‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 6 sur 53 · TERRAINS DES COSOIUIVES D'ALGER · texte numérisé non relu

TERRAINS DES COSOIUIVES D'ALGER

Pointe-Pescade

Boudzaréali

El-Biar

Delby-Ibrahim

Mustaplia-Pacha

Bir-Mad-Réis

Hussein-Dey

Rouba

Bir-Radem

Raddous

Bouffarick

Total

TERRAINS DES AUTRES PROVINCES

Bone

Oran

Mostaganein

Total général . . .

En déduisant de la masse les 28,834 arbres fruitiers des districts de Bone , d'Oran et de Mostaganem , il en restera 898,755 pour celui d'Alger.

Ce qui nous Irappe le plus dans ce dernier chiffre, c'est d'y voir figurer déjà 85,532 mûriers, résultat qui promet les plus grandes richesses à l'avenir. Les autres essences se composent de 502,506 oliviers sauvages, de 63,327 oliviers greffés, de 20,758 amandiers, de 1,463 noyers, de 126,598 arbres à pépins, et de 70,356 à noyaux '.

A côté des plantations particulières , on a élevé, sur les terres du Domaine, un jardin d'essais, d'une haute importance, qui a pris le nom de Pépinière du Gmivcrnement. Les dépenses d'entretien et de culture sont prélevées sur le budget local et largement couvertes par les livraisons d'arbres faites aux colons. « Il est exclusivement destiné, disent les rapports officiels, à multiplier les arbres et les plantes les plus propres à développer la richesse territoriale de l'Algérie, tels que le mûrier, l'olivier, le cotonnier, le peuplier et les arbres fruitiers de diverses espèces. »

Quoique la création du jardin d'acclimatement ne remontât qu'au mois de décembre 1832,

' Tableau officiel ^ p. 9,85. ■ , -^ ■ ' i

on voyait déjà s'élever dans son enceinte, au mois de mars 1834, 25,123 sujets. Il a fallu bientôt ajouter aux quatre ou cinq hectares qui avaient été consacrés dans l'origine aux essais de culture, un large et bel enclos de vingtquatre hectares de superficie ; et, malgré cette grande extension, il s'en faut de beaucoup que la pépinière coloniale puisse aujourd'hui suffire aux nombreuses demandes qu'elle reçoit des propriétaires, des cultivateurs, de l'administration civile et du génie militaire. Le relevé des plantations, au commencement de l'année 1830, donnait pour résultat 87,038 sujets, outre 300,000 pourettes de mûriers ^

A mesure que la culture des terres multiplie, en se développant , la somme des produits agri-

' Situation des établissement français dans l'Algérie, II" part., ch. XIV, p. 288. — Rapport sur la colonisation de l' ex -régence, l'" ^AYt., p. 81. — De l'établissement des Français dans la régence d'Alger. App. n° XXIX, p. 120.

« Les arbres et les arbustes sont bvrés gratuitement au génie militaire et à l'administration civile. Les livraisons ainsi faites ne s'élèvent pas à moins de 20,000 sujets de toutes espèces.

» Les propriétaires et cultivateurs les obtiennent à des prix excessivement modérés et fort inférieurs à ceux des pépinières du continent , sans compter l'aliranchissement des frais, risques et embarras de transport, et l'incertitude de la prise.

)» Aussi les demandes ont-elles atteint cette année un chiffre presque double de celui de l'année précédente , lequel était luimême double de celui de i855.» Tableau officiel,, p. 287.

coles, ceux-ci sont absorbés par la subsistance de l'armée d'occupation. Les colons ont livré en 1837, 500 quintaux de blé et 59,500 quintaux métriques de foin à l'administration militaire.

Les documens officiels que nous avons sous les yeux nous apprennent bien que les approvisionnemens en bestiaux nécessaires à l'existence des troupes, ont été tirés du pays, qui pourvoirait facilement à des besoins plus grands, ajoutent -ils; mais ils ne nous disent pas combien il existe de bétes à cornes et de bêtes à laine dans les fermes exploitées par les Européens.

Vï.

importance des relations commerciales de l'algérie.

Si la ville d'Alger a été pendant trois siècles le centre des ope'rations de la piraterie barbaresque , c'est précisément parce qu'elle est admirablement située pour entretenir des relations commerciales avec le reste du monde. Le fameux Barberousse en convoitait depuis longtemps la possession quand il parvint à s'en rendre maître en 1516, et h la soumettre à la domination des Turcs. Ce redoutable corsaire, qui était un marin consommé , avait remarqué son excellente position, et tout le parti qu'il en pourrait tirer pour, de là, se porter rapidement sur la route des nombreux vaisseaux qui sillonnent la Méditerranée, ou pour se jeter àl'improviste, avec ses soldats, sur les côtes de l'Espagne, de la France, de l'Italie et de la Sicile.

Tandis que les pieds de la capitale de la Régence sont baignés par les flots de la Méditerranée , ses blanches maisons s'élèvent graduellement d'étage en étage sur le versant d'une colline. De ces hauteurs, où elle est assise avec un luxe oriental , et d'où elle domine au loin la mer , son regard exercé peut contempler aujourd'hui les arrivages toujours croissans du commerce , après avoir suivi pendant plusieurs siècles les expéditions aventureuses de ses corsaires ^

Outre les rapports maritimes qu'elle s'est créés avec plusieurs points du littoral, Scherschel, Delly, Djigelli, Collo, Benixillia, la ville d'Alger a des relations commerciales très-suivies avec les royaumes de Naples et de Sardaigne, et tous les pays de la iMéditcrranée. Depuis l'année 1836, elle a fait aussi dans le Levant quelques envois qui ont eu un heureux succès -.

Quant aux autres ports de la Régence, ils ont un commerce beaucoup moins étendu , bien que très - avantageux et susceptible d'une grande augmentation. Oran, creusé par la nature , vers

' Alger est situé à o' 4^' 25" de longitude orientale, et à 36° 4?' ^5' ^^ latitude nord, d'après les observations de M. le capitaine Rozet. — Voyage dans la régence d'Alger, pendant les années i85o et i85i. T. P', p. 9.

- Tableau des ètablissemens français dans fAlgèric, U= part., cb. XXIV, p. SSy et 34i.

les confins maritimes de l'empire de Maroc , presque à l'entre'e du détroit, et à une demijournée de Gibraltar , fait des échanges avec les Marocains de la c(")te de llilfa, de nombreuses expéditions pour Carthagène et les Baléares, et quelques affaires avec fltalie '. ^

Bougie et Bone, les deux points les plus rapprochés du territoire de l'ancienne Carthage et de la Péninsule et des îles Italiques, correspondent plus particulièrement avec Tunis , Tabarca, Malte, Naples, Livourne et les ports de la Sicile et de la Sardaigne. Ces deux villes ont aussi des rapports assez fréquens avec le littoral de l'Espagne et la grande et la petite Baléare -.

Le port de la Calle, par son heureuse position, au fond d'une vaste baie située à l'extrême limite de nos possessions du côté de Tunis, est appelé à devenir une station commerciale d'une haute importance. Pendant près de deux siècles, il a été le siège des opérations fort étendues de

' Situation des établissemens français ^ p. 357 ^^ 348-

La ville de Mostaganem , « riche de produits naturels, comme le font observer les rapports officiels, fournira aux consommations d'Oran et aux exportations par celte ville ».

' Tableau des ètablissemens français y p. SSj et 548.

Un petit nombre de vaisseaux, venant de l'Espagne, de la Sicile et des Etats sardes, sont entrés dans le port d'Arzew, en 1857.

l'ancienne compagnie française d'Afrique ^ La pèche du beau corail, qui abonde sur la côte, a toujours entretenu dans ses mers une grande activité. En 1836, le port de la Calle a été fréquenté par 235 bateaux corailleurs, sardes,

' Voyage en Barbarie, par l'abbé Poiret. Impart.;, lett. II, p. 7 et 8.

u. On appelait concessions d'Afrique les ctabli^emens français formés sur la côte de Barbarie, en vertu du traité de commerce conclu sous le règne de Rair-ed-din , frère du fameux corsaire Barbcrousse et sou successeur , traité qui accorde à la France, i" le privilège exclusif de la pêche du corail le long de la côte d'Algérie ; 1° l'exportation annuelle d'une certaine quantité de grains, ainsi que des cuirs, des laines et autres productions du pays. Comme l'origine de ces établisseraens remonte à l'année 1 520, elle est antérieure à l'invasion des Turcs dans l'Afrique septentrionale.

» En \']^i, les concessions d'Afrique qui, en vertu d'un arrêt du conseil d'état du 4 juin 17 19, se trouvaient comprises dans le privilège de la compagnie des Indes, en furent distraits pour être livrées à une compagnie spéciale dont le siège était à Marseille , et qui en retira de grands profits. Il est vrai de dire que ces avantages étaient chèrement payes aux régences d'Alger et de Tunis, par des redevances annuelles que des traités souvent renouvelés ont toujours consacrées.

'» Outre son établissement de la Calle , la compagnie avait des comptoirs à Boue , à Collo , et , en dernier lieu , à Tabarca, ville de la régence de Tunis. Elle jouissait d'une grande prépondérance dans la contrée , à cause du bien-être qu'elle y répandait pad' ses achats, et ses troupeaux paccageaient paisiblement à plusieurs lieues. Ses opérations commerciales profitaient

napolitains, toscans, espagnols. Malheureusement il ne s'est pas présenté dans le cours de la même année, plus de dix embarcations françaises pour prendre part aux travaux de ces étrangers, quoique l'administration ait fait remise entière à nos marins des droits acquittés par les autres pêcliMirs ^

Tels sont les pays et les ports avec lesquels l'Afrique française entretient les communications les plus actives. Cependant là ne se bornent pas ses relations commerciales qui commencent à s'étendre dans toutes les mers et chez tous les peuples marchands.

Le mouvement général de la navigation, en 1837, a compris 3,365 bâtimens jaugeant 228,077 tonneaux, et portant 24,915 hommes d'équipage. Parmi ces navires, 1,129 étaient français , 1,032 algériens, et 1,204 étrangers. Nos ports de l'Océan, Bordeaux, Nantes, le Havre, etc.,

à nos provinces du midi, auxuuelJes elles procuraienl des matières premières utiles , et à notre navigation pour laquelle elle fut long-temps une excellente école de matelots. » — Tableau des ètablissemens français dans V Algérie, 1"" part., p. g6, 97, et II" part., p. 556, 357.

' Situation des ètablissemens français., II* part., ch. XXIV, p. 357.

Depuis i852, le nombre des corailleurs, et par conséquent les produits de la taxe , se sont augmentés d'année en année jusques et y compris i856. — Ibid., p. 356.

autrefois sans rapports avec les côtes du littoral africain , y avaient envoyé 27 bâtimens. Marseille , Toulon , l'ile de Corse et les autres ports de nos provinces du midi avaient expédié 616 navires pour la même destination.

Des bâtimens étrangers, 118 étaient venus de l'Angleterre et de ses possessions dans la Méditerranée, 25 de TAutriSe, 358 de l'Espagne et des îles Baléares, 22 de la Suède et de la Norwège, 21 des ports de la Russie dans la Baltique et la mer Noire. Enfin on en comptait 76 des États sardes, 123 de la Toscane, 5 des États romains, 172 des Deux-Siciles, 4 de la Grèce et de l'Egypte, et 65 de Tripoli, Tunis et Maroc.

Ce dénombrement, par ordre de provenance, suffit pour montrer qu'elle a dû être , en général, la destination des navires sortant des ports de l'Algérie

' Tableau officiel des ètablissemens français , IP part., ch. XXV, p. 545, 546, 548 et 55i.

vu.

PROGRESSION TOUJOURS CROISSANTE DES IMPORTA- TIONS ET DES EXPORTATIONS GÉNÉRALES. — COM- MERCE INTÉRIEUR.

Voyons maintenant quel a été le mouvement des importations et des exportations générales du commerce depuis la conquête.

VALEURS DÉCLARÉES EN DOtfANE.

ANNÉES

Importations.

Exportations.

6,5o4,ooo »

1 5479;6oo »

Mais il faut défalquer de la totalité des importations les objets destinés à la consommation de l'armée. Par exemple, la valeur de ces articles particuliers étant estimée pour l'année 1837 h 10 millions, il restera 23 millions pour le commerce proprement dit.

Une autre remarque importante, c'est que dans les 33,055,246 fr. 09 c. formant la valeur totale des importations de cette dernière année , les envois de la France ont compté pour 20,663,970 fr., à savoir : 15,443,535 fr. 37 c. en produits du sol , et 5,520,434 fr. 98 c. en marchandises provenant des entrepôts. Le surplus , déduction faite toutefois d'une somme de 379,592 fr. 66 c. pour les articles restés en entrepôt, constitue la part des expéditions de toutes les puissances étrangères.

Il ressort de la comparaison des élémens collectifs du commerce que les envois de la France, qui avant l'occupation et pendant les premières années s'élevaient à peine à la moitié des importations générales, ont été par rapport à celles de l'étranger,

Eq i855, comme 8 à 7j Eq i856, comme ii à8; En 1857, comme 20 à 12 ',

' Tableau de la situation des ètablissemens français dans V Algérie, II" part., cli. XIV, p. 020 et 35i.

Si, d'un autre côté, on recherche quelle a été la proportion du commerce de la France et de l'étranger aux importations générales, on obtient les résultats suivans :

IMPORTATIONS l835. i836. iBS-.

, -p-, [ productions du pays. . 33 o/o 4^ o/o 5o o/o

(mardi, d'entrepôt... 20 18 i5

de l'e'tranger 4? 4' 35

Par où l'on voit que, dans les trois dernières années, le commerce général a reçu une si forte impulsion qu'il a augmenté du double, et que la consommation des produits français s'est accrue de 17 p. 0/0, tandis que celle des produits étrangers a baissé de 12 p. 0/0.

Les rapports officiels expliquent cette heureuse augmentation « par l'accroissement delà population civile , dans laquelle les étrangers entrent pour plus de moitié * et forment autant

' Situation des ttablissemens français , IP part., p. 55i.

« Il est à remarquer, en outre, que la consommation des nalionanx eux-mêmes n'est pas, comme on l'« dit, un simple déplacement. Un Français (jui se transporte en Afrique y devient nécessairement plus producteur et, conséqucmiment , consomme plus qu'en France ; et d'ailleurs le déplacement de la consommation par les échanges, les transports, la circulation des capitaux qu'il entraîne, et le travail qu'il procure , est un accroissement de richesse 3 et ceci aide à expliquer comment le commerce de

de consommateurs nouveaux, par le développement qu'ont pris les constructions, les établissemens industriels et l'agriculture, et, en dernier lieu , par une plus grande recherche des produits européens de la part des Arabes».

L'approvisionnement du nord de l'Afrique , enfarinés, vins ordinaires, denrées coloniales, épices préparées, produits chimiques, parfumeries , savons, peaux ouvrées, mercerie , orfèvrerie, coutellerie, faïence, verreries, meubles , instrumens aratoires , outils , sellerie , armes blanches et à feu , etc., est fait exclusivement par la France. Quoique celle-ci , en ce qui touche les autres articles d'importation, soit restée jusqu'à présent en seconde ou en troisième ligne, elle obtient chaque jour des avantages miarqués sur la concurrence étrangère, qui ne peuvent manquer, dans un temps plus ou moins rapproché, de lui assurer la prééminence commerciale sur tous les marchés de l'Algérie.

La part de la France, dans la consommation des tissus de laine , bornée en 1832, à 33 p. 0/0, a été trois fois plus forte, en 1837, que celle des autres pays de fabrique. Ses importations en tissus de soie, se sont accrues, d'une époque h

rAlgérie, déjà si fort au-dessus de ce qu'il était avant la conquête, offre tant d'intérêt au midi de la France. » — Tableau qffi~ cielj p. 55o.

l'autre, relativement à celles de l'étranger, de 40 à 80 p. 0/0. Et si la progression a été moins forte dans le commerce des tissus de coton, le placement des articles de provenance française , en ce genre , n'en a pas moins augmenté de 1 1 à 20 p. 0/0, malgré la prédilection bien connue des Arabes pour les produits des manufactures de l'Angleterre ^

Voici conunent les importations de toute espèce se sont réparties entre les ports les plus fréquentés de l'Algérie.

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