‹ De la colonisation au BrésilChapitre 42 sur 145 · V. POPULATION · texte numérisé non relu

V. POPULATION

Dans la partie historique de cet ouvrage, nous avons déjà fait connaître les variations survenues dans l'état de la population de Sainte-Catherine , depuis Francisco Dias Velho Monteiro, son premier fondateur, jusqu'à la fin du dernier siècle, et nous avons fait ressortir toutes les vicissitudes qui ont toujours fait obstacle à son accroissement.

Après cette longue période, les guerres de la révolution française et de l'empire ne furent pas de nature à la favoriser. A peine celles-ci furent-elles terminées, que le Brésil songea à briser les lourdes chaînes qui le maintenaient encore sous le joug de sa métropole ; et, de là, une nouvelle perturbation toujours contraire à l'augmentation de sa population.

Enfin, après la proclamation de son indépendance, cet Etat se trouva encore une fois engagé dans cette éternelle question de limites, toujours vivace depuis trois siècles, mais dont les parties belligérantes seules avaient changé. Ce n'était plus entre les cours de Madrid et de Lisbonne que la querelle devait se vider, c'était entre deux États indépendants qui, pour un coin de terre, allaient sacrifier tout ce qu'ils possédaient de ressources en hommes et en argent. Depuis plusieurs années on se battait, avec des avantages balancés, pour la province cisplatine de l'Uruguay, lorsque la

médiation de l'Angleterre vint mettre fin à cette guerre ruineuse, par la création d'un nouvel État indépendant, auquel on donna le nom de république de l'Uruguay.

L'échange des ratifications n'avait pas encore eu lieu, que déjà, dans la province adjacente, celle de Rio Grande du sud, quelques symptômes d'insurrection commencèrent à se manifester.

Quelques individus, encouragés par les habitants de la république qu'on venait de créer, levèrent l'étendard de la révolte, et, en se séparant de l'empire, proclamèrent une nouvelle république à laquelle ils donnèrent le nom de Piratini, dont le territoire devait se former d'abord de tout celui de la province de Rio Grande, et s'étendre ensuite sur toute la surface de l'empire brésilien.

Pour qui a étudié l'esprit et les mœurs de cette nation, ce projet était une idée folle et ne pouvait présenter aucune chance de succès. Il n'y avait qu'un seul gouvernement possible, et c'est précisément celui qui a été adopté ; un empire fédératif, où l'intérêt de localité est discuté dans des assemblées législatives provinciales, et où l'intérêt général se trouve placé sous la sauvegarde d'une assemblée générale.

L'insurrection mollement combattue s'est soutenue jusqu'à ce jour, et on serait presque tenté de croire que, de part et d'autre, on a eu intérêt à la prolonger. Quoi qu'il en soit, on peut aujourd'hui la considérer comme'à peu près terminée, et il faut espérer que bientôt le Rrésil, en fermant cette dernière plaie, pourra enfin s'occuper sérieusement des encouragements nécessaires à sa prospérité.

On conçoit aisément que ces guerres continuelles ont dû exercer une influence fâcheuse sur les progrès de la population dans la province de Sainte-Catherine, et comme jamais, dans aucun temps, aucune maladie épidémique n'est venue décimer sa population, et que son sol est d'une fertilité incontestée, on ne peut guère attribuer à d'autres raisons l'état presque stationnaire où cette population est restée.

Nous compléterons ce que nous avons déjà di! à ce sujet, par les deux tableaux suivanls, dont l'un contient le relevé fait en 1810, et dont l'autre est le résumé officiel de celui de 1842.

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