‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 103 sur 207 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

De la substance et de raccident, en général.

Quand Aristote vient au fond des Catégories (Lib. Categ., c. 4 et 5), la première chose qu'il fait, c'est de diviser Têtre en général, en substance et en accident.

Tous les philosophes supposent cette division comme connue par elle-même ; et nous en avons traité, lorsque nous avons expliqué la première division des idées.

La lumière naturelle nous apprend qu'une même chose peut être en diverses façons même contraires, successivement pourtant, et avoir certaines choses attachées à elle. La môme âme peut avoir diverses pensées ; le môme corps peut être en repos ou avoir divers mouvements ; le même doigt peut être droit ou courbé. Les pensées, les mouvements, le repos, l'être

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droit ou Téire courbé ne sont pas choses qui subsistent en eUes-mêmes ; elles sont les affections de quelque autre chose. Il y a donc la chose qui affecte, et la chose qui est affectée ; et personne ne peut comprendre que tout ce qui est, ne soit que pour affecter et pour façonner quelque autre chose. La chose donc qui est proprement affectée et ajustée de telle ou telle façon, est celle que Ton appelle substance ; au contraire celle qui affecte est celle qui est la substance ; au contraire celle qui affecte et celle qui est la façon même est celle qui s'appelle accident. C'est pourquoi Âristote (Métaph., lib. VII, c. 1, 3) a déSni la substance : Ce qui est le sujet; et l'accident : Ce qui est dans un sujet; et encore : La substance, dit-il, est ce qui est, et en qui quelque chose est ; et l'accident est ce qui n'est qu'en un autre, ce qui est inhérent à un autre.

Cette notion est si claire, que tout ce qu'on dirait pour l'expliquer davantage, ne ferait que l'embarrasser. Il faut seulement observer ce qui a été dit plusieurs fois, et qu'on ne peut trop mettre dans son esprit, que ce qui est véritablement et ce qui mérite proprement le nom de chose, c'est la substance ; au lieu que les accidents ne sont pas tant ce qui est, qu^ils affectent ce qui est (Aristot., Métaph., lib. VII, c. 1, 2)» ou, comme on dit dans l'École, ne sont pas tant des êtres, que des êtres d'être. Accidens non tam est ens, quam entis ens.

Selon cela, il paraît qu'il n'y a rien de plus clair que la raison de substance en général, quoique, peut-être, il n'y ait rien de plus inconnu que la nature des substances particulières, dont «nous connaissons bien mieux les accidents et les façons d'être que le fond.

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