‹ De la colonisation du SénégalChapitre 50 sur 63 · NOUS AVONS TORT DE PROTÉGER L'ISLAM · texte numérisé non relu

NOUS AVONS TORT DE PROTÉGER L'ISLAM

Nous devions, d’après nos principes, respecter une : religion établie, mais il était mutile et dangereux pour

nos intérêts de la laisser se propager. Les événements se chargent tous les jours, d’ailleurs, de démontrer la vérité de ce que j'avance 1e1. Que faut-il penser de notre inertie en face de la prédication musulmane encouragée au sem de populations qui sont sous notre dépendance ? J'ai entendu des hommes sérieux soutenir avec conviction que ne pouvant faire nous-mêmes l’œuvre complète de la civilisation dans l'Afrique Occidentale, 1l fallait la laisser faire à l’islamisme qui préparerait d’abord les voies. C’est là un sophisme d'autant plus dangereux qu’il se targue

d'être scientifique et humanitaire et qu'il est, à son insu,

antinational.

Nous avons, à l'égard des sauvages, une philanthropie singulière qui consiste à leur laisser croire qu'ils sont

nos supérieurs par l’idée.

La première influence n’est pas celle des armes, mais

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bien l'influence des idées. Qui mieux que nous devrait savoir qu’un joug imposé par force peut être secoué un jour ou l’autre ? Qui plus que nous a le respect, la terreur même de l'opinion ?

Que penser de notre apathie, de notre sérénité enfantine en face de l’islamisme triomphant partout? Il ne faut pas d’ailleurs accuser un gouvernement plutôt qu’un autre. Sous tous les régimes, nous avons usé d’une philanthropie qui confine à la niaiserie, car nous l'avons élevée à la hauteur d’un principe.

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