NOUS AVONS MALGRÉ TOUT L’IDÉE D’'EN FAIRE UNE VRAIE COLONIE
En effet, si le Sénégal doit rester à Jamais une colonie
de comptoirs, comme 1l l’estaujourd’hui, à quoi bon nous
enfoncer si loin dans les terres, y fonder des postes coùûteux, faire d'énormes dépenses d'hommes et d'argent pour aller chercher à des centaines de kilomètres des marchandises que nous recevions jadis à la côte? Si, au contraire, nous nourrissons d’autres projets, sinous voulons, comme je le suppose, en faire une vraie colonie, reprenons, dès à présent, des études déjà faites et lançonsnous après examen, mais alors sans défaillance, dans une voie qui sera féconde en résultats.
Tant qu'on n’a pas colonisé un pays, 1l est imprudent de croire qu'il vous est désormais acquis. Nous sommes censés, il est vrai, posséder un immense territoire que nous dénommons « Sénégal et dépendances », mais nous
ne le cultivons pas. Nous n’y sommes que des hôtes de
passage et, si demain nous en étions chassés, il ne resterait dela France ni famille, ni langue, n1 plantations, rien qu'un commerce qui deviendrait anglais ou allemand, selon l’occasion, car le commerce est essentiellement cosmopolite. Je voudrais donc que tout en pénétrant le plus
Join possible dans le continent noir, on ne négligeât pas
He
les lieux les plus rapprochés de la côte dont les terres 2 À fertiles offrent un défrichement facile. , Ne: