

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