De la connaissance de Dieu et de soi-m^eme
Pour bien connoître l'iiomme. il faut savoir qu'il est composé de deux parties, qui sont l'âme et le corps.
L'âme est ce qui nous fait penser, entendre, sentir, raisonner, vouloir, choisir une chose plutôt qu'une autre, et un mouvement plutôt qu'un autre, comme de se mouvoir à droite plutôt qu'à gauche.
Le corps est cette masse étendue en longueur, largeur et profondeur, qui nous sert à exercer nos opérations. Ainsi, quand nous voulons voir, il faut ouvrir les yeux; quand nous voulons prendre quelque chose, ou nous étendons la main pour nous en saisir, ou nous remuons les pieds et les jambes, et par elles tout le corps, pour nous en approcher.
11 y a donc dans l'homme trois choses à considérer
l'âme séparément, le corps séparément, et l'union de l'un et de l'autre.
Il ne s'agira pas ici de faire un long raisonnement sur CES choses, ni d'en rechercher les causes pj^o fondes * ; mais pllutôt d'observer et de concevoir ce que chacun de nous en peut reconnoître en faisant réflexion sur ce qui arrive tous les jours, ou à lui-même, ou aux autres hommes semblables à lui. Commençons par la connoissance de ce qui est dans notre âme.
' C'est pourtant ce qu'on a fait dans ce traité : aussi l'auteur a-t-il marqué cette expression pour la changer. {Note de l'abbé Ledieu.)