AVANT-PROPOS
Attiré un peu tard vers les études médicales, je ne laissais pas cependant que de nourrir quelques ambitions — bien pacifiques, — Lorsque sonna le tocsin d'appel aux armes, je partis avec joie, fier de mon petit galon d'or, riche d'enthousiasme et d'espérances. Le 0 août 1914, avec les premières avant-gardes, j'entrais, à la tête de ma section, sur la terre d'Alsace, enfin reconquise !
Depuis, pendant près de trois années j'ai vécu de la vie des tranchées : j'ai vécu les heures mornes de la stagnation, les hèures de fol espotr que donne le succès : j'ai vu des héroïsmes sublimes, j'ai vu des souffrances profondes auxquelles, hélas ! je n'ai pu accorder le plus souvent qu'un regret d'impuissance à les soulager. Puis J'ai vécu les heures tristes et sombres de la maladie, et ce sont les loisirs d'une longue convalescence qui m'ont permis d'achever mes études. |
Ce modeste travail, résultat d'une préparation un peu hätive, présente de nombreuses imperfections, mais les conditions inême de sa préparation seront mon excuse.
J'en dois l'inspiration à M. le Professeur Bérard. C’est lui qui ouvrit pour la première fois sous mes yeux,
MU
le grand livre de la Chirurgie. Depuis il n'a cessé de me prodiguer les conseils précieux de sa vaste expérience. Te ne puis oublier la bienveillante sollicitude avec laquelle il m'accueillit à mon retour d'Orient et tous les témoignages de sympathie dont j'ai été l'objet. Qu'il veuille bien accepter ce trop faible hommage de ma respectueuse et profonde reconnaissance.
À mes maîtres des Hôpitaux, j'adresse"mes sentiments de vive gratitude pour le sympathique intérêt qu'ils m'ont toujours témoigné.
Je me fais un devoir de remercier M. le ‘Professeur Fabre, M. le Professeur Vallas, M. le Docteur Villard de leur bienveillant accueil durant les brèves périodes que j'ai pu passer près d'eux. |
Te prie M. le Docteur Tellier de recevoir ici toute ma reconnaissance pour les conseils amicaux et éclairés qu’il n'a cessé de me prodiguer depuis de long mois.
Au colonel Richard, commandant la 113° brigade d'infanterie, chef énergique, mais plein de bonté, vont mes sentiments de respectueuse affection pour la paternelle sollicitude dont il m'a entouré pendant trois ans.
Je m'inclime pieusement sur les tombes si nombreuses, hélas! dè mes camarades, ofjiciers du 371° régiment d'infanterie, de mes braves de la 18° compagnie, tombes au champ d'honneur. R
Mais entre ces tombes, l'une m'est douloureusement chère ! Un ami, presque un frère, me fut ravi aux premiers jours de la guerre, mais son souvenir me restera parmi les meilleurs, auréolé de la gloire de son génereux sacrifice.