‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 61 sur 112 · COMBUSTION. DILATATION DES CORPS PRODUITE PAR LA CHALEUR · texte numérisé non relu

COMBUSTION. DILATATION DES CORPS PRODUITE PAR LA CHALEUR

PROPAGATION DE LA CHALEUR. — CHALEUR LATENTE. EX- PLICATION DE LA NATURE DE LA CHALEUR , DANS l’hYPOTHESE QU’ELLE CONSISTE EN ONDULATIONS d’üN MILIEU ÉLASTIQUE.

La vision seule ne suffit pas pour nous faire connaître toutes les propriétés des rayons solaires : le toucher prouve encore, qu’outre leur puissance lumineuse , ils jouissent du pouvoir d’élever la température des corps exposés à leur influence ; et l’observation démontre que leur action chimique est susceptible de produire des phénomènes remarquables. Sir William Herschel a découvert, qu’indépendamment des rayons lumineux, il existe des rayons calorifiques qui produisent la sensation de la chaleur. Quand il employait un prisme de flint-glass, il trouvait que le point où les rayons chauds étaient le plus abondans, était l’espace sombre situé un j>eu au-delà de l’extrémité rouge du spectre solaire, et qu’à partir de ce point ils diminuaient en allant vers le violet, au-delà duquel ils étaient insensibles. De là on peut conclure que les rayons calorifiques varient en réfrangibilité, et que ceux situés au-delà de l’extrême

2C4 . ' RAYONS chimiques. [Sect. XXIV.]

rouge sont moins réfrangibles qu’aucun rayon de lumière. Le docleur Wollaston et MM. Ritter el Beckman, découvrirent simultanément dans l’espace sombre situé au-delà de l’extrême violet, où il n’y a aucune chaleur sensible, d’autres rayons invisibles, que l’on ne sait exis-1 ter que d’après leur action chimique. Ces rayons sont plus réfrangibles qu’aucun des rayons lumineux ou calorifiques; ils le deviennent de moins en moins toutefois, à mesure qu’ils avancent vers l’autre extrémité du spectre, où ils cessent entièrement. Ainsi, il est reconnu que le spectre solaire consiste en cinq spectres superposés, dont trois seulement sont visibles — le rouge, le jaune et le bleu; chacun des cinq varie en réfrangibilité et en intensité dans toute son étendue, la partie visible étant outrepassée à l’une de ses extrémités par les rayons chimiques, et à l’autre par les rayons calorifiques. L’action des rayons chimiques noircit les sels d’argent, et leur influence se manifeste journellement par l’affaiblissement des couleurs végétales. L’objet qu’ils sont destinés à accomplir dans l’économie de la nature reste encore inconnu; mais ce qui est certain , c’est que l’existence de la création animale et végétale dépend essentiellement des rayons calorifiques. L’indépendance des rayons calorifiques, par rapport aux rayons lumineux, est un fait reconnu .par l’observation constante de l’émission abondante de ces rayons , produite par l’eau bouillante. Cependant il y a tout lieu de croire que les rayons calorifiques et les rayons chimiques sont des modifications du même agent qui produit la sensation de la lumière. Les rayons de chaleur sont sujets aux mêmes lois de réflexion et de réfraction que ceux de lumière. Ils traversent les gaz avec la môme facilité; mais une différence remarquable a lieu dans leur transmission à travers la plupart des substances solides et liquides, le même

• corps étant souvent parfaitement perméable aux rayons

(SeCt. XXIV.] THANSMISilOiN DE I.A ttUI.BUR. 265

lumineux, el toul-à-fait imperméable aux rayons calorifiques. Les expériences de M. de Laroche montrent que le verre, quoique mince, intercepte totalement les rayons calorifiques lorsqu’ils proviennent d’un corps dont la température est plus basse que celle de l’eau bouillante; qu'à mesure que la température augmente, ces rayons se transmettent de plus en plus abondamment; et qu’enfin , lorsque le corps a acquis le degré de chaleur lumineuse, il* pénètrent le verre avec la plus grande facilité. La chaleur très faible du clair de lune doit être incapable de pénétrer le verre; conséquemment, elle n’affecte pas le thermomètre d’une manière sensible, lors même qu'elle est concentrée. L’extrême clarté du soleil, au contraire, est probablement la raison pour laquelle sa chaleur, concentrée au foyer d’une lentille, est plus intense qu’aucune chaleur produite artificiellement. C’est aussi par la même cause que des écrans en verre, tout-à-fait impénétrables à la chaleur d’un feu ordinaire, sont perméables an calorique solaire.

Les résultats obtenus par M. de Laroche ont été confirmés parles expériences récentes de M. Melloni, lesquelles semblent prouver que les rayons calorifiques passent d’autant moins abondamment, non seulement à travers le verre, mais à travers le cristal de roche, le spath d’Islande, et autres corps diaphanes, tant solides que liquides, que la température du corps dont ils émanent est plus basse; et qu’ils sont tout-à-fait interceptés quand la température est à peu près celle de l’eau bouillante. C’est une circonstance singulière, que la transparence, à l’égard de la lumière, soit totalement différente du pouvoir de transmettre la chaleur. Les quantités de chaleur transmises par les corps qui possèdent le même degré de perméabilité aux rayons de lumière, diffèrent immensément, quoique provenant de la mèinc source. Le pouvoir de transmission de certaine*

SGG

TRANSMISSION DE LA CHALEUR- [SeCt. XXIV» J

substances d’une couleur sombre, excède quatre ou cinq fois celui d'autres substances parfaitement diaphanes ; et les rayons calorifiques passent instantanément à travers le verre noir, qui est parfaitement imperméable à la lumière.

La propriété de transmettre les rayons calorifiques dimin ue, jusqu’à un certain point, avec l’épaisseur du corps qu’il ont à traverser, mais pas autant toutefois qu’on pourrait s’y attendre; car, un morceau d’alun très transparent transmet trois ou quatre fois moins de chaleur rayonnaute provenant de la tlamme d'une lampe, qu’un morceau de quartz presque opaque, environ cent fois aussi épais. Cependant, l’infiuence de l’épaisseur sur les phénomènes de la transmission augmeute avec la diminution de température des corps d’où émanent les rayons, et elle devient très grande quand cette température est basse, — circonstance intimement liée à la loi établie par M. de Laroche, car M. Mclloni observe que les différences qui existent entre les quantités de calorique transmises par la même lame de verre, exposée successivement à diverses sources de chaleur, diminuent avec la minceur de la lame, et s’évanouissent entièrement à une certaine limite; et qu’une feuille de mica, exposée soit à du platine incandescent, soit à une masse de fer échauffée à 36o°, transmet la même quantité de calorique. La quantité de chaleur absorbée diminue en raison du nombre de fois qu’elle est transmise à travers une substance quelconque. Aiusi, par exemple, une certaine quantité de chaleur étant absorbée dans son passage à travers une laine mince de verre, une quantité moindre sera absorbée par une seconde lame, nne quantité moindre encore par une troisième, et ainsi de suite. De là donc il résulte, que la chaleur, après avoir traversé une couche d'air, éprouve une absorption de moins en moins considérable dans son passage au travers de chacune des couches suivantes, et peut ainsi se transmettre jusqu’à

fSœt. XXIV, ] TRANSMISSION DE LA CHALEUR. 267

une distance très grande, avant d’être entièrement détruite.

Le pouvoir de pénétrer le verre augmentant à mesureque le calorique rayonnant approche de l’état lumineux, on était porté à croire que le même principe prend la forme de lumière ou de chaleur, selon la modification qu’il reçoit , et que les rayons chauds ne sont que de la lumière invisible, de même que la lumière n’est que du calorique lumineux. De là, on tirait celte conséquence naturelle, que dans le passage graduel du calorique invisible à l’état et aux propriétés du calorique lumineux, les rayons invisibles devaient être d’abord analogues à la partie la moins calorifique du spectre, située à l’extrémité violette. Cette analogie semblait d’autant plus fondée, que toute espèce de flamme est d’abord violette ou bleue, et ne dévient blanche que lorsqu’elle a atteint sa plus grande intensité. Ainsi , comine les corps diaphanes transmettent la lumière avec la même facilité, soit qu’elle provienne du soleil ou d’un ver luisant, et que jusqu ’alois on n’avait trouvé aucune substance qui transmît instantanément le calorique rayonnant provenant d’une source de basse température, l’on en conclut qu'une telle substance n’existait pas , et l’un rapporta à la nature de l’agent de la chaleur, et non à l’action de la matière sur les rayons calorifiques, la grande différence qui existe entre la transmission de la lumière et celle de la chaleur rayonnante. M. Mellotii, cependant , a découvert dans le sél gemme une substance -qui , transmettant la chaleur rayonnante avec la même facilité, soit qu’elle provienne de la flamme laplus brillante, ou de l’eau simplement dégourdie, possède à l’égard de la chaleur la même perméabilité .dont tous les corps diaphanes sont doués par rapport à la lumière. De là donc il suit , que l’imperméabilité du verre et autres substances à la chaleur provient de leur action sur les rayons calorifiques, et non du principe de Ja chaleur. Mais, quoique cette découverte change les idée*

Digiti

2(i8 TBANSMISSIO.N' t»E LA CHALELU. [SflCl. XXIV.]

qu'on s'était faites, d’après les expériences de M. de Laroche, elle établit une analogie nouvelle et imprévue entre ces deux grands agens de la nature. La probabilité que la lumière et la chaleur sont des modifications du même principe , n’est pas atténuée par l'invisibilité des rayons calorifiques; car, la condition de visibilité ou d’invisibilité peut ne dépendre que de la conformation de nos yeux, et non de la nature de l'agent qui produit en nous ces sensations. Le sens de la vue peut être borné à de certaines limites. Ainsi , la cause qui nous empêche d’apercevoir les rayons chimiques situés au-delà de l’extrémité violette du spectre, et les rayons calorifiques placés au-delà de l’extrémité rouge, tient peut-être a ce que les premiers ont des vibrations trop rapides ou trop courtes, et les autres , des ondulations trop lentes ou trop étendues , pour affecter’ nos nerfs optiques , quoique cependant les uns et les autres puissent être visibles pour de certains animaux ou insectes, Nous n'avons nulle idée de la nature des perceptions qui conduisent le pigeon messager vers son pays natal, ou de celles qui, placées dans les antennes des insectes, les avertissent à l’approche du danger. Nous ne concevons pas non plus la vision télescopique à l’aide de laquelle le vautour se dirige vers sa proie, avant que lui-même soit visible , comme un point seulement dans les airs. De même , il peut exister sur la terre, dans l’air ou dans les eaux, certains êtres, organisés do manière à entendre des sons que nos oreilles ne peuvent percevoir, et à voir des rayons de lumière et de chaleur dont nous n’avons pas le sentiment. Nos perceptions et facultés sont limitées à une très petite portion de cette chaîne immense de l’existence qui s’étend du créateur au néant. L’identité d’action, sous des circonstances semblnbl es , est l’un des plus forts argumens eri faveur de la nature commune des rayons chimiques, visibles et caloi lliques. Tous sont susccptiblesde réflexion par la

[SeCt. XXIV.] ANAL. ENTRE I.A LEM. RT I.A CHAI.EUR. 2Gf)

surface des corpspolis; de réfraction à travers les substances diaphanes; et de polarisation , soit par réflexion , soit par la double réfraction qui s’opère au travers de certains cristaux. Aucun de ces rayons n’ajoute sensiblement au poids de la matière; leur vitesse est prodigieuse; ils peuvent être concentrés et dispersés par des miroirs convexes et concaves; la lumière et la chaleur passent avec une égale taeilité à travers le sel gemme, et toutes deux sont susceptibles de rayonnement; les rayons chimiques sont sujets à la même loi d’interférence que les rayons lumineux; et, quoique l’interférence des rayons calorifiques n’ait pas encore été prouvée, il n’y a nulle raison de supposer qu’ils diffèrent des autres en ce point. Comme l’action de la matière est, dans un si grand nombre de eas, la même sur la totalité des parties, tant visibles qu’invisibles, qui constituent un rayon solaire, il est plus que probable que la partie obscure, aussi bien que la partie lumineuse, est propagée par les ondulations d’un éther impondérable, et que par conséquent elle est soumise aux mêmes lois de l’analyse.

Les verres colorés ne laissent passer que les rayons qui ont certains degrés de réfrangibilité, et absorbent les autres. Le verre rouge , par exemple , absorbe les rayons les plus réfrangibles, et donne passage aux rouges, qui sont les moins réfrangibles. Le verre violet, au contraire, absorbe ceux qui sont le moins réfrangibles , et transmet les violets , qui sont les plus réfrangibles. M. Melloni a trouvé, que, quoique la substance colorante du verre diminue la faculté qu’il possède de transmettre la chaleur, le verre rouge, l’orangé, le jaune, le bleu, le violet, et le blanc, ne laissent pas toutefois de transmettre des rayons calorifiques de tous les degrés possibles de réfrangibilité; tandis que le verre vert possède la propriété particulière de transmettre les rayons calorifiques les moins réfrangibles , et d’arrêter les plus réfrangibles. Il a donc pour

270 AVAL. ENTRE LA LliM. BT LA CUALEUR. [SeCl. XJC.IV.]

la chaleur , la même action élective que le verre coloré possède pour la lumière , et son action sur la chaleur est analogue à celle du verre rouge sur la lumière. Contrairement au verre vert, l’alun et le sulfate de chaux, transmettent les rayons les plus réfrangiblcs avec la plus grande facilité.

Les liquides, les diverses sortes de verre, et toutes les substances probablement, tant liquides que solides, qui ne cristallisent pas régulièrement, sont d’autant plus pénétrables aux rayons calorifiques qu’elles possèdent un plus grand pouvoir réfringent. Le chlorure de soufre, par exemple, qui a une très grande puissance réfringente, transmet un plus grand nombre de rayons calorifiques que les huiles, qui ont un moindre pouvoir réfringent: les huiles transmettent plus de chaleur rayonnante que les acides, les acides plus que les solutions aqueuses, et ces dernières plus que l’eau pure, qui, de toutes ces classes de corps, est .celle qui a le moindre pouvoir réfringent, et qui est le moins pénélrable à la chaleur.. M. Melloni observe aussi que chaque rayon du spectre solaire suit la meme loi d action que celle des rayons terrestres qui ont leur origine dans des sources de températures différentes} de sorte que les rayons très réfrangiblcs peuvent être comparés à la chaleur qui émane d’un foyer à haute température, et les moins réfrangihles, à la chaleur qui provient d’une source de Lasso température. Ainsi donc, si 1 on lait passer à travers une couche d'eau contenue eutre deux lames de verre, les rayons calorifiques qui émergent d un prisme, Ion trouve que ces rayons , en traversant le liquide, subissent une perte d'autant plus grande que leur réfrangibilité est .moindre. Les rayons de chaleur qui sont inélés à la lujjiière bleue ou violette passent en grande abondance, tandis (pie ceux situés dans la partie obscure qui suit la lumière ronge, sont presque totalement interceptés.

[Secl. XXIV.] POINT DB CHAL. MAX. DP SPECTRE. 2TT

premiers agissent donc comme la chaleur d’une lampe, et les derniers comme celle de l’eau bouillante.

Ces circonstances expliquent les phénomènes observés par plusieurs physiciens à l’égard du point de chaleur maximum du spectre solaire , lequel varie avec la substance du prisme. .Sir William Herschel, qui employa un prisme de ilint-glass, trouva que ce point était un peu au-delà de l’extrémité rouge du spectre; mais, suivant M. Seebeek, il se trouve sur le jaune, sur l’orangé, sur le rouge, ou vers la limite obscure du rouge, selon que le prisme est d eau , d acide sulfurique, de crown-glass ou de flint-glass. Si on se rappelle que dans le spectre produit par le crownglass , la chaleur maximum est dans la partie rouge , et que les rayons solaires, en traversant une masse d’eau, subissent des pertes inverses à leur réfrangibilité, il sera aisé de comprendre la raison du phénomène en question. .La chaleur solaire qui arrive à la face antérieure du prisme d’eau consiste en rayons de tous degrés de réfrangibilité. Les rayons qui possèdent le même indire de réfraction que la lumière rouge, subissent une plus grande perte en passant au travers du prisme que les rayons qui possèdent la réfrangibilité de la lumière orange, et1 ceux-ci perdent moins dans leur passage que la chaleur des rayons jaunes. Ainsi, les pertes, étant inversement proportionnelles au degré de réfrangibilité de chaque rayon , donnent au point dechaleur maximum une tendance à se porter du rouge vers Je violet, et le font par conséquent s’arrêter sur la partie jaune. Le prisme d’acide sulfurique, agissant semblablement, mais avec moins d’énergie que le prisme d’eau , porte le point de la plus grande chaleur sur l’orangé; par la même raison, les prismes de crown-glass et de flint-glass transportent respectivement ce point au rouge et à sa limite. M. Mellon!, observant que le point de chaleur maximum se porte de plttf-

272 ABSORPTION DU CAI.OKIQl B. [ SeCt. XXIV. J

en plus loin vers l’extrémité rouge du spectre, à mesure que la substance du prisme est de plus en plus perméable à la chaleur, en conclut qu'un prisme de sel gemme, qui possède un plus grand pouvoir de transmettre les rayons calorifiques qu’aucun autre corps connu, devait rejeter le point de chaleur maximum à une distance considérable audelà de la partie visible du spectre; — supposition que l’expérience a confirmée pleinement, — ce point se trouvant autant au-delà de la limite obscure des rayons rouges, que la partie rouge est elle-même éloignée de la bande vertbleuâtre du spectre.

Quand la chaleur rayonnante tombe sur une surface , une partie de cette chaleur est réfléchie, et l’autre est absorbée; conséquemment, les corps qui réfléchissent le mieux la chaleur sont aussi ceux qui l’absorbent le moins. L'absorption des rayons du soleil est la cause qui produit la couleur et la température des corps solides. Une substance noire absorbe tous les rayons de lumière, et n’en réfléchit aucun ; et comme elle absorbe en même temps tous les rayons calorifiques, elle devient plutôt chaude et s’élève à une plus haute température que les corps de toute autre couleur. Les corps bleus viennent après les noirs, dans l’ordre des pouvoirs absorbans. De toutes les couleurs du spectre solaire , le bleu est celle qui possède le moins de puissance calorifique; et comme les substances d’une teinte bleue absorbent toutes les autres couleurs du spectre, elles absorbent aussi la plus grande partie des rayons calorifiques, et réfléchissent le bleu , où ils sont le moins abondants. Viennent après, et dans l’ordre suivant, les substances vertes, les jaunes, les rouges, et enfin les blanches, qui réfléchissent presque tous les rayons de lumière et de chaleur. Les fluides très transparens n’absorbent aucun des rayons solaires, de sorte que leur température ne se trouve nulle-

RAYONSKMENT.

[Sect. XXIV.]

ment élevée par le passage de ces rayons; mais en raison de l’intensité de la chaleur du soleil, les solides transparens en arrêtent une petite portion.

Les rayons de chaleur avancent en lignes droites, en divergeant de tous les points des surfaces des corps chauds , de la même manière que les rayons de lumière divergent de tous les points des surfaces des corps lumineux. Les substances échauffées, exposées en plein air, continuent à rayonner du calorifique jusqu’à ce qu’elles aient acquis à peu près la température du milieu environnant. Le rayonnement est très rapide d’abord, mais il diminue, suivant une loi connue, avec la température du corps échauffé. Il parait aussi que le pouvoir rayonnant d'une surface est inverse à son pouvoir réfléchissant; et que les corps qui sont le plus imperméables à la chaleur sont ceux qui rayonnent le moins. Suivant les expériences de sir John Leslie, le rayonnement émane non seulement des surfaces des corps, mais encore des molécules situées à une très petite profondeur au-dessous des surfaces. Il a trouvé que l'émission la plus abondante s’opère dans une direction perpendiculaire à la surface rayonnante, et qu’elle est plus rapide lorsqu’elle émane d’une surface raboteuse que d’une surface polie. Le rayonnement ne peut avoir lieu que dans l’air et dans le vide; il est tout-à-fait insensible quand le corps chaud est renfermé dans un solide ou dans un liquide. Toutes les substances, quelle que soit d’ailleurs leur température, peuventêtre considérées comme rayonnant du calorique; mais ce rayonnement s’opère avec plus ou moins d’intensité selon la nature des substances, l’état de leurs surfaces, et la température du milieu qui les environne. Chaque surface absorbe du calorique, de même qu’elle en rayonne; et le pouvoir d’absorption est toujours égal nu pouvoir rayonnant. On observe en effet que, sous des circonstances semblables , toute substance qui s’échauffe

274 , ROSÉE. [Sect. XXIV. ]

promptement se refroidit de même. Le calorique éprouve une tendance constante à se répandre également; ce qui le prouve, c’est que tous les corps de la nature le donnent et le reçoivent au même instant; ils sont tous à la même température quand les quantités de calorique données et reçues dans le même temps sont égales, c’est-à-dire, quand un échange parfaitement égal a lien entre eux. Nos sensations ne peuvent nous indiquer que des degrés comparatifs de chaleur : quand un corps, tel que la glace, par exemple, parait froid, c’est qu’il communique moins de rayons calorifiques qu’il n’en reçoit; et quand une substance, telle que le feu, semble chaude, c’est qu’elle donne plus de calorique qu’elle n’en reçoit. Les phénomènes de la rosée et de la gelée blanche sont «lus à cette inégalité d’échange. Le calorique rayonné durant les nuits sereines par les substances situées à la surface de la terre, se dissipe dans l’espace, sans que la voûte azurée rende rien en «change à ces mêmes substances ; leur température s’abaissant alors au-dessous de celle de l’air, elles extraient une partie du calorique qui tient l’humidité atmosphérique en solution , et donnent lieu ainsi à la précipitation de la rosée. Si le rayonnement est considérable , la rosée se gèle et devient gelée blanche; la gelée blanche n’est donc autre chose que la glace de la rosée. Un temps nuageux est contraire à la formation de la rosée, en ce qu’il empêche le libre rayonnement du calorique, et met obstacle au contact immédiat, lequel est une condition indispensable à la précipitation de la rosée, qui n’est jamais suspendue dans l’air, comme le brouillard. Les plantes tirent de cette source une grande partie de leur nourriture; et, comme chacune possède un pouvoir de rayonnement qui lui est propre, elles peuvent toutes se procurer ainsi la nourriture nécessaire à leurs besoins.

La pluie se forme du mélange dedenx masses d’air de

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PLUIE. — GRftLK.

[Sect. XXtT.] PLUIE. — GBÊLE. 2T5

températures différentes; la partie la plus froide, en extrayant de l’autre la chaleur qui la tient en solution, occasionne le rapprochement mutuel des particules, lesquelle* forment ainsi des gouttes d’eau, qui, devenant trop pesantes pour être soutenues par l'atmosphère, tombent en forme de pluie sur la terre, par l’effet de leur propre poids. Le contact de deux couches d’air de températures différentes, se mouvant rapidement dans des directions opposées, occasionne une précipitation abondante de pluie. Quand les masses d’air sont à des températures très différentes, et que leur rencontre se fait brusquement, il y a formation de grêle. Cest ce qui arrive souvent dans les plaines bridantes situées près de quelque chaîne de montagnes', comme il y en a dans le midi de la France; mais jusqu’ici l’on n’a pu expliquer la cause des orages effroyables de grêle qui éclatent quelquefois sur les plaines immenses des régions tropiques.

Une accumulation de calorique produit invariablement de la lumière : à l’exception des gaz, tous les corps, qui sans décomposition peuvent supporter le degré convenable de chaleur, commencent à émettre de la lumière à la même température; mais lorsque la quantité de calorique est assez grande pour que l’affinité de leurs particules constituantes devienne moindre que leur affinité pour 1 oxigène de l’atmosphère, une combinaison chimique s opère avec l’oxigène, la lumière et la chaleur sont développées, et le feu est produit. La combustion, — si essentielle à notre bien-être, et même à notre existence ,— s’opère très aisément, par suite de la faible affinité qui existe entre les parties constituantes de l’air atmosphérique, l’oxigène étant a peu près dans un état libre; mais comme la force cohésive •des particules des diverses substances est très variable , il faut nécessairement des degrés dechaleurdifférenspourpio-

dnirc leur combustion. Par suite de la tendance do la ch*»

‘270 COMBUSTION. — EXPANSION. (S«Ct. XXIV.)

leur à un état «l’égale diffusion, ou d'équilibre, — état auquel elle parvient, soit par voie de contact ou de rayonnement, il est nécessaire que la combinaison chimique qui occasionne la combustion, s’opère instantanément; c«r, si la chaleur se développait progressivement, elle se dissiperait par degrés, et ne s’accumulerait jamais suffisamment pour produire une température assez élevée pour la formation de la flamme.

Il existe une loi générale en vertu de laquelle tous les corps se ddatent par la chaleur et se contractent par le froid. Lit force expansive du calorique a une tendance constante à surmonter la puissance de la cohésion , et à séparer les particules constituantes des solides et des lluides; par cette séparation, l’attraction d’agrégation est tle plus en plus affaiblie, jusqu'à ce qu’enfui elle soit, entièrement surmontée, ou même changée en répulsion. L’on peut, au moyen de l'addition continuelle du calorique, faire passer les solides à l'état liquide, et de l’état liquide à l’état aériforme, la dilatation augmentant avec la température. Chaque substance se dilate suivant une loi qui lui est particulière. Les gaz se dilatent plus que les liquides, et les liquides plus que les solides. L’air se dilate plus tle huit fois plus que l’eau, et l’augmentation du volume de l’eau est au moins quarante-cinq fois plus considérable que celle du fer. Les métaux se dilatent uniformément, à partir du point de congélation jusqu’à celui d’ébullition du thermomètre; l’expansion uniforme des gaz s'étend entre des limites encore plus considérables; mais comme la liquidité n’est qu’une transition de l’état solide à l’état aériforme, la dilatation égale des liquides n’occupe pas une portion aussi étendue de l’échelle thermométrique. Ce changement de volume, correspondant à la variation tle la chaleur, est l’un de ses effets les plus importans, puisqu’il fournit les moyens de mesurer les températures

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