DE LA COLONISATION DANOISE ET SUÉDOISE
soi les grands domaines, l'ingérence administrative et d'une manière générale l'insécurité de la propriété. Ces caractères sont communs à toutes les colonies modernes antérieures au xix8 siècle, sans exception. Si l'on retranche les colonies de l'Angleterre, on trouve un autre trait commun à toutes les colonies européennes : l'absence de libertés administratives, municipales et provinciales, la sujétion complète au gouvernement métropolitain. Contre cet état de choses, le xixe siècle devait réagir, soit en modifiant d'une manière radicale les conditions des colonies anciennes, soit en suivant dans la fondation des colonies nouvelles un plan essentiellement différent de celui qu'avaient appliqué nos pères pour la création de leurs établissements. Toutes les nations d'Europe devaient, l'une apiès l'autre, porter la main sur l'édifice savant de sacrifices et de faveurs réciproques qui constituait le pacte colonial. Dans un autre ordre d'idées et de faits, la plupart des peuples européens devaient aussi détruire cette vieille organisation intérieure sur laquelle reposait le travail et la production des colonies à sucre : l'esclavage. En troisième lieu, dans la créatien de ces magnifiques colonies de l'Australie, la Nouvelle- Zélande, l'Angleterre devait inaugurer un mode nouveau d'appropriation des terres. Enfin, quoique dans une moindre mesure, le système administratif des colonies devait recevoir un autre coup par la reconnaissance du droit des colons à prendre part à l'administration de leurs intérêts. Sous quelque aspect que l'on considère la conduite coloniale des principales nations au xixe siècle, on ne peut qu'adhérer à cette observation de Roscher : « Der Grundgedanke in der Geschichie der Colonien ist der stufenweise Uebergang von Beschrœnkung zur Freiheit. Le point fondamental dans l'histoire des colonies, c'est leur passage progressif du régime de restriction au régime de liberté. »
habitants par kilomètre carré. En 1881, d'après M. Bodio, l'émigration italienne a compris 135.832 individus, dont 41.607 émigraient s ins esprit de retour et 91.225 représentaient l'émigration périodique et temporaire. Il est singulièrement regrettable que les Italiens n'aient pas pris possession de la Nouvelle- Guinée, ou ils eussent fondé avec succès une Australie latine. On a trop longtemps laissé le monde entier livré aux Anglo-Saxons, c'est une cause d'appauvrissement futur pour la civilisation humaine. Nous ne saurious qu'approuver, quant à nous, le grand chancelier allemand d'avoir planté le drapeau germauique sur divers points de l'Afrique, notamment sur uue grande partie, de la côte orientale et dans la région des Grauds lacs ; c'est un obstacle à l'anglicisât ion du monde entier. Nous applaudissons aussi à l'établissemeot des Italiens dans les ports du Soudan égyptien. (Note de la 3e édition.)
Nous ne pouvons que confirmer les observations ci-dessus de notre 2e et 3e édition. Les échecs des Italiens dans les territoires de la mer Rouge sont dus à la mégalomanie. Quant aux chiffres plus récents, relatifs à l'émigration des différents pays européens, on les trouvera dans le chapitre 1er de la deuxième partie de cet ouvrage, consacré à l'émigration humaine (Note de la 5e édition,')