‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 105 sur 207 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

De la quantité.

La seconde catégorie d'Aristote est la quantité, c'està-dire rétendue.

Il appelle quantité ce qu'on répond à la question : Combien ce corps est-il grand ? Il est grand de deux, de trois pieds, de deux ou de trois coudées. On détermine par cette réponse la grandeur, la quantité, l'étendue d'un corps.

Aristote distingue ici deux sortes de quantité, dont il appelle l'une continue, et l'autre discrète ou séparée.

La quantité continue est celle dont les parties sont unies ensemble, comme les parties d'un métal, d'un arbre, d'un animal. La quantité discrète est celle dont les parties ne demandent pas d'être unies. Cette quan-

1 Chap. zLTii ci-deflsas, pag. 68.

tité, c'est le nombre, à qui il convient d'être plus oa moins grand, et qui a, par cette raison, une certaine quantité.

On peut compter les choses unies, comme les pieds et les toises de quelque corps ; mais le nombre, loin de demander que ses parties soient unies, les regarde, au contraire, comme séparées.

La géométrie a pour son objet la quantité continue ; et l'arithmétique, la quantité discrète ou séparée.

Des quantités continues, Tune est permanente, et l'autre successive.

La quantité permanente est celle qui convient aux corps, choses qui demeurent et subsistent. La quantité successive est celle qui convient au mouvement, et au temps ou à la durée, dont la nature est de passer toujours.

On a raison d'attribuer de la quantité ou de l'étendue au mouvement et au temps, puisque le temps, qui n'est autre chose que la durée du mouvement, a sa longueur.

Être grand ou être petit, être long ou court, sont les propriétés de la quantité tant permanente que successive.

Mais Aristote remarque très-bien (Lib. de Cat., cap. 6) que ces termes grand ou petit, long ou court au fond, sont termes relatifs, puisque la môme quantité est appelée grande par comparaison à un certain corps, et petite par rapport à un autre.

C'est par cette raison que nous disons : Voilà une grande fourmi ; voilà une petite montagne.

Il en est de môme de la longueur ou de la brièveté. La vie d'un homme de quatre-vingts ans est longue

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