‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 25 sur 67 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

Classcmenl, d'après le milieu de l'espace, par les objets des arls

(Géographie ou dîiTérenciation de l'art d'après le» pay»).

Nous avons sufTisammenl expliciué l'orilm vcrlîcai de ces tableaux : ^lionmie individuel, aussi bien [{ue l'humanilé, doit passer du plus »ncrct au moins coKret, de là au moins abstrait, puis au plus abstrait ; à ce tilce l'eslhclîiiue, lu crilîipie viennent bien en dernier lieu. Mais l'ordre horinoolal soufl're quelques difficultés apparentes, Celui [ue nous avons élabli dans noire Inbleau, parce que lo motif on est Jplus Yérîfiabic. est l'ordre chronologique dans l'humauilé.

Cet ordre ne coïncide nullement, du reste, avec l'ordre chroDolob[iqne dans l'individu, qui est, en général, l'inverse du premier. > Quel est celui des rangs qui doitdominer? Pourquoi ne concordentp pas î S'y a-l-il pas une division plus intime et seule réelle, qui Bntôt coïncide avec l'un des ordres, tautot avec l'autre ?

La vraie division, ou plutôt la vrajo raison de la division horizonlaie, vient du Iriple caractère des beaux-arts, comme des sciences elles-mêmes. Ils sont : ou simples, ou cowposés,o\i 1res composés.

L'archileclure esl simple au point de vue artistique, elle ne ae

compose que de ligues, tout au plus, de surfaces ; la sculpture se

compose d'un so/it/'', par conséquent, est beaucoup plus complexe,

tais ne donne que les formes ; la peinture est beaucoup plus com-

pexe, puisqu'elle y ajoute ta couleur.

1 De même dans les arts musicau^t, Iû ri/lhme seul est plus simple pieio rhythme et la mélodie ; et si l'on y joint les dilTérents timbres, Q oblient l'orchestration, le plus haut degré de complication de la Elusique.

I Enfin, dans les arts littéraires, la, poésie esl phts simple que la rose ; ses coupures la rendent plus facile à prononcer et à composer, et il faut un degré de civilisation moins élevé pour écrire en vers que pour écrire en prose. D'autre côté, le genre épique est plus

I simple que le genre lyrique, puisqu'il nous vient par les sens exfernes ou par la tradition, landis quele lyrisme est personnel, ne naît ■le de nous.

BOr, on commence chronologiquement, qu'il s'agisse de 1 humanité Bl de l'homme, en principe, non pas par l'art le plus simple, mais fcr l'art Iep/«s complexe, a mo'uia que quelque obstacle ne s'y ^pose. En effet, c'est l'art le plus complexe qui est le plus complet, !e plus tangible, qui frappe le plus. L'enfant peindra plus volontiers qu'il ne crayonnera, quoique peindic lui soit beaucoup plus di^icile ; 1 préférera la musique militaire, parce qu'elle est sympbonique, au ^ant, ou à tout instrument isolé ; on lui enseignera le piano, plus mplet que la voix, pour le préparer à la musique vocale plus simple;

enfin, en litléralure, la prose est sa langae naturelle, celle qu'il parle, quoique sa structure soit plus compUquie, plus savante que celle du vers, et au contraire le ters exige de sa part un certain oflort, même pour être compris.

Pourquoi ÏParceque nul obstacle n'existe, en général, chez l'homme individuel à suivre l'ordre psychologique naturel dans aes études. Quoique d'abord enfant, il est environné de la civilisation accumulée par dos prédécesseurs, trouve sous sa main un outillage complet, et possède réellement, non son Âge propre, mais l'âge de son époque. L'ordre objectif du complexe au simple reste donc inaltéré. Le simple n'existe pas dans la nature, il est une création de l'homme qui doit avoir acquis un certain développement Intellectuel pour le dégager ; il vient donc le dernier, à condition de défout d'obstacle, dans la série subjective, et l'obstacle ne naît que de civilisations très incomplètes qui n'exulent plus.

Mais c'est cette même raison qui fait que l'ordre est inverse dans l'histoire, au moins le plus souvent, car l'homme y manque d'abord d'outils, ne peut par conséquent ni aborder le complexe, ni en extraire le simple, mais, chassé d^ la nature, il rentre en soi, crée une nature idéale et simple à côté de la nature réelle et complexe, le plus passible cependant à l'image de celle-ci, et étudie cette nouvelle nature simple hypothétique. Dans les arts du dessin cette marche est bien marquée. L'homme ne possède d'abord ni le pinceau, ni même le ciseau ; faute de ces instruments, il ne peut reproduire la nature vraie ; mais il crée dans l'architecture une nature factice et simple. La tour de Babel est une allégorie : l'homme bâtit contre Dieu, c'està-dire contre la nature, en rivalité contre celle-ci, non à son invitation; le maçon est son premier artiste ; il pose pierre sur pierre, et c'est tout ce qu'il peut faute d'instrumeuts meilleurs. Pour l'art musical, il n'a que sa voix. Comment en vieudrait-U à la symphonie de plusieurs instruments qui n'existent pas? En littérature, il n'a pas un état psychique assez avancé pour les longues pensées, ni un rudiment grammatical assez riche pour coordonner de longues phrases, il les fait courtes, il parle et écrit en vers. Faute d'instruments, le genre humain suit donc une marche inverse de celle de l'individu moderne : il commence par le simple, finit par le complexe.

C'est le premier ordre qui est l'ordre pédagogique ; mais nous avons suivi dans le tableau le second ordre, l'ordre historique, parce que les preuves en sont toutes faites dans l'histoire.

Passons aux sciences positives.

Dl-liMi^MK CLASSE Sciences positives (de la nature)

Les sciences positives sonl celles qui onl pour objectif \e vrai, pour WsuôjeclifVmlelliffenci; et qui ae développent daos la nature par

■ opposition aux sciences du fait humain qui a lieu dans l'homme.

Dans ces sciences on envisage successivement les objets avec les W forces et les lois y relatives : r en eux-mêmes : 3' dans le milieu du Wtcmps; S" dans h milieu de Vespace. C'csl une distinction que I nous avons déjà Tnile dans les arts.

Les objets considérés dans le OTiVicH (fK ?em/js donnent l'histoire f infeme scientifique qui se sépare profondément de Vhisloire externe. Cette dernière se rapporte ù la science elle-même, non à ses objets ; elle lournit le spectacle de l'évolution humaine par rapport à l'intelligence et à la science considérée subjectivement. L'histoire interne dont il s'agit ici est, au contraire, celle des objets de la science, c'est l'évolution de ces objets. Ainsi il y a une hi'^toire géologique bien marquée, c'est celle qui étudie non l'état actuel des roches, maïs leur ► état successif ; la /)«Mon/o/oji> est une science d'histoire interne, ■d'évolution. Une autre science du même genre est la météorologie

■ qui étudie le fait naturel complexe successif, et même capricieux comme le fait humain ou semblant l'être.

Les objets considérés dans le milieu du temps donnent la géographie d'histoire naturelle. Telle est la géographie végétale, minéralogique, etc. L'étude de la faune et de la flore par pays rentre dans cet ordre d'idées ; mais plus intrinsèquement le milieu de l'espace comprend : l'quant aux forces, le milieu qui leur sert de véhicule, l'air, l'ean, la terre, et surtout l'e'i/ier; a° quant aux lois, le milieu qui leur sert de réilectour: l'idée perceptible par l'esprit ; 3° quant aux êtres ou à la matière, le milieu où ils vivent, l'air, l'eau, etc.

Le milieu de l'habitat de la faune, de la flore, etc., est un milieu , mais contingent et individuel.

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