‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 2)Chapitre 130 sur 154 · T..IT · texte numérisé non relu

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l'ouest et dans l'Afrique du centre. Il n'y a pas une année à perdre. Il y a là plus d'une dizaine de millions d'hommes à conquérir au christianisme avant que, l'islamisme y ayant pénétré, il soit trop tard (1). »

Ainsi parlions-nous dans la précédente (4e) édition de cet ouvrage. Onze années se sont écoulées et l'utilité d'une œuvre méthodique des missions dans la si vaste partie de l'Afrique qui nous est dévolue est devenue encore plus évidente. Tout retard et toute indécision à ce sujet peuvent être fatals.

Indépendamment de ce qu'elles substitueraient, chez les populations indigènes, aux superstitions grossières du paganisme et du fétichisme une foi plus noble et un idéal plus élevé, qu'elles leur donneraient une règle de conduite plus sûre, les missions offrent dans ces contrées indéveloppées de très grands avantages matériels au début d'une colonisation, c'est-à-dire pendant bien des décades d'années.

Elles initient des groupes d'indigènes aux arts agricoles et techniques les plus élémentaires, elles leur donnent quelque sen-

(1 ) Si nous consultons le Bulletin de janvier- février 1891, des Afissions d'Afriqut [d'Alger) sous la •protection de Notre-Dame d Afrique (l'œuvre du cardinal Lavigerie), en laissant de côté les frères du Sahara, qui ne nous paraissent pas pouvoir faire de recrues à la foi chrétienne dans une région depuis lougteinps nausul • inane, mais qui pourront, il est vrai, par l'élévation de leur caractère et leurs pratiques bienveillantes, exercer une action conciliatrice sur les indigènes, nous voyons que les missionnaires du cardinal Lavigerie développent leur activité dans le vicariat apostolique du Nyanza, le vicariat apostolique du Tanganika, le provicariat apostolique du Haut-Congo (embrassant les territoires entre ce fleuve et le Tauganika), le provicariat apostolique de l'Ounianiembé, qui est encore plus près de la côte de Zanzibar et le provicariat apostolique du Nyassa (le plus méridional des grands lacs africains). Sur la carte jointe à cette livraison des Missions d'Afrique (d'Alger), on voit que tous les territoire? français, habités par des païens, à savoir toute la Sénégainbie, la boucle du Niger, le Congo français et leurs dépendances possibles sont absolument laissés de côté.

On explique cette situation, aujourd'hui anormale, en rappelant que d'autres congrégations sont investies, de longue date, par la Cour de Rome, du droit d'évangéliser l'Afrique Occidentale ; que, d'autre part, lorsque le cardinal Lavigerie fonda ses missions de l'Afrique Orientale, ces contrées étaient absolument vacantes, les Allemands et les Anglais n'en ayant pas encore pris possession; que même les missionnaires du cardinal étaient arrivés à des résultats si heureux qu'ils décidèrent, il y a quelques années, le rci de l'Ouganda, une d«-8 contrées, autant qu'on en peut juger, les plus favorisées de l'Afrique par la nature, à offrir à la France le protectorat de son pays, et que la France engagée alors dans les expéditions du Tonkiu et de Madagascar le refusa.

Ces observations sont, sans doute, topiques en ce qui concerne le passé; mais il reste vrai que les territoires français africains, habités encore par des païens semblent insufusamment desservis par les missions. Il serait important que, par un accord avec la Cour de Rome, l'œuvre des missions françaises eût un peu plus d'unité et d'extension et qu'elle concentrât ses principaux efforts sur les contrées du Sénégal, de la boucle du Niger, du Bas-Congo, de l'Oubanghi et de se- affluents. Nous serions heureux fi ces lignes pouvaient contribuer à ce patriotique changement des itinéraires des missions françaises. (Note de la 4e édition.)

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