OBSERVATION IL
V. Auguste, 35 ans, sergent au 1 colonial. Blessé le 23 avril 1915, à Ypres, par éclat d’obus dans la région frontopariétale droite, avec lésions profondes du cerveau. Fait prisonnier le même jour. |
Durant sa captivité, il a des maux de tête, une hémiplégie gauche et des crises d’épilepsie jacksoniennes fréquentes.
Le 8 février 1916, il entre à l’Hôtel-Dieu. Il présente une profonde cicatrice pulsatile, très douloureuse à la pression: céphalée violente accompagnée de vertiges au moindre mouvement de la tête : obnubilation, dysarthrie, amnésie, diminution de l'intelligence.
: Crises épileptiques tous les 15 jours. Du côté gauche :
hypoesthésie globale, légère parésie des extenseurs au bras; “exagération du réflexe rotulien, trépidation épileptoide.
ÉTÈTe
Le 24 février. — On retire plusieurs petits éclats sus duremériens : on tente prudemment l’extraction d’un projectile très profond ; la nécessité de faire un gros délabrement le fait abandonner. |
Le 28 avril : CRANIOPLASTIE (D' Villandre). La. perte de substance-est de à 1/2X3 cent. Le greffon est prélevé sur les VIe et VII: cartilages costaux à droite. Drainage.
Le 12 mai. Les tissus cicatriciels de recouvrement de la greffe se sont sphacélés en partie. On tente un rapprochement des téguments : l'infection continue et le greffon s’élimine partiellement.
En mars le malade présente des signes d’hypertension nette, la céphalée est plus aiguë.
Le 12 juin. La cicatrice qui ne bat plus depuis quelques jours est incisée ; on découvre un kyste rempli de liquide céphalo-rachidien un peu louche. Le malade étant très shocké, on remet à plus tard la recherche du projectile inclus.
Le 17 juin. Extraction sous l'écran d’un petit schrapnell fortement enchatonné dans le tissu cérébral : pansement à plat.
15 septembre. Le blessé se plaint toujours de sa céphalée, mais les crises Jacksoniennes sont ‘moins fréquentes.
Le 10 Novembre. NOUVELLE CRANIOPLASTIE (Professeur Marion). En libérant la cicatrice, on découvre les débris, solidement fixés, de la première greffe. Prélèvement d’une lame cartilagineuse sur la paroi costale gauche. :
Le 17 novembre. Suites opératoires normales.
En décembre.—Le maladese lève; la greffe est adhérente, la céphalée moins aiguë : il n’y a plus que des crises frustes sous forme d’équivalents PUSPAREES : tics de la face, engourdissements du bras.
Le 10 mars. Le blessé, rentré à l’Hôtel-Dieu pour tuberculose pulmonaire, meurt le 15. |
Pas d’autopsie, :
DavR LE OBSERVATION IV.
H. Jules, 4) ans, cultivateur. Blessé le 13 février 1916, à Seppois, par éclat d'obus dans la région pariétale droite : il peut se rendre lui-même au poste de secours.
Le 14 février. Trépanation esquillectomie ; la dure-mère est intacte.
Le 8 mars. Il entre à l'Hôltel- Die Les troubles subjcctifs ne sont pas très intenses : céphalée, vertige, bourdonnements d'oreille. Hémiplégie gauche plus marquée au membre supérieur, avec prédominance de la paralysie des extenseurs. Crises Jacksoniennes tous les 8 où 10 jours. Plaie crânienne pulsatile.
Le à mat 1916. CRANIOPLASTIE (D' Villandre). La brèche osseuse mesure environ 5X% cent. Prélèvement des greffons sur le VI cartilage costal à droite. Drainage.
Le soir, petite crise avec exacerbation de la céphalée.
31 août. Légère infection des plaies costale et crânienne ; la greffe est presque entièrement consolidée,
Pas d'amélioration sensible dans l’état du blessé.
Le 13 mai 1918. Une suppuration prolongée a éliminé une partie de la greffe, mais les fragments qui ont résisté suffisent pour assurer une protection efficace du cerveau, dont on ne perçoit plus les battements.
La céphalée spontanée a disparu, mais elle est réveillée facilement par un effort violent. Crises Jacksoniennes de plus en plus rares, tous les 3 mois environ. Fatigabilité plus rapide.
Pas de troubles oculaires ni auditifs, légère parésie du bras gauche.