‹ De la colonisation du SénégalChapitre 26 sur 63 · PREMIÈRE EXPLOITATION AGRICOLE DE N'GAZOBIL · texte numérisé non relu

PREMIÈRE EXPLOITATION AGRICOLE DE N'GAZOBIL

A 129 kilomètres environ de Dakar, en suivant la côte par le 14° delatitude nord et le 49°,14 de longitude ouest, à 4 kilomètres de Joal, s'élevait à cette époque une forêt de broussailles que dominaient de leurs troncs trapus de gigantesques baobabs.

Alentour, la solitude était profonde. Nulle trace de pied humain n’y décelait la présence de quelque vivant; mais quand la nuit descendait sur ce coin d'Afrique, la brousse entière tressaillait de lugubres hurlements,

A la clarté des étoiles, des éléphants faisaient d’énormes trouées dans les hautes herbes et s’ébranlaient en masse se dirigeant vers une source qui garde encore le nom de « fontaine des éléphants ». Ils s’éloignaient ensuite à pas lents et les lions, les tigres et les panthères s'avançaient à leur tour. Leurs corps fauves faisaient des

mr US ondulations sur les fourrés d'un profond re ravin, de aie vés au sommet du coteau où se dresse maintenant la « mission, ils fixaient leurs yeux étranges sur l'Océan qui grondait à leurs pieds, poussaient un dernier eri rauque et s’enfonçaient de nouveau dans des ténèbres pleines | d'horreur. j Ce fut cet endroit vraiment sauvage, en plein pays d Sine que M5 Kobès choisit. Il y avait là une abondante. moisson à faire, car les noirs du Sine sont létichistes… Les missionnaires éprouvèrent tout d’abord des diff cultés de la part du roi de la contrée, type accompli du Fe vrai Sauvage, qui voyait des espèces de sorciers dans ” ces hommes à robe noire. Toujours ivre de sangara (boisson faite avec de l'alcool, du poivre et du piment pilé) il laissait ses tiedos (guerriers) s’arroger le droit de. pénétrer Lbrement dans les cases, de les piller selon l'oc- > casion et d'amener en esclavage les récalcitrants. à: Il était défendu d’avoir des clôtures ou des portes dans les villages de ce potentat nègre. Il envoya un de ae. tiédos dire à Ms Kobès qu'il ne l’autoriserait jamais à cons-. truire sur ses terres une maison qu'une balle ne pour- e rait traverser. eh:

La réponse de l’évêque fut l'envoi en mars 1850 du père Chevalier à N'Gazobil, tandis que le père Arlabone ‘LR remontait le Sénégal et allait fonder une nouvelle mis= $ où sion dans le haut fleuve, au pays de N'Galam. DS. Le père Chevalier commença à faire défricher le ter- à + É rain de N’Gazobil et, pour se conformer aux exigences | #4 royales, construisit en attendant quelques cases de paille pour s’abriter. |

CAS jen Eee

Le roi du Sine, Amat Diouf, ne fit d’abord aucune

difficulté ; mais quand les cases furent achevées, un incendie causé par malverllance ou par hasard dans la

brousse détruisit le premier établissement des missionnaires.

. Le père Chevalier, sans se laisser abattre, recommencça

à construire de nouvelles cases, gagna peu à peu la sympathie des noirs et parvint avec leur aide à défricher

le ravin au-dessus duquel s’élève actuellement la mission. Il instruisait les enfants et leur faisait consacrer leurs heures de loisir à la culture.

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