VI PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
grandes œuvres indispensables, nous avons fait, sans doute, quelques progrès en colonisation; notre personnel colonial a contenu et contient quelques hommes de mérite, qui ont fait œuvre utile. Malheureusement, l'esprit de suite continue à manquer chez nous ; on alterne entre la prodigalité et la lésinerie; on ne suit pas les dessins ébauchés, comme le montre le très regrettable récent décret qui enlève au gouvernement du Tchad son individualité. On dépense sans méthode et souvent sans profit. Nous espérons, néanmoins, que la force des choses, cette vis medicatrix qui est dans tout organisme, triomphera de ces défauts.
Puisse ce livre qui, entre toutes nos œuvres, nous tient particulièrement au cœur parce qu'il se rattache à la grandeur de la patrie, aider la France à une politique coloniale meilleure, plus réfléchie, plus cohérente, plus décidée et redoutant moins les grandes entreprises, plus prévoyante en un mot et plus efficace !
Juillet 1902.
Paul Leroy-Beaulieu.
PRÉFACE