‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 64 sur 112 · CHALEUR ANNUELLEMENT REÇUES ET RAYONNÉES PAR LA TERRE · texte numérisé non relu

CHALEUR ANNUELLEMENT REÇUES ET RAYONNÉES PAR LA TERRE

Ij océan de lumière et de chaleur qui se dégage continuellement du corps du soleil, doit affecter d’une manière très diverse les corps qui forment son système , par suite des différences qui se manifestent dans leurs atmosphères, plusieurs desquelles sont d’une densité et d’une étendue considérables. Suivant les observations de Schroëter , l’atmosphère de Pallas a 445 milles de hauteur (161 lieues environ), et celle de Cérès en a plus de 668 ( 2^2 lieues environ ).

Ces deux atmosphères doivent réfracter la lumière, et faire obstacle au rayonnement de la chaleur, à peu près de la même manière que la nôtre. Mais il est à remarquer que

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M. SOLML.

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l’on n’aperçoit pas la moindre trace d’atmosphère autour de Vesta, et que Jupiter, Saturne et Mars n’en ont qu’une très faible. L’action des rayons solaires sur ces corps doit être très différente de celle qu’ils exercent sur la terre, et la chaleur qu’ils reçoivent doit se perdre rapidement par l’effet du rayonnement. Toutefois, il est impossible d’estimer leur température; le froid pouvant y être balance par leur chaleur centrale, si , comme il y a tout lieu de le supposer, ils ont été à l’origine dans un état tle fusion, peutêtre même de vapeur. L’attraction de la terre a sans doute privé la lune de son atmosphère, car la puissance réfraetive de l’air, à la surface de la terre, est au moins mille fois aussi grande que la réfraction à la surface de la lune. L'atmosphère lunaire doit donc être dans un état de raréfac-tion plus grand que celui qu’on peut obtenir à l’aide de nos meilleures machines pneumatiques , et par conséquent , aucun animal terrestre n’y pourrait vivre.

Le soleil est environné d’une atmosphère très dense. Il est impossible de conjecturer ce que peut être le corps de cet astre ; mais il semble entouré d’un océan de flamme, à travers lequel son noyau obscur se laisse apercevoir, en offrant l’apparence de taches noires, souvent d’une grandeur énorme. Ces taches sont presque toujours comprises dans une certaine zone de la surface du soleil, dont la largeur, mesurée sur un méridien solaire, ne s’étend pas audelà de 3o ^ degrés de chaque côté de son équateur, quoiqu’elles aient été vues à la distance de 3g ~ A en juger par leurs changemcns prodigieux et rapides, il y a tout lieu de supposer que la partie extérieure et incandescente du soleil est gazeuse. Les rayons solaires, dont l’origine est duc probablement aux actions chimiques qui s’opèrent continuellement à sa surface, ou bien à l’électricité, sont transmis en tous sens dans l’espace; mais l’intensité de la lumière et de la chaleur diminuant comme le carré de la

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distance augmente, il en résulte que, malgré la grandeur du soleil, et la chaleur inconcevable qui doit exister à sa surface, son influence bienfaisante doit à peine se faire sentir aux extrémités de notre système.

On a trouvé par le calcul que la lumière directe du soleil • égale celle de 5,563 bougies d’une grosseur moyenne, placées à un pied de distance de l’objet éclairé : celle de la lune n’est probablement égale qu’à la lumière d’une chandelle placée à la distance de douze pieds ; par conséquent, la lumière du soleil est plus de 3oo,ooo fois plus grande que celle de la luue. C’est par cette raison que la lumière de la luue ne communique aucuue chaleur , ou qu’elle est trop faible pour pénétrer le verre du thermomètre, même lorsqu’elle est concentrée au foyer d’un miroir. L’intensité de la lumière du soleil diminue du centre à la circonférence de son disque; mais dans la lune, la gradation est inverse* Dans Uranus , le soleil doit offrir l’apparence d’une étoile, petite, mais brillante; son éclat cependant, tout en ne dépassant pas la i5oe partie de celui qu’il répand sur la terre , y est 2,000 fois plus considérable que celui de notre luue; de sorte qu’il est réellement un soleil pour Uranus, à qui il communique probablement quelque degré de chaleur. Mais si nous considérons [que l’eau ne pourrait rester liquide dans aucune partie de Mars , même à son équateur, et que dans les zones tempérées de la même planète, l’alcool même, et le mercure gèleraient, nous pourrons nous former quelque idée de la température qui doit régner dans Uranus.

Le climat de Vénus ressemble davantage à celui de la terre, quoique beaucoup trop chaud , cependant ^excepté vers ses pôles peut-être), pour que l’organisation animale et végétale y puisse être la même que sur notre planète ; mais

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