II. — Situation financière des syndicats
Si l’effectif des syndicats est nombreux, leur situation financière par contre est, en général, loin d'être prospère. Chaque année, au cours d’assemblées générales, les trésoriers de chaque syndicat rendent compte de leur gestion ; l’actif qu’ils accusent est non seulement très variable, suivant les établissements, mais il est surtout soumis à des fluctuations trop rapides pour qu’il y ait intérêt à citer ici des chiffres. D’une manière générale on peut dire que les ressources de tous les syndicats sont très minimes. Gela n’a rien qui puisse étonner, étant donné la modicité des cotisations, qui constituent en fait l’unique source de revenus, et d’autre part les nombreuses indemnités accordées aux syndiqués, ainsi que les dépenses relativement considérables, entraînées par l’organisation des assemblées ou fêtes syndicales. Après deux ou
relevé diverses inexactitudes parmi les renseignements contenus dans cet annuaire.
trois jours de grève un peu étendue la caisse d’un syndicat est le plus souvent complètement vide (i).
La situation financière des fédérations est encore moins brillante. La fédération des tabacs publiant trimestriellement le rapport de sa commission de contrôle, il est facile de s’en rendre compte. Voici quelle était la situation au 31 décembre 1901 (Echo^ février 1902) :
Comptes (kl ^6 semestre 1 901
liecettes :
Cotisations .
Journaux .
Total .
En Caisse .
Total .
Dépenses .
Différence .
Silnatiou :
Caisse d’épargne. . , .
En dépôt .
Verrière ouvrière. . .
Total .
Espèces .
Avoir au 5i décembre 1901 : 2.008 fr. 65
La fédération des allumettiers ne publie pas sa situation ; au cours des congrès les livres de caisse de la fédération sont simplement mis à la disposition dos délégués par le trésorier général et aucun renseignement n’est imprimé dans le compte rendu. Les res*
1. Les fonds sont généralement déposés dans les caisses d’épargne .
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sources sont d’ailleurs nécessairement restreintes, car les cotisations réglementaires sont très minimes.
La situation financière des syndicats et fédérations est évidemment trop précaire pour permettre de subvenir aux frais de grève et cela inquiète depuis longtemps les intéressés.
En 1897, au cours du congrès des tabacs, un membre du comité centi*al parlant de la création récente de la caisse de réserve disait : « Ce sera la force de notre (( fédération parce que l’administration dira comme « je vous l’ai dit : ils ont de l’argent, il ne faut pas « les attaquer » (E'c/m, janvier 1897); mais la caisse de réserve ne contenait au 31 décembre 1900 que 2.!248 fr. et d’après le dernier bilan elle serait vide.
Pour remédiera cette situation, le congrès de 1899 a créé une cotisation spéciale dite « le sou de grève » imposée à tous les syndiqués pour soutenir les grèves locales. Auparavant, lorsqu’une grève éclatait, la fédération faisait appel à tous les syndicats, les invitant à prélever des cotisations extraordinaires au profit des grévistes. On régularisa cette situation grâce à l’établissement d’un véritable impôt de grève ; la cotisation journalière a été fixée en 1901 à 0 fr. 15 par homme et 0 fr. 10 par femme, pendant la durée des grèves; les versements doivent être adressés tous les trois jours au comité central.
Le dernier congrès a déjà été obligé de réduire à 1 fr. 50 pour les hommes et à 1 fr. pour les femmes, les indemnités journalières des grévistes, primitivement fixées à 2 fr. et à 1 fr. 50. l)e plus, les fonds du
SOU de grève paraissent rentrer difficilement et la caisse de résistance qui devait recueillir les excédents n’a pu être constituée.
Les ouvriers allumettiers ne paraissent pas mieux armés. Il n’est donc pas douteux que les fonds dont disposent l’une et l’autre fédération ne soient tout à fait insuftisants pour subvenir aux charges des grèves un peu prolongées ou surtout d’une grève générale. Le promoteur du projet de grève générale des tabacs luimême a déclaré : « Il faut que les camarades envisa- « gent personnellement la résistance à opposer à (( partir du moment où la grève générale arrivera, car « les sommes que nous aurons en caisse ainsi que « celles qui viendront de France et de l’étranger, ne (( suffiront pas à payer les indemnités de grève, si la « lutte dure quelque temps » (Echo, décembre 1899).
En effet le véritable fonds de résistance est constitué par l’épargne, que l’élévation du taux des salaires permet à la grande majorité du personnel de réaliser. Si les syndicats sont pauvres, les syndiqués en général, ont quelques économies. Cela explique comment certaines grèves locales ont pu durer plusieurs semaines malgré la modicitédes subventions, comment les grèves générales des allumettiers ont [)u, à diverses reprises déjà se produire et se prolonger, pourquoi enfin une grève générale de tous les ouvriers des manufactures de l’Etat est possible.
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III, — Moyens d’action des syndicats
Le comité central, dans Tu rie et l’autre fédération est l’àme de l’organisation ouvrière; c’est lui qui propage l’idée syndicale, qui veille au maintien de Tunion et de la solidarité entre les syndiqués, qui prend l’initiative des revendications et donne les mots d’ordre.
Le comité central est composé, d’ouvriers et d’ouvrières appartenant aux établissements situés à Paris et qui reçoivent chacun mandat d’un établissement de province.
Chaque délégué est en correspondance avec le bureau du syndicat dont il est mandataire ; de cette façon le comité central est tenu constamment au courant de toutes les mesures nouvellement prises, des essais tentés ou des incidents qui surgissent. Il peut en informer les autres sections, les consulter ou les conseiller, et maintenir constamment entre tous les syndiqués l’unité de vues et la solidarité qui font leur force.
Souvent aussi le comité central envoie un de ses membres faire des conférences afin de réchauffer le zèle et consolider l’union des syndiqués, expliquer les revendications de la corporation et parfois susciter l’agitation et préparer les grèves. Ce sont des conférenciers, délégués par le premier comité central, qui, ainsi que nous l’avons exposé, ont été presque partout les promoteurs des syndicats.
Le comité central est aussi l’agent d’exécution de la fédération ; il gère ses biens et fait toutes les démar-
elles auprès de l’administration, du gouvernement et du Parlement ; il se tient en relation avec les autres corporations, prend part au mouvement socialiste, et dans la mesure de ses movens subventionne les grèves. Ce sont les délégués choisis dans son sein qui représentent la corporation dans les innombrables réunions et congrès où la classe ouvrière tient ses assises. Enfin le comité central des tabacs est chargé de la rédaction de l’organe de la corporation : VEclio des tabacs.
Le comité central est élu par les délégués de pro¬
vince reunis en congres.
Les congrès des allumettiers se tiennent successivement dans chaque ville où est située une fabrique. Ils sont jusqu’ici bis annuels. Les congrès des ouvriers des manufactures de tabacs ont lieu tous les ans à Paris. Le comité central y rend compte de son mandat, soumet le bilan de sa gestion, et communique un rapport moral où sont relatés dans l’ordre chronologique toutes les démarches qu’il a faites, tous les incidents à propos desquels il est intervenu. C’est au cours de ces congrès que les ouvriers et ouvrières, venus de province, prennent contact, échangent leurs vues et leurs aspirations, discutent leurs intérêts et votent souverainement les décisions qui intéressent la fédération (I). Le comité central puise dans ces votes l’autorité nécessaire pour agir auprès de l’administration et
I. Le plus souvent les questions discutées au Congrès sont soumises longtemps à l’avance à l’étude des sections et les délégués sont envoyés au Congrès avec des mandats impératifs
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des pouvoirs publics en qualité de représentant autorisé du personnel ouvrier des manufactures de l’Etat.
Avant chaque congrès, les sectioas rédigent leurs cahiers particuliers de revendications ; les délégués réunis formulent en outre les revendications d’ordre général. A l’issue du congrès ils sont reçus, accompagnés de membres du comité central, par le directeur général et par le ministre à qui ils peuvent donner, au sujet de leurs revendications, les explications verbales qu’ils jugent utiles. Des journalistes assistent aux séances du congrès et rendent compte dans la presse de ses travaux. Des hommes politiques, des députés, sont convoqués aux principales réunions et y prononcent volontiers des discours. Les congrès acquièrent ainsi une indéniable importance et constituent pour les fédérations un puissant moyen d’action.
Lorsqu’on parcourt les « rapports moraux )> dont nous avons parlé, il est impossible de n’être pas frappé de l’activité et de l’extrême ténacité dont les comités centraux n’ont cessé de faire preuve depuis dix ans. Les comités ont pour système de revenir sans cesse sur les mêmes questions et les mêmes discussions. Ils renouvellent indéfiniment les mêmes réclamations et surtout, auprès des ministres, ils ne se lassent pas de les reproduire, et ne considèrent jamais comme définitives les réponses qui leur sont données ; à chaque audience ils rééditent leurs revendications antérieures sans apporter aucune justification nouvelle. On pourrait presque croire qu’ils comptent moins sur la valeur
de leurs arguments que sur une suiqirise, ou sur la
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lassitude qui peut résulter de cette sorte d’obsession; (( ne vous lassez pas, lassez plutôt les autres, c’est encore le meilleur moyen de réussir » s’écrie un des chefs de la fédération au cours d’une conférence (Echo, juillet 1899).
Dans ces derniers temps il avait fini par se produire de véritables abus. Sans cesse des audiences étaient sollicitées, tantôt du directeur général, tantôt du ministre, pour leur soumettre non seulement des questions d’intérêt général, n’ayant souvent aucun caractère d’urgence, mais aussi des réclamations locales, parfois à l’insu des directeurs misen cause, à tel point que récemment le secrétaire général de la fédéi’ation lui-même déclarait : «je veux bien et j’en conviens que les sections ont trop abusé du comité central » [Echo, mars 1901). Les bureaux du syndicat ont suivi ces exemples. Ils ont même émis la prétention d’être les seuls porte-paroles autorisés des revendications ouvrières et les intermédiaires nécessaires de toutes les réclamations adressées aux ingénieurs ou directeurs, de préférence en dehors de la présence des ouvriers intéressés.
Tout était prétexte à ces démarches, au cours desquelles les questions les [)lus diverses étaient abordées et qui, pai' leur fréipience et par leur durée, prenaient en certains établissements une place pré[)ondérante dans les occiqialions des employés supéi’ieurs.
C’est parce (pie l’ordi’e de service du 30 octobre 1900, (pii réglennmte les rapports du personnel avec ses chefs, a délini et limité le rôle des bui'caux des
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syndicats et des comités centraux, qu’il a excité à un si haut degré le mécontentement des fédérations, et qu’il est communément qualifié de c( liberticide )^.
Presque toujours les revendications ouvrières soulèvent des questions budgétaires, dont la solution dépend du Parlement. Les comités centraux l’ont compris, et, depuis plusieurs années, sans ralentir leurs démarches auprès de l’administration et du ministre, ils s’adressent aussi directement au Parlement, en particulier au groupe socialiste, à la commission de prévoyance et à la commission du budget.
(( Le comité central, écrivait le secrétaire général (( de la Fédération, épuisé [)ar ces démarches, a cru (( devoir, cette année (1898), non-seulement déposer (( ses revendications à l’administration, mais frapper (( aussi à la porte du Parlement, en lui soumettant « un rapport très détaillé sur la situation actuelle des
« travailleurs des tabacs . Nous osons espérer que
(( nous trouverons un peu plus d’humanité de la part « de nos législateurs, que nous n’en avons trouvé (( chez nos administrateurs » {Echo, janvier 1899). D’ailleurs, dès sa fondation, la Fédération des tabacs avait senti la nécessité d’attirer sur elle Fattention de la Chambre, et elle lui avait adressé en 1890 sa pétition relative à la question des retraites.
Depuis, les syndicats se sont toujours efforcés de se ménager des accointances au Parlement.
Au Congrès de 1897 un délégué disait : « Au renou- « vellement de la Chambre, nous devrons faire une « pression sur nos députés, et nous ne devrons pas
« pour cela nous en rapporter seulement au comité
central, mais à nous tous, afin que nous puissions « les faire engager solennellement à soutenir nos re- « vendications » (Echo, septembre 1897).
Aussi, à diverses reprises, des démarches ont-elles été faites par des députés auprès du directeur général et auprès du ministre, et chaque année, au moment de la discussion du budget, des orateurs éloquents viennent défendre à la tribune la cause des ouvriers des manufactures de l’Etat.
Les comités centraux comptent enfin beaucoup sur les interpellations dont ils ont souvent menacé plusieurs chefs de service.
Récemment encore, le Congrès de 1900 décida, au sujet d’un incident minime, d’envoyer une lettre au ministre, pour lui dire que s’il ne pouvait pas donner satisfaction aux ouvriers, « ils se verraient dans Eobligation de s’occuper d’une interpellation à la Chambre » (com[)te-rendu du Congrès, Echo, juin 1900).
Les syndicats des ouvriers des manufactures de l’Etat tirent aussi un grand parti de l’action de la presse.
Des journalistes sont invités à assister non-seulement aux séances des congrès, mais à toutes les réunions importantes de Paris et de province. Les syndicats apportent dans les bureaux de l’édaction leur version des moindres incidents qui surgissent dans les manufactures, aussi bien que des contlilset des grèves. A diverses reprises ils ont suscité, contre certains de leurs cht'fs, des campagnes extrêmement violentes.
La Fédération des tabacs [lossèdi', en outre, comme
nous l’avons dit, un organe mensuel, intitulé YEcho des tabacs, fondé en 1895. Ce journal est vendu 0fr.05 à tous les syndiqués, 0 fr. 10 aux ouvriers non syndiqués et aux personnes étrangères aux manufactures. Il est adressé gratuitement à tous les membres du Parlement ayant une manufacture dans leur circonscription. 11 est tiré .à 10.000 exemplaires; sa vente est, avec les cotisations, la principale ressource de la fédération.
L’Echo des tabacs contient, d’une part, des articles de fond se rapportant à la question sociale, des publications intéressant la classe ouvrière (lois, décrets, règlements relatifs au travail, comptes rendus des séances de la (chambre et du Conseil supérieur du travail, statistiques) ; des articles de fond traitant de questions générales ou commentant des incidents et des mesures se rapportant aux manufactures de tabacs.
D’autre part, chaque section collabore en adressant des lettres sur des sujets locaux; dans ces communications, qui sont écrites souvent sur un ton extrêmement violent, des préposés, des ingénieurs et des directeurs sont pris à partie. On insère aussi le récit des assemblées ou des fêtes syndicales et le texte des conférences faites par les délégués. Enfin, la partie la plus importante du journal est consacrée au compte rendu in extenso des séances du congrès (1), des réunions
1. Depuis un an on ne publie plus qu’un compte rendu analytique .
du comité fédéral, des démarches faites auprès du directeur général et des pouvoirs publics. Le « rapport moral » du comité central y est publié annuellement et le (( rapport financier » trimestriellement.
Souvent il a été question de créer un organe analogue pour les allumettiers, mais ceux-ci ont reculé jusqu’ici devant la dépense qu’occasionnerait la publication d’un journal dont la vente serait nécessairement restreinte.
La création d’un journal commun aux deux fédérations n’a pas abouti non plus, parce que la fédération des tabacs ne consentait à céder qu’une page de VEcho, alors que les allumettiers en réclamaient deux. La fédération des allumettes se borne à publier le compte rendu m extenso de ses congrès, ainsi que le faisait la fédération des tabacs avant la fondation de son journal.
Outre les démarches auprès de l’administration et du gouvernement, l’intervention des députés, les campagnes de presse, les fédérations ont un dernier moyen d’action le seul efficace à leurs yeux : la grève. La menace de grève est leur véritable argument ; les comités centraux cherchent depuis longtemps à en [losséder seuls l’initiative. A plusieurs reprises les congrès des tabacs ont décidé « d’user de tous les (( moyens pacifiques de conciliation, par fintermé- (( diaire du comité central, avant de décréter la grève K s’il y a lieu » (voir [lar exem[)le Echo, mai 11)00). Eu réalité les syndicats locaux sont jaloux de leur autonomie. Tous les chefs de syndicats usent dans la jilus
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large mesure, pour leur compte personnel, de la menace de grève, si bien qne presque toutes les grèves éclatent à l’insu du comité central (1).
L’organisation des grèves n’en est pas moins l’une des principales raisons d’être des fédérations. Un membre du comité central écrit : « Sans le droit de « coalition, on peut se demander à quoi servirait celte « loi sur les syndicats professionnels (Echo^ novem- « bre 1898). Au congrès de 1901 le congrès renouvela le vote du sou de grève (( considérant que la cotisa- (( tion du sou de grève est le lien de solidarité et la (( véritable base sur laquelle repose la fédération i> (Echo^ août 1901). Quant au comité de la fédération des allumettes, à deux reprises déjà, il a suscité la grève de tous les ouvriers allumettiers de France.
il n’est donc pas étonnant que les comités centraux s’efforcent sans cesse, par la menace d’une grève générale, d’intimider non seulement l’administration mais aussi le ministre et même le Parlement.
A la suite du refus d’une audience, considérée par le ministre comme sans objet, le secrétaire de la fédération lui adressait en décembre 1900, une lettre terminée par cette menace « si nous recevions un (( refus de votre part je me verrais obligé de réunir « la fédération qui statuerait, et je ne réponds pas de (( ce qu’il adviendrait » (Er/io, décembre 1900).
I. Ajoutons même qu’à diverses reprises le Comité central a fait de sincères efforts pour empêcher des syndicats locaux de provoquer des grèves. Dans quelques cas récents l’intervention de la fédération a aussi eu pour résultat d’amener une reprise immédiate du travail.
En 1899 le congrès vota la déclaration suivante : « S’apercevant que l’Etat patron, ainsi que les pou- « voirs législatifs, font la sourde oreille, le congrès (( déclare que si satisfaction n’est pas donnée à nos « justes revendications, la fédération répondra par la (( grève générale » {Echo, janvier 1900).
Et, comme pour donner à cette menace plus de solennité en même temps que plus de précision, l’ordre du jour suivant a été voté à l’unanimité au cours de la séance plénière tenue à l’issu du même congrès: (( Si après avoir renouvelé les démarches et employé « tous les moyens d’attente, les travailleurs des « manufactures n’ont pas obtenu satisfaction sur la <L moitié de leurs revendications, la fédération répon- (( dra par la grève générale » {Echo, août 1899).
Le seci’étaire général de la fédération des tabacs termine par ces mots un article intitulé : a Le person- (( nel des manufactures de l’Etat devant le Parlement », article écrit pour la fédération et par ordre : « Le per- « son nel des tabacs à eu conscience d’agir pacifique- G ment pendant que la Chambre a eu conscience « de se moquer de nous! Eh bien! si la grève géné- « raie éclate aujourd’hui ou demain, messieurs ne « soyez pas surpris» {Echo, mars 1900).
En résumé, des démarches renouvelées avec une ténacité inlassable, les menaces d'interpellation à la Chambre, les campagnes de presse, enfin et surtout les menaces de grèves et les grèves, tels sont les movens d’action dont usent les ouvriers des manufactures de
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l’Etat, constitués en syndicats pour obtenir les satisfactions qu’ils réclament (1).