LIVRE III
la conclusion Test aussi ; et que si Tune des prémisses est négative, la conclusion le doit ôtre.
Autrement, la conclusion serait plus forte que les prémisses, qui, toutefois, doivent faire toute la force du raisonnement ; car il y a plus de force à affirmer qu*à nier, et plus de force à établir l'universel que le particulier. Si donc le terme moyen restreint le grand ou le petit terme dans les prémisses, il ne pourra plus conserver sa généralité dans la conséquence ; et si le terme moyen exclut le grand ou le petit terme dans les prémisses, il n'y aura plus moyen de les unir dans leur conséquence.
Cette règle ne prouve pas seulement que dès là qu'une des prémisses est particulière, la conclusion le doit être ; mais qu'elle ne peut pas ôtre plus universelle qu'une des prémisses, parce que la restriction faite une fois dans l'une des deux, dure encore dans la conclusion. Et cette règle s'étend non-seulement aux propositions, mais encore aux termes, qui ne peuvent jamais être pris plus universellement dans la conclusion que dans les prémisses ; autrement on tomberait toujours dans l'inconvénient de conclure plus qu'on n'a prouvé.
SIXIÈME RÈGLE. Le terme moyen doit être pris, du moins une fois, univeneUemeDt«
Elle suit des précédentes : et premièrement, dans le syllogisme afflrmatif, le terme moyen qui doit unir les deux autres, en doit du moins contenir l'un, et par conséquent être universel.
Et pour le syllogisme négatif, il n'a point de force, si dans l'une des deux prémisses le terme moyen n'est
nié du"* grand terme. D doit donc être nécessairemeat l'attribut d'une négative; d'où il s'ensuit, selon la nature des négatives, qu'il est pris universellement.
Car nous avons vu que dans, toutes les négatives, fussent-elles particulières, l'attribut est universel.
QuelqtAe prince rCest pas sage^ ce n'est pas à dire, quelque prince n'est pas quelqu'un des sages; mais quelque prince n'est aucun des sages, est exclu entière^ ment de ce nombre.
Faisons servir maintenant cette négative dans un syllogisme, dont la conclusion soit, quelque prince n'est pas heureux :
Tout heureux est sage ; '
Quelque prince n'est pas sage;
Donc, quelque prince n'est pas heuretAX,
Cette conclusion négative sépare tous les heureux d'avec le prince; ce qui ne se pourrait pas, si la mineure ne l'avait auparavant séparé de tous les sages.
C'est donc une règle incontestable, que le terme moyen doit être au moins une fois pris universellement ; autrement, on ne conclut rien.
Qu'ainsi ne soit. Changeons notre syllogisme en afSrmatif, et au lieu de dire : Quelque prince n'est p€u sage, disons : Quelque prince est sage ; nous verrons que l'argument n'aura plus de force.
Tout heureux est sage;
Quelque prince est sage;
Donc quelque prince est heureux.
Toutes les propositions sont affirmatives ; ainsi l'attribut en est particulier; aussi, l'argument ne condut* il rien. On pourrait être une partie des sages sans être heureux ; c'est-à-dire que, pour conclure que le prince