LES MISSIONNAIRÉS DU SAINT-ESPRIT NOUS ONT FAIT RENDRE LE SÉNÉGAL
A la fin du xviu° siècle, deux missionnaires de la « Société du Saint-Esprit », MM. Bertoux et de Glicourt, avaient prêté un concours des plus efficaces pour faire rendre à la France notre colonie prise par les Anglais. Pour les récompenser de leur zèle, le gouvernement accorda à leur société de s’établir au Sénégal ; une préfecture apostolique fut créée en 1779 et M. de Glicourt fut mis à sa tête. |
Les événements qui signalèrent la fin du xvin* siècle et le commencement du xx’, la reprise de notre colonie par les Anglais qui la gardèrent de 1809 à 1817, l’instabilité de notre situation politique enrayèrent pendant longtemps les efforts des Missionnaires.
Mais, en 1833, le concile de Baltimore appela de nouveau l'attention de la congrégation de la Propagande sur la côte d'Afrique et M. Barron, alors grand-vicaire de Philadelphie, fut envoyé vers une colonie africaine qui était venue se fixer au cap des Palmes.
M. Barron, arrivé sur les lieux,se rendit compte du lamentable état de ces populations, vint à Rome et y fit le récit des misères qu’il avait vues. Il fut nommé vicaire apostolique des deux Guinées et partit pour sa nouvelle mission en 1842, accompagné d’un prêtre irlandais et d'un catéchiste.
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M. Barron ne tarda pas à reconnaitre que son œuY avait besoin de prosélytes et qu'il ne PO EES suffire se ul à sa tâche. (EN S
Il s’adressa done en 1843 à M. Des Cenctoe curé de.
Notre-Dame-des-Victoires, et celui-ci le mit en rapport avec le père Liberman, qui venait de fonder une petite : à congrégation pour évangéliser les peuples infidèles.
L'abbé Liberman était né à Saverne, en 1804, de pa rents israélites, et lui-même ne s’était converti à la reli- ee gion chrétienne qu’à l’âge de vingt-deux ans. cave . : .
C'était une belle âme, ouverte aux grandes idées, RSR pleine de foi et d'enthousiasme et quiambitionnait d'ame- & ner au Christ les peuples qui ne le connaissaient pas. pe ‘2 porta instinctivement les yeux sur l’Afrique. Elle P'OTEE AS fermait des multitudes innombrables plongées dans la barbarie et l'ignorance dela vérité, qui portaient peut- être n # - | sur le front le poids d’une malédiction antique, et c’é était à lui, fils aussi de maudits, qu'il appartenait de régénérer par le baptême la race des fils de Cham. +0 2
On peut dire qu’il se prit d'amour pour cette terre qi cachait encore ses secrets. La rencontre Pr de M. Barron et du père Liberman eut pour effet l'envoi È
immédiat de jeunes missionnaires.
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mes, mais 1! était dit que l’œuvre de Dieu serait dès l’ori-
gine en butte aux tribulations.
Les Missionnaires arrivèrent au milleu de populations hostiles et ne tardèrent pas à succomber aux rigueurs du chmat,.
Bien que cruellement éprouvé par la perte de ses enfants, le père Liberman ne se découragea pas et, en juillet 1845, 1l envoyait d’autres missionnaires. Les pères Briot, Arragon et le frère Pierre débarquèrent à Gorée pour se fixer quelque temps à Dakar.
Le père Tisserand, leur préfet apostolique, était parti avant eux Sur le navire à vapeur le Papin qui fit naufrage et disparut corps etbiens.
Dans le courant de décembre de cette même année, les pères Lossédat et Warlop et le frère Siméon descendaient à Dakar et jetaient les premiers fondements de la Mission et de la ville actuelle.