‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 5)Chapitre 29 sur 131 · bouvs en · texte numérisé non relu

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Comme les contrats de louage entre les indigènes et les industriels doivent être enregistrés, sous peine de nullité, on pourrait penser, an premier abord, que ces chiffres rendent d'une manière exacte la situation actuelle. Il n'en est rien, beaucoup d'industriels, ayant pleine confiance en l'honnêteté des indigènes et négligeant la formalité de l'enregistrement. Or, la plus grande partie de ces champs, à savoir 68 p. 100, 60 p. 100 et 76 p. 100 respectivement pour chacune de ces trois années est cultivée en cannes à sucre.

Le système des corvées, que les mesures précédentes ont déjà entamé, ne régit pas, d'ailleurs, tout le travail à Java. C'est ainsi que les grands travaux publics, notamment les chemins de fer, sont faits sous le régime du travail libre. On se procure pour ces grandes entreprises des ouvriers indigènes dont le salaire varie de 20 cenu à 1 florin, soit de 42 centimes à 2 fir. 10 par jour.

La législation de 1870 a, d'ailleurs, pourvu à d'autres réformes d'une égale importance : elle a pris des dispositions pour que les fabriques de sucre mues parla force hydraulique ne nuisissent pas, comme c'était trop fréquemment le cas, à la culture du riz, qui est pour la population de Java la culture vlvrière et nationale par excellence.

Parmi les réformes qu'à introduites la loi de 1870, il faut signaler encore l'abolition de l'obligation, à laquelle étaient autrefois assujettis les fabricants en contrat avec l'État, de livrer au gouvernement la plus grande partie du sucre fabriqué. Avant cette date, les industriels devaient céder à l'État, en moyenne, les deux tiers du sucre qu'ils avaient produit et n'en recevaient que des prix assez minimes. Le sucre était transporté aux Pays- Bas pour le compte de l'État. Aujourd'hui les fabricants doivent

payer à rÉtat une redevance fixe, mais ils ont la libre disposition de tout le sucre qu'ils fabriquent. Cette mesure, qui a émancipé la production sucrière, n'est pas restée sans influence sur les exportations de Java à destination de la métropole.

La même loi a eu aussi pour conséquence Télévation de la rétribution des indigènes pour les champs qu'ils cèdent et la maind'œuvre qu'ils sont encore contraints, dans certains cas, de fournir. La moyenne annuelle de l'ensemble de ces rétributions aux indigènes montait à 5,413,762 florins de 1868 à 1870 ; depuis cette époque elle s'est élevée à 6,339,659 florins. Les indigènes ont actuellement le droit de porter plainte devant le tribunal indigène, quand il leur semble que le dédommagement pour la cession de leurs champs est trop faible.

Toutes les mesures qui précèdent sont autant de modifleations partielles et de corrections au fameux système du général Yan den Bosch ; une atteinte plus considérable, au moins en principe, lui a été portée dans la môme année. Tout le régime agricole de Java a été remis en question par la loi agraire de 1870 qui autorise le gouvernement à louer par bail emphytéotique pour soixantequinze ans les terres incultes. Le gouvernement se réserve néanmoins celles de ces terres qui lui semblent le plus propres à la culture du café. Dans les neuf années qui ont suivi 1870, il a été ainsi concédé par bail emphytéotique 100,000 bouws, c*est-à*dire environ 66,000 hectares. En 1882 cette étendue était portée à 147,288 bouws, soit environ 100,000 hectares. C'est peu, sans doute, pour l'immense superficie de Java.

Le législateur n'a pas cessé de s'occuper de cette importante question de la conversion de la possession précaire du sol en une propriété personnelle et permanente. Il n'a pris encore aucune mesure pour la transformation de la propriété collective communale en propriété individuelle. Mais la propriété collective communale admet, à Java, on l'a vu, la possession personnelle. Or, aux termes de la loi de 1870, tout possesseur individuel a le droit de faire convertir cette possession en propriété individuelle. Quant à la manière de convertir Isl propriété communale en possession individuelle, elle n'est pas encore réglée. Néanmoins quelques conversions de ce genre ont eu lieu, sous la pression, dit-on, des fonctionnaires qui estimaient que cette transformation était conforme aux intérêts des indigènes. Pendant quelque temps, le f ouvernement agit dans ce sens. En 1880, toutefois, il voulut dégager cette transformation agraire de toute pression officielle ; il envoya à cet effet une circulaire aux résidents pour que la conversion du mode de possession ne s'effectu&t plus que sur l'initiative libre du laboureur. On a prétendu que cette cbrculaire avait pour

but et qu*elle eût en tout cas pour conséquence de contrarier la constitution de la propriété privée, parce que les indigènes pensèrent que le gouvernement y était opposé. Aussi le 3 mai 1882, la deuxième Chambre des Pays-Bas émit sur cette circulaire un vote de blâme, déclarant qu'elle pouvait avoir pour effet d'empêcher la population indigène de choisir librement l'organisation agraire qu'elle préfère. On s'occupe depuis lors de rédiger un projet de loi qui règle cette matière délicate.

Cette propriété collective, que préconise avec tant de ferveur M. Emile de Laveleye, et qui attache au sol par des liens si intimes et si solides les peuples qui ne s'en sont pas encore affranchis, est donc, du moins théoriquement, menacée à Java. Tant qu'elle durera il est à craindre que l'autocratie agricole du gouvernement hollandais ne résiste à toutes les attaques.

G*est le café qui est le principal produit ofBciel de Java. Voici des chiffres concernant celte denrée : nous les relatons d'après M. Obreen jusqu'à 1879 et d'après M. Van der Lith pour les années suivantes :

Nombre d« picolt (I) Prix d« r vient du pieol Produit net par picol de oafé

livrée en

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venda en Hollande, tooe frais

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an goaYernement à Java.

de transport dédniu.

Années.

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