ILS RECOMMENCENT LES PLANTATIONS
Quelques jours après, avec une constance digne d’éloge,
il recommencça les plantations. Les cotonniers ravagés en décembre avaient déjà reverdi en janvier et on espérait qu'une seconde récolte dédommagerait un peude la perte de la première, mais la mission n’était pas au bout deses peines. |
D'autres sauterelles, d’un jaune repoussant, s’étendi- rent sur la terreet y déposèrent une quantité d'œufs. Dès leur éclosion, tous les pieds furent mangés et la récolte anéantie.
: . Le 14 janvier de cettemêmeannée 1866, l’église de Joal, située à quatre kilomètres de N’Gazobil, puis, le même jour, le village de Saint-Michel de la Fasma devinrent la proie des flammes. Sur ces entrefaites, une épizootie dé-
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truisit le troupeau des pères et, pour couronner toutes ces calamités, une épidémie de fièvre jaune enleva presque tous les missionnaires. |
Voilà par quelles épreuves sont passés ces modestes pionniers qui n’ont pas d'histoire officielle et que je me fais un plaisir de retracer parce que personne encore ne les a racontées.
Eh bien! je vous le demande, quel est l’agriculteur, le commerçant ou l'industriel qui auraiteu le courage de reprendre des essais de culture après de tels malheurs.
Et pourtant, il faut le dire, à leur gloire, ces hommes ne se sont pas laissés abattre. Il semble que le gouvernement aurait dû faire quelque chose pour eux, leur offrir une compensation quelconque pour recompenser leurs tentatives de colomisation. Il n’en fut rien. Alors, avec leurs seules ressources, ils ont recommencé sur une étendue restreinte leurs premiers essais et, pour prouver leur ténacité, qui est d’ailleurs aujourd’hui couronnée de succès, je vais rappeler ce qu'ils ont fait depuis au Sénégal.