INTRODUCTION
Depuis le 18 avril 1878, date à laquelle Marion Sims inaugurait, avec une cholécystostomie, la chirurgie biliaire, on peut dire que celle-ci n’a pas cessé de gagner du terrain (1). L’accord est à peu près fait aujourd’hui, parmi les chirurgiens, sur le principe même de l’intervention opératoire précoce dans le traitement des cholécystites aiguës infectieuses. L'expérience a démontré l’excellence de cette pratique. Elle a établi que l’opération à chaud ne méritait pas le reproche qu’on lui adressait de divers côtés, d’être fréquemment meurtrière. De plus, on s’est rendu compte que, à la faveur de l’intervention précoce, les affections gardaient un certain caractère de bénignité : elles ne se compliquent point, en effet, d'infections de voisinage qui aggravent singulièrement l’infection vésiculaire elle-même, et qui accroissent tellement les aléas de l’opération qu’elles vont jusqu’à la rendre impossible.
(1) Voir les étapes diverses de ce développement de la chirurgie biliaire dans l’ouvrage si documenté de G. Corte : Traitement chirurgical de la hithiase biliaire et de ses complications, Maloine, édit., 1908. Pages 1-7.
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IL faut intervenir : voilà donc qui est presque universellement admis de nos jours. Mais comment intervenir ? À cette nouvelle question la réponse des chirurgiens est loin d’être aussi unanime. Ils se partagent en trois groupes :
Les uns, encore rares (Riedel, Korte, Moynihan), donnent la préférence, systématiquement, à la cholécystectomie : l’ablation vésiculaire avec drainage de l’hépatique ; — les autres, la plupart, s’en tiennent à la cholécystostomie (1) ; ils font un simple drainage vésiculaire ; — d’autres, enfin, se montrant plus éclectiques, ne manifestent aucune préférence exclusive pour l’ectomie ou pour la stomie ; et ils se déclarent à la fois partisans de l’une et de l’autre, quittes à motiver leur choix par des considérations d'espèces: ils ne se déterminent pour la cholécystectomie que si l'infection vésiculaire est phlegmoneuse ou gangreneuse ; différemment, ils s’en tiennent à la cholécystostomie (Kehr).
Or, depuis plusieurs années déjà, l’on a constamment recours, dans le service de M. le professeur Poncet, à la cholécystectomie à chaud. Cette pratique de l’ablation de la vésicule, comme nous le montrerons plus loin par les observations recueillies, à donné des résultats, immédiats et éloignés, si satisfaisants ; elle a, d’autre part, toujours semblé si facile dans son exécution, qu’il paraît bien que l’on doive désormais la considérer comme le mode normal de
(1) Aussi bien elle à pour elle une sorte de priorité chronologique : elle fut pratiquée en 1878 par Marion Sims. L’ectomie vésiculaire ne remonte qu’à 1882 (Langenbuch).