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uriner deviennent de plus en plus grandes, les envies d'uriner sont incessantes, et la nuit toujours accompagnées d’érection; elles ont lieu plus souvent que toutes les heures. L’éjaculation spontanée ne donne plus de repos, le sperme est toujours purulent. Je suis obligé de mettre la sonde à demeure, des sangsues au périnée. A chaque fois qu'on ouvre la sonde, la vessie étant vide, il faut injecter un peu d'eau tiède pour faire cesser la sensation douloureuse d'envie d'uriner. Toujours, on continue les grands lavements d’eau tiède d'évacuation donnés lentement avec ma longue canule en gomme et,une heure après chacun d'eux, on injecte dans le rectum, matin et soir, un cataplasme liquide de graine de lin fait avec une solution de 2 gr. de bromure de potassium.
Après cinq jours, la vessie reçoit facilement 200 gr. d’eau, les excitations de la vessie vide cessent. J’enlève la sonde à demeure. Le malade n’urine que toutes les heures et demie et sans douleur. Pendant tout ce temps, il boit du lait, de la tisane de graines de lin préparée à froid, mélangée par moitié avec de la décoction de queues de cerises. En dehors de cela, le malade mange suffisamment. Trois mois après cette forte crise, les douleurs en urinant et les envies d’uriner fréquentes reparaissent. La nuit, elles sont toujours accompagnées d’une forte érection. Il y a deux éjaculations spontanées, toutes deux absolument sanguines. J'examine la dernière, qui est de la veille, au microscope. La tache brun rouge foncé empèse le linge, exactement comme le sperme normal. Après avoir traité cette tache par dilution dans de l’eau bien filtrée, je vois au microscope des spermatozoïdes, des globules sanguins, des leucocytes et beaucoup de cristaux d’hématine. Par quelques injections d’eau tiède et d'eau phéniquée, j'arrive encore à dilater un peu la vessie, mais elle ne reçoit plus que 125 à 140 grammes d’eau tiède. Toujours le liquide de lavage de la vessie entraîne de petits grumeaux de muco-pus très compacts. Je suis évidemment ici devant une inflammation chronique des vésicules séminales survenue après les accidents aigus de la stagnation d'urine, chez un sujet ne coïtant pas depuis longtemps et ayant des érections à la moindre surexcitation nocturne des voies génito-urinaires.
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Devant ces excitations vésicales, de plus en plus intenses, à chaque poussée inflammatoire du côté des vésicules séminales, à l'époque où l’éjaculation à peine purulente était encore suivie d’une amélioration dans les fonctions de miction, j'ai voulu essayer de comprimer avec le doigt les vésicules séminales pour les vider artificiellement. Au moment d’une crise, je l’ai fait. Le liquide est sorti par l’urèthre au moment de la pression et pendant un très court instant après, le doigt n'étant plus dans l'anus. Il ÿ a eu un léger soulagement dans la sensation et la fréquence des envies d’uriner ; mais le malade éprouva un sentiment de malaise général et surtout un malaise central tel qu’il s'opposa à ce que je fisse de nouveau cette compression des vésicules séminales. Jusqu'à présent, chez ce malade, il n’y a pas eu d’orchite.
Il est bien probable que l’état des vésicules séminales ira en s’aggravant et que la vessie en sera de plus en plus contracturée.
OsservarTion III. — (Reziquer. Gazette des hôpitaux, 1883.)
Méat étroit placé haut sur le gland. Chaudepisse. Stagnation d'urine; hématurie. Gonflement des cordons et des épididymes. Coliques spermatiques. Débridement du méat. Guérison.
M. X..., trente ans, d’une bonne constitution, atteint de manifestations herpétiques cutanées, prend une chaudepisse il y a dixhuit mois. L'écoulement disparaît difficilement et il persiste une goutte de muco-pus le matin. Dès l’état aigu de la chaudepisse, il y a des difficultés pour uriner, des envies fréquentes. Après avoir employé de nombreux moyens contre l'écoulement, on en arrive à passer des bougies en gomme ; mais les cathétérismes surexcitent la sensibilité de l'urèthre. Dès qu’on passe les numéros moyens de 10 à 15, — et ce dernier n'a jamais été dépassé, — il y a douleur dans tout le canal et les mictions suivantes sont plus difficiles et plus douloureuses.
Pour combattre son herpès,le malade va à Luchon. Quelques Jours après son retour à Paris, il se produit un gonflement douloureux de son cordon et de son épididyme. Deux mois après, gonfle-
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ment douloureux de l’autre cordon et de son épididyme. Entre ces deux accidents, qui ont été traités comme des orchites, pendant eiuq semaines, le malade a pu vaquer à ses occupations. Pendant cette période, il y a eu un coït avec éjaculation facile sans douleur. De même, il ÿ a eu une perte séminale spontanée la nuit, qui s'est faite aussi sans impression pénible. La tache résultant de cette dernière éjaculation était jaune avec une plaque rouge de sang au centre.
Depuis la seconde orchite, le malade ne peut pas rester debout quelques instants ou marcher un peu sans éprouver de suite de la pesanteur et bientôt une véritable douleur dans les deux cordons et les testicules. Ilest obligé de s'étendre pour être soulagé.
Depuis ces orchites, il n'y a pas eu de coït. Assez souvent pendant la nuit, il a eu des éxcitations génésiques spontanées, mais toujours au moment du paroxysme, sans qu'il sorte du sperme par l’'urêthre, il se produit une violente douleur dans l'anus, se continuant dans la verge, qui réveille le malade et persiste pendant quelques minutes avec toute son acuité pour ne cesser que lente- . ment. En état de veille, à la moindre érection, il y a douleur dans les cordons et les testicules, et le gonflement de ces organes augmente.
Les envies d’uriner sont devenues de plus en plus fréquentes, Jusqu à huit et dix fois la nuit, presque chaque heure dans la journée, toujours avec douleur. Depuis huit jours, il y a du sang dans les urines et plusieurs fois le jet d'urine a été arrêté parle passage de caillots volumineux dans l’urèthre.
Ce malade se présente à moi dans ces conditions en décembre. Je reconnais que le méat placé très haut sur le gland, ne peut recevoir qu’une bougie n° 10 sans être distendu. L'étroitesse du méat est congénitale ; il n’y a pas trace de cicatrice. Dans le cul-de-sac profond de la paroi inférieure de l’urèthre, en arrière de la commissure inférieure du méat, la muqueuse est enflammée ; elle saigne au moindre contact du bouton mousse et lisse d’un stylet d'argent. Ce contact du stylet sur la muqueuse est douloureux.
La vessie, très distendue après la miction, remonte jusqu’à deux travers de doigt de l'ombilic. Les mictions fréquentes n'ont plus lieu qu'avec un effort très notable.
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Au toucher rectal, je trouve la prostate régulièrement volumineuse et demi-molle, c'est-à-dire congestionnée. Mais il n’y a pas d’induration On perçoit les vésicules séminales qui sont douloureuses au contact du doigt, mais qui n’offrent pas de noyaux indurés distincts. Je sens très bien la vessie dilatée.
Les deux cordons et les épididymes sont volumineux, comme empâtés plutôt qu'indurés, très sensibles, surtout les épididymes ; le toucher y provoque facilement une vive douleur. À droite, il y a un varicocèle, mais on ne trouve pas dans les cordons et les épididymes de noyaux durs distincts. Le malade me dit qu'il lui est impossible de marcher ou de rester debout pendant plus d’un quart d'heure, sans éprouver des douleurs de plus en plus vives dans les cordons et les testicules, malgré le suspensoir. Et s’il persiste à ne pas vouloir s'étendre, il finit par avoir des douleurs dans l'anus et le périnée.
L'hématurie est assez abondante pour que le sang constitue une couche assez épaisse au fond du vase.
Étant données les conditions du méat, étroitesse et position élevée sur le gland, j’en fais le débridement dont le résultat immédiat est de faire cesser le profond cul-de-sac de la paroi inférieure de l’urèthre, en arrière de la commissure inférieure de cet orifice.
Le soir, le malade me dit qu’il urine beaucoup plus librernent, que son ventre a diminué (en effet, la vessie est. complètement revenue sur elle-même), qu'il n’y a plus de sang dans les urines, ce que je constate.
Les douleurs, en urinant, ont complètement disparu.
La sensibilité des testicules et des cordons a peut-être diminué, mais le gonflement de ces parties n'a pas changé.
Le malade reste toute la nuit sans uriner, et dans la journée, les mictions ont lieu toutes les trois ou quatre heures.
Cinq jours après l'opération, il y a un éréthisme génésique spontané la nuit; l'éjaculation s’est faite par l’urèthre et sans douleur, au grand étonnement du malade. La tache du sperme sur le drap est entièrement jaune purulente. Immédiatement, je constate que les gonflements des cordons et des épididymes ont notablement diminué. |
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Le lendemain, six jours après le débridement, je passe des bougies. Je commence par le numéro 15 qui arrive facilement dans la vessie sans provoquer la moindre douleur. C'est la plus grosse bougie qui ait été introduite lorsqu'on a cherché à guérir l’écoulement chronique par la dilatation temporaire progressive : alors, elle provoquait de vives douleurs, et une excitation persistante de la région profonde de l’urèthre, avec plus grande difficulté pour uriner.
Pour m'assurer s'il n’y avait pas de rétrécissement organique, je passe de ce numéro 15 au numéro 23, ce qui se fait facilement en cinq séances, et le numéro 23 franchit l'urèthre tout aussi facilement que le numéro 15.
Dix jours après l'opération, la miction est depuis longtemps normale et la tache produite par le liquide éjaculé sans douleur est tout à fait celle que donne le sperme normal. Les engorgements des cordons n'existent plus. Ceux des épididymes diminuent même du côté droit où il y a un varicocèle développé. Les érections ne provoquent plus de gonflements douloureux dans ces organes. Le malade peut marcher ou rester debout pendant plusieurs heures sans qu'il en résulte la moindre douleur dans les bourses. Il porte un suspensoir garni de coton qui soutient les testicules sans relever la verge.
Malheureusement, le malade n’a pas voulu que j'examine son sperme au microscope.
Pendant les dix jours que j'ai vu ce malade, depuis la veille du débridement du méat. tous les jours, il a pris un grand lavement d’eau tiède, porté très haut dans le rectum, avec ma longue canule en gomme.
De temps en temps, on a mis deux cuillerées de glycérine dans le lavement.
Je voulais, par ce moyen, combattre la congestion de la prostate ; en effet, la cessation du spasme de la région profonde de l'urèthre et l'évacuation bi-quotidienne des matières ont été suivies d'une diminution notable dans le volume de la prostate, qui a repris sa consistance et sa forme, et même son volume, car elle
est peu développée.
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Deux mois après l'opération, le malade se plaint d’uriner un peu moins facilement : mais il est constipé; il a suffi de reprendre un lavement par vingt-quatre heures, pour rétablir la miction normale. Les fonctions génitales sont très régulières et très phystologiques.
Je revois ce malade trois mois après son opération. Je constate qu'il n’y a plus d’engorgement des épididymes et des cordons. Le varicocèle de droite a beaucoup diminué. Le malade subit toutes les fatigues sans avoir de pesanteur dans les bourses. Ses fonctions génitales se font très bien.
Oblitération.
Osservarion [V. — (Reziquer. Leçons sur les maladies des voies urinaires, p. 94.)
Il s'agissait d’un homme de 40 ans qui, ayant eu de nombreux écoulements chroniques, avait été soigné à différentes reprises par la cautérisation au nitrate d'argent de la région profonde de l’urèthre. Il venait me consulter pour faire cesser des envies fréquentes d'uriner qui avaient lieu toutes les demi-heures. Le plus souvent, la miction était sans douleur, sauf quand il avait voyagé ou fait un excès de table. À l'examen de l’urèthre, je ne trouvai aucune diminution de calibre, seulement une sensibilité notable de la région profonde au moment du passage des instruments. La vessie ne pouvait supporter que 50 gr. d’eau tiède injectée très doucement. Au toucher rectal, je trouvai les deux lobes prostatiques parfaitement symétriques, de consistance normale et de volume ordinaire. A la partie moyenne de la prostate, sur la ligne médiane, au milieu du sillon médian, il y avait une petite masse donnant au doigt la sensation d’une lentille un peu grosse, parfaitement délimitée et pas douloureuse à la pression. Sa consistance était celle d'un tissu induré: elle occupait manifestement le milieu du tissu prostatique. Les vésicules séminales n'offraient rien au toucher.
Le malade me raconta que, depuis trois ans, il n’éjaculait plus en
coïtant ; il éprouvait une sensation bien moindre qu'autrefois, mais toujours une légère douleur terminait l’acte du coït. Sur mes questions, il me répondit très nettement qu'après le coït il n’urinait jamais de matières visqueuses, ce qui éloignait l’idée de léjaculation vers la vessie, observée si souvent chez les sujets atteints de valvule musculaire du col de la vessie.
Je commençai par appliquer les courants électriques continus, en mettant le pôle positif dans la vessie, le pôle négatif sur l’hypogastre, et faisant en même temps une injection d’eau tiède dans la - vessie; je fis une dizaine de séances sans obtenir la moindre dilatation de la cavité vésicale. Tant que la sonde était dans l’urêthre, le malade manifestait une douleur vive au périnée et se livrait à des efforts involontaires qu'il ne parvenait à maîtriser qu’incomplètement. Je finis par prendre la décision de donner du chloroforme. Le malade étant en résolution, j'introduisis une sonde en gomme et par elle je pus injecter dans la vessie 300 gr. d’eau tiède qui furent parfaitement supportés. J’examinai la vessie avec le brise-pierre explorateur et je m’'assurai qu’elle ne contenait pas le moindre corps étranger. A la suite de ces manœuvres, le malade étant chloroformisé, les envies d’uriner n’eurent plus lieu que toutes les deux heures et demie à trois heures. Le malade fort heureux retourna reprendre ses occupations. Avant de le quitter, je reconnus que la petite induration médiane de la prostate était toujours la même. Je m’'empressai de lui dire que sa vessie perdrait plus ou moins vite le pouvoir de se dilater, et je lui conseillai de revenir me trouver dès que les envies d’uriner seraient trop fréquentes.
Je le priai d'observer très exactement si l’éjaculation se produisait, lui demandant de recueillir le liquide évacué par la première éjaculation et de me le faire parvenir.
Six mois après il revient me voir, il est exactement dans l’état où je l'avais vu la première fois, et il me prie de lui donner du chloroforme pour dilater sa vessie : ce que je fis. Le second résultat fut exactement le même que le premier : la vessie supporta 300 er. d'eau tiède injectée, lorsque sans le chloroforme elle ne pouvait supporter que 60 gr.; les envies d’uriner s’éloignèrent comme la première fois.
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Sept mois après, ce même malade vient me trouver, me priant de lui donner encore du chloroforme pour dilater sa vessie. [Il me raconte alors qu'il éjaculait et que les sensations d'autrefois étaient revenues ; seulement la première ‘éjaculation à été accompagnée d’une douleur assez vive. Il recueillit le liquide éjaculé la première fois, qui contenait, me dit-il, de petites masses blanches. Mais au lieu de me le faire parvenir, il pria un pharmacien de l'examiner. Celui-ci dit au malade : « il n’y a que de l’albumine ». Je regrette bien vivement de n’avoir pas pu examiner au microscope ce liquide. Je touchai de suite le rectum et je ne trouvai plus la masse dure à contours si limités, occupant le point médian de la prostate. J'y perçus bien une sensation différente de celle donnée par le tissu de la prostaté, mais la légère augmentation de consistance des tissus est bien faible, et on n’en perçoit plus la Mmite exacte. Je passe une sonde et je peux sans chloroforme injecter jusqu’à 100 gr. d'eau. Le malade me dit qu'il urine tous les trois quarts d'heure et quelquefois toutes les heures. Ainsi l'état de spasme de la vessie est moins fort qu'’autrefois. Je donne du chloroforme, je dilate la vessie encore jusqu'à 300 gr. : le malade repartit le lendemain et je ne l'ai plus revu, il y a de cela un an et demi.
Il est évident qu'ici, la cause de l'excitation vésicale était la petite masse indurée à la partie moyenne de la prostate. Selon toutes les apparences, cette petite masse était placée au niveau des canaux éjaculateurs qu'elle oblitérait, puisqu'après l’éjaculation rétablie, on ne la retrouvait plus.
O8sErvarTION V. — (Reriquer. Coliques spermaltiques, p. 4.)
Oblitération du canal éjaculateur droit par le mucus concret des vésicules séminales ; colique spermatique; désoblitération du canal éjaculateur. Guérison.
M. X.., âgé de 55 ans, m'est adressé par mon ami le D' Suender. Je le vois en août 1878. [l souffre depuis six ans. Actuellement les envies d’uriner, impérieuses, ont lieu au moins toutes les heures. La miction est douloureuse dès le début, et à la fin l’élancement de l'anus à l'extrémité de la verge se continue
toujours quelques instants après la sortie des dernières gouttes d'urine.
Être assis sur un siège mou, et surtout aller en voiture ou en chemin de fer, provoquent une excitation locale des plus douloureuses avec envie incessante d'uriner. Le malade ne peut voyager qu'étant couché.
M.X... souffrait déjà un peu en urinant, et ne coïtait déjà qu'avec crainte en raison de la douleur qu'il éprouvait au moment de l’éjaculation, lorsque, en septembre 1873, courant pour arriver à une gare de chemin de fer, il est pris brusquement d’une violente envie d’uriner. Précipitamment il se déboutonne, et est tout étonné de voir sortir une quantité relativement considérable d’un liquide en tout semblable à du sperme. Pour le malade, c’était du sperme. Cette ‘émission est accompagnée d’une ardeur douloureuse très vive dans tout l’urèthre, analogue à celle déjà ressentie pendant le coït au moment de l’éjaculation. La cuisson très vive, qui suivit, s’éteignit peu à peu dans un temps assez court.
Le malade continue à s'abstenir du coit.
Dix-huit mois après, en 1875, il remarque qu’il urine du sang, et cela sans douleur ni gène. Peu de temps après, commencent les envies impérieuses etfréquentes d’uriner, au moins toutes les heures et surtout toutes les quarante minutes, nuit et jour. Toutes les mictions sont douloureuses.
À partir de cette époque, le malade ne peut plus rester assis; après s'être mis plusieurs fois sur un ischion, puis sur l’autre, il est obligé de se lever pour faire cesser les élancements allant de l'anus à l'extrémité de la verge.
Après avoir essayé beaucoup de traitements, passages de sonde, injections ou instillations profondes au nitrate d'argent, en cette année 1875, M. X... consulta à Paris un de nos confrères. Le diagnostic fut tubercule de la prostate, et le malade fut renvoyé chez lui avec un traitement ad hoc ! huile de foie de morue, lait, etc.
Le 15 août 1878, avec mon confrère le D' Thorel, nous examinons le malade. Le rectum étant vidé par un grand lavement d’eau tiède, pris en se servant d’une longue canule en gomme, au toucher rectal nous trouvons la prostate ayant ses deux lobes inégaux,
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comme bosselés. Le lobe gauche est d’une consistance normale, sans saillie notable. Le lobe droit présente une bosselure très nette près de la partie moyenne de la prostate, bosselure qui se prolonge en arrière de la corne droite de la prostate et se continue avec la vésicule séminale droite. Celle-e1, d’une consistance nette, est facilement délimitée par le doigt. La pression du doigtsur ces différents points ne provoque que très peu de douleur. Il y a surtout sensation vive de besoin d'uriner.
Pour faire l'examen de la cavité vésicale, je passe une sonde en gomme; la vessie contient très peu d’urine, et je ne peux y injecter que 80 grammes d’eau tiède. Le passage du lithotribe explorateur dans la région prostatique et dans le col vésical est très douloureux. Je ne trouve rien dans la vessie. Les parois n’ont pas de colonnes ‘ trop saïllantes. Mais je constate une élévation très notable de la lèvre inférieure du col vésical, au-dessus du trigone. L'instrument retiré, la douleur cesse. à
Alors, préoccupé des troublés fonctionnels antérieurs des voies génitales, ne croyant pas à la présence dé tubercule dans la prostate, en raison de l’ancienneté de l'affection, six ans au moins, de l’âge du sujet, et surtout de l’état général très bon, je dis à mon confrère, le D' Thorel, que nous devions avoir affaire là à une oblitération du canal éjaculateur.
Je place dans l’urèthre une sonde coudée en gomme, n° 23. J'introduis mon doigt dans le rectum. Grâce à la résistance due à la sonde dans l’urèthre, je reconnais très nettement que la saillie à consistance uniforme du lobe droit se continue avec celle de la vésicule séminale du même côté, et qu’elles ne font ensemble qu’une seule masse. Je comprime la portion prostatique de cette masse sur la sonde. Je la sens qui cède; elle devient plus molle et plus petite.
Je retire la sonde de l'urèthre. Elle est recouverte, dans toute sa portion qui occupait la région prostatique, d’une matière grise affectant l'aspect de brins de vermicelle disposés en réseau autour d'elle. Cette matière, d'un gris mat, demi-molle, sans bavure ni mucosité, est, évidemment, sortie d'une cavité en s’effilant dans un orifice plus étroit. À peine s’il y a un peu de sang.
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En retirant la sonde j'avais laissé 60 gr. d’eau dans la vessie.
Je prescris de mettre des cataplasmes sur le ventre, de donner le soir un grand lavement d’eau tiède, pris avec la longue canule en gomme. Après on donne un petit lavement de 100 gr. d'eau de graine de lin épaisse contenant 1 gr. 50 de chloral qui est gardé.
Je m'empresse d'aller de suite trouver mon maître, M. le D" Ch. Robin, pour le prier d'examiner cette matière expulsée. Notre maître examina aussi les morceaux de cette même matière évacuée après soit spontanément, soit par la pression du doigt introduit dans le rectum. Voici la note qu'il nous a remise :
« Les produits expulsés par l'urèthre que m'a remis M. Reliquet, examinés séance tenante, nous ont offert les particularités suivantes. [ls se composent de fragments de cylindre épais de 2 millimètres environ. Les plus grands, l’un surtout long de 12 millim. était remarquable en ce que sa surface était comme marquée de saillies et de sillons de séparation. L'examen sous la loupe de ces dispositions montrait qu’elles reproduisaient exactement le moule des sinus alvéolaires dont la muqueuse des éjaculateursest pourvue, comme celle de la fin des canaux déférents et de lutricule prostatique, mais avec des dimensions sensiblement moindres. La surface de ces cylindres ou fragments de cylindres, ainsi conformée, “était d'un gris brunâtre. Le microscope montrait que cette couleur était due à la présence de quelques cellules épithéliales, polyédriques plutôt que prismatiques, parsemées de ces granules brunâtres spéciaux qui colorent l’épithélium de la fin du canal déférent et des vésicules séminales et par suite la face interne de la muqueuse de ces organes.
« Quant à la substance même de ces cylindres, elle était assez ferme pour rouler entre les doigts sans s'écraser, hors d’une assez forte pression. Elle se gonflait un peu dans l'eau, mais sans changer d'aspect, ni se dissocier, même après plusieurs heures de séjour.
«Le microscope montrait cette matière constituée, pour la moitié au moins de sa masse, par des spermatozoïdes. Le reste était représenté par une substance transparente, légèrement striée par
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places et que l'acide acétique rendait striée à peu près partout, comme quand il s'agit des mucus proprement dits et des mucus concrets, ceux de l'intestin surtout. C’est dans ce mucus qu'étaient agglutinés les spermatozoïdes indiqués ci-dessus et avec eux de très fins granules, les uns grisâtres, les autres jaunes, d'aspect graisseux, non attaqués par l'acide acétique. Avec les spermatozoïdes existaient aussi quelques rares cellules épithéliales, quelques leucocytes peu granuleux et en outre quelques sympexions dont les plus gros n'avaient pas plus de 3 à 4 centièmes de millimètre de diamètre. L'ensemble de ces éléments, épithéliums, Jeucocytes et sympexions, ne représentait à peine que le dixième de la masse, à côté de celle formée par le mucus agglutinant et les spermatozoïdes. »
I n’y a plus de doute, M. X... est atteint de coliques spermatiques dues à des amas de sperme et de mucus dans le canal éjaculateur droit et dans la vésicule séminale du même côté. Je m'empresse de rassurer le malade en lui aflirmant qu'il ne s'agit pas de tubercules.
Dans les journées du 15 et du 16, les envies d’uriner sont fréquentes, toutes les quarante minutes. Mais la douleur en urinant diminue, surtout après les grands lavements donnés matin et soir, et les petits lavements au chloral.
Dans la nuit du 16 au 17 août, le malade dort pour la première fois quatre heures de suite. Au premier réveil, l'envie d'uriner n'étant pas vive, il se borne à essayer d’uriner, sans y arriver, et se rendort. Mais bientôt le sommeil n'est plus possible, les envies d'uriner se rapprochent, deviennent de plus en plus vives, et toujours la miction est impossible. J'arrive près du malade vers deux heures du matin. Je le sonde et je retire de la vessie plus de 400 gr. d'urine. Je peux facilement injecter 300 gr. d'eau tiède dans la vessie, lorsque, 1l y a deux jours, je ne pouvais en injecter que 80 gr. Ainsi la vessie se dilate déjà d’une façon notable.
Les jours suivants, le malade se sonde facilement, et, après avoir uriné, il retire de la vessie au moins 250 gr. d'urine; alors il reste quatre heures sans avoir envie d’uriner. Quand il ne se sonde pas, il urine toutes les heures.
Les grands lavements d’eau tiède avec la longue canule en gomme sont toujours prescrits matin et soir. Le 18, je supprime le petit lavement au chloral, et le malade boit de l'eau de graine de lin préparée à froid.
À la fin de la miction naturelle, au moment du coup de piston, il expulse par l'urèthre des masses blanc grisâtre assez volumineuses, de même nature que celles déjà évacuées grâce à la compression de la prostate entre le doigt et la sonde.
Le malade commence à pouvoir rester plus facilement assis.
Le 21 août, je pratique le toucher rectal; je constate une diminution considérable de la tuméfaction, à peine un noyau près de la corne droite de la prostate.
La pression du doigt fait sortir par l’urèthre des morceaux de cette matière blanc grisâtre qui est toujours de même nature.
Le 27 août, les douleurs en urinant reparaissent; les envies ont lieu toutes les quarante minutes comme autrefois. [I y a des mucosités dans l'urine. J’attribue cela à l'absence de garde-robes. Le malade, se trouvant bien, a cessé depuis trois jours les grands lavements.
Je donne deux grands verres d’eau d’'Ilunyadi-Janos suivis de boissons abondantes (bouillon aux herbes). Cela suffit pour faire cesser l'excitation de la vessie qui se dilate à nouveau jusqu'à 400 centim. cubes, en gardant après chaque miction naturelle 250 centim. eubee. Le malade peut aller en voiture, marcher, s'asseoir et rester assis sans éprouver de douleur. Il vient facilement chez moi, faisant à pied 2 kilomètres sans en être gêné.
Le 29 août, dans mon cabinet, j'examine par le rectum. À la place de la tuméfaction dure décrite, se trouve une dépression molle sans aucun point dur. La pression du doigt sur ce point fait sortir par l'urèthre du sperme liquide. De suite, j'examine au microscope; je vois de nombreux spermatozoïdes. Mais ils sont immobiles, quelques-uns sont contournés sur eux-mêmes, beaucoup sont adhérents à des débris d’épithélium. Après un moment, je vois remuer quelques spermatozoïdes ; mais leurs mouvements sont extrêmement lents et ont lieu sur place. La présence du sperme liquide, la disparition des indurations dans la vésicule
séminale droite et dans la prostate, me firent supposer que l'éjaculation aurait lieu sans douleur.
Le 30 août, l'éjaculation naturelle a lieu sans douleur.
L'état de la vessie reste le même; quand le malade ne se sonde pas, il urine sans douleur toutes les heures. En se sondant après avoir uriné, il retire toujours de la vessie 250 centim. cubes d'urine et la miction n'a lieu que quatre heures après.
Toutes les douleurs dues au mouvement ou à la position assise ont disparu.
Le 1% novembre 1878, mon confrère et ami le D' Suender (de Madrid) m'écrit que « le malade ayant cessé de se sonder, urine toutes les heures, mais sans douleur ».
IT est à craindre que le malade ne prenant aucune précaution contre la constipation et contre la stagnation d'urine, il se produise une inflammation consécutive des voies génitales dilatées.
Chez notre malade, en raison de l'âge et de la contraction ancienne et continue de l’urèthre, l'élévation du col vésical persiste, reste telle que la vessie ne se vide plus, et nous voyons le malade être pris de rétention complète et d’une stagnation d'urine qui se maintient. Tout cela se produit dès qu'il n y a plus d’irritation localisée dans la région profonde de l’urèthre. L'origine du réflexe de la surexcitation n’existant plus, celle-ci reprend de suite son état de passivité et se dilate beaucoup plus. Mais le col vésical étant dans une position élevée au-dessus du trigone, la ligne, ou plutôt la résultante de contraction des paroïs vésicales, ne tombe plus dans le col dès que la vessie est dilatée au delà de 400 centimètres cubes, ou dès que la vessie ne contient plus que 250 centimètres cubes d'urine. De là, dans le premier cas, la rétention complète d'urine, et, dans le second, la stagnation d'urine.
En réalité, ici, nous avons une guérison, car notre malade est exactement dans les mêmes conditions que le calculeux âgé, ayant une grosse prostate, qui vide complètement la vessie tant que celle-ci est surexcitée par la pierre ou des morceaux de pierre, et qui ne la vide plus dès qu'elle est débarrassée des pierres qui l'irritaient.
Osservarion VI. — (Reziquer. Comm. Acad.de médecine, 1874.)
Oblitération du canal éjaculateur gauche par des sympexions de la vésicule séminale. Colique spermatique.
M. X.., coiffeur, âgé de 35 ans, marié, d’une constitution délicate, pâle, amaigri, ayant la physionomie d’un homme très fatigué, vient me consulter le 12 mars 1874.
Sujet aux migraines, il remarque qu’elles sont plus fréquentes depuis qu'il souffre en urinant.
Ïl y a un an, sans cause appréciable, il éprouva de la douleur en urinant, pendant trois jours.
Depuis plusieurs années, les efforts en allant à la garde-robe provoquentsouvent l'évacuation par l'urèthre d’une petite masse de liquide blanc épais.
Il y a deux mois, les accidents actuels débutèrent brusquement, en éjaculant, par une vive douleur allant de l’anus au périnée. La même douleur se produit au moment du passage des garde-robes. La station habituelle debout et la marche provoquent des envies fréquentes d’uriner. En quelques jours, le malade est obligé d’uriner toutes les demi-heures, et même plus souvent. L'envie d’uriner, impérieuse, n'est retenue que grâce à de grands efforts, qui provoquent des douleurstrès vives, des sueurs froides et un grand malaise général.
Bientôt l'épreinte douloureuse se continue pendant quatre et cinq minutes après la miction et s'accompagne de douleurs lancinantes allant de l’anus à l'extrémité de la verge. Non seulement il y a perte de sommeil, mais le malade n éprouve plus la sensation du besoin de dormir. Il n'y a plus de repos.
Les désirs vénériens suffisent pour provoquer la douleur qui se produit à chaque miction. Dès qu'il y a érection, la douleur de l’anus au périnée devient excessive. De là abstention complète de tout contact avec la femme.
Depuis un mois et demi, à chaque miction, il s'écoule du sang avec l'urine, tantôt des petits caillots isolés, tantôt des stries sanguines, tantôt du sang liquide pur et rendu en abondance. Ceci
est constant dès qu'il y a fatigue, marche un peu longue, course en omnibus et en voiture.
En dehors des mictions, la douleur à l'extrémité de la verge au-dessous du gland devient permanente; très souvent il y a des élancements vifs dans l'anus.
En s’asseyant, X.. se penche instinctivement en arrière, car la moindre pression sur le périnée provoque une douleur vive allant de l’anus à l'extrémité de la verge.
Le 12 mars, chez moi, je passe une bougie en gomme n° 20. Elle pénètre sans effort dans la vessie ; mais au moment où elle passe dans la région profonde de l’urèthre, elle provoque une douleur très vive, qui se continue. Je retire tout de suite la sonde.
Au toucher anal, je trouve la prostate normale, peut-être un peu volumineuse pour l’âge du sujet. La corne gauche semble se prolonger en arrière, et la vésicule séminale du même côté, gonflée, est dure, d’une façon uniforme, sans nodosités à sa surface. Le doigt, introduit dans le rectum, ne provoque de douleur qu'en comprimant cette vésicule séminale.
Le 13.à neuf heures et demie du matin, je fais l'examen de l’urêthre et de la vessie. Le rectum, vidé par un lavement antérieur, je place le malade sur mon appareil pour la lithotritie. J'introduis facilement une sonde en gomme : 25 gr. environ d'urine non chargée de sang s'écoulent. J'introduis dans la vessie 60 gr. d'eau tiède, avant qu’il y ait la plus légère sensation de besoin d'uriner.
L'introduction de mon lithrotribe explorateur se fait sans le moindre obstacle. Mais en franchissant la région profonde del urèthre, il provoque une douleur très vive.
Jexplore la vessie en mettant le sujet dans des positions variées, sans trouver la plus petite pierre. L'instrument fermé, je m'en sers comme d'une sonde coudée. Je ne trouve rien sur les parois de la vessie. La lèvre inférieure du col vésical est peu élevée.
Je retire l'instrument : aussitôt il se produit un spasme douloureux, très violent, de l’urèthre. Je veux passer la sonde en gomme, qui a pénétré si facilement dans la vessie avant l'introduction de l'instrument métallique ; je suis arrêté au collet du bulbe. Je n'insiste pas.