TISME ET DE L’ÉLECTRICITÉ
D’après ce principe, que l'action est égale et opposée à la réaction, l’on pouvait s’attendre à ce que l’électricité affectant puissamment les aimans , le magnétisme dût réciproquement produire des phénomènes électriques. En prou* vant ce fait très important par la série suivante d’expériences aussi intéressantes qu’ingénieuses , le docteur Faraday a ajouté à la science une branche de plus , à laquelle il a donné le nom de magncto-électricité. Dans ces expériences, une grande longueur de fil de laiton était enroulée en forme d’hélice autour de la moitié d’un anneau de fer doux, et mise en communication avec une batterie galvanique, tandis qu’une hélice semblable, en communication avec un galvanomètre, était enroulée autour de l’autre moitié de l’anneau, mais sans toucher à la première hélice. Aussitôt que le contact était établi avec la batterie, l’aiguille du galvanomètre déviait; mais cet effet n’était que passager; car, lorsqu’on prolongeait le contact, l’aiguille reprenait sa position ordinaire , et n’était plus affectée par la circulation continuelle de l’électricité dans le fil de cuivre en communication avec la batterie. Aussitôt, cependant, que le contact était interrompu, l’aiguille du galvanomètre recommençait à dévier, ^ais dans la direction contraire. De semblables effets étaient obtenus» l'aide d'un appareil cousis-
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[SeCt. XXXII.] INFLUENCE VOLTA-ÉLECTIIIQCE. 389
tant en deux hélices de fil de laiton enroulé autour d’un morceau de bois, au lieu de fer; d’où le docteur Faraday conclut que le courant électrique, passant de la batterie dans l’un des fils métalliques , détermine un courant semblable dans l’autre fil , mais au moment du contact seulement; et qu’un courant momentané se trouve déterminé en sens contraire, lorsque le passage de l’électricité est subitement interrompu. On a trouvé que ces courans de courte durée , ou ondulations électriques , étaient susceptibles d’aimanter des aiguilles, de traverser une petite étendue de fluide, et que, lorsque des pointes de charbon étaient placées sur le passage du courant de l’hélice d’induction, une légère étincelle se laissait apercevoir chaque fois que les contacts étaient établis ou interrompus. Nulle action chimique, ni aucun autre effet électrique n’ont été obtenus. L’aiguille du galvanomètre déviait lorsqu’on employait des aimans ordinaires au lieu du courant voltaïque, ce qui prouve l’identité des effets produits dans cette expérience par les fluides magnétique et électrique. De plus, lorsqu’on plaçait entre les pôles nord et sud de deux barreaux aimantés une hélice formée de 220 pieds (67 mètres environ) de fil de laiton, dans l’intérieur de laquelle se trouvait un cylindre de fer doux, on remarquait qu’en la mettant en communication avec le galvanomètre, à l’aide de fils métalliques situés à ses extrémités, elle devenait magnétique par influence, et occasionait une déviation dans l’aiguille du galvanomètre chaque fois que lesaimans étaient amenés en contact avec le cylindre de fer. En prolongeant le contact, l’aiguille reprenait sa position naturelle, et quand le contact était interrompu, la déviation avait lieu dans la direction opposée; quand les contacts magnétiques étaient renversés, la déviation était également renversée. L’action était si énergique lorsqu'on employait de forts aimans , que l’aiguille du galvanomètre était déviée de plusieurs tours
31H) I1>ENT. ÜACT. EMUE l’ÉL. ET GE MAG. [SeCt. XXXII.]
avec une grande rapidité; l'hélice, par sa simple approche ou son simple éloignement des pôles des aimans, occasionait des effets semblables. Il a été reconnu ainsi que les aimans produisent sur le galvanomètre les mêmes effets que l'électricité. Quoique alors aucune décomposition chimique ne fût produite par les courans momentanés provenant des aimans, ces courans toutefois, ne laissaient pas tl’agiter les membres d’une grenouille , et le docteur Faraday observe avec raison « qu’un agent qui est conduit v par des fils métalliques de la mauière qu'on vient » de le décrire, qui, durant ce passage, est doué des » actions magnétiques et de la force d’un courant d’élec- » tricité , qui est susceptible d’agiter et de faire entrer « eu convulsion les membres d’une grenouille, et qui, u enfin, peut produire une étincelle par sa décharge à trai vers un fragment de charbon, ne peut être autre chose » que le tluide électrique, s Ainsi donc il parait que les aimans développent des courans électriques qui produisent les wémes phénomènes que les courans électriques développés par la batterie voltaïque. Ces courans , cependant , diffèrent essentiellement sons ce rapport , — qu’il faut un certain temps pour l'accomplissement de la transmission magueto-électrique , tandis que la transmission volta-électrique est instantanée.
Lorsque 1 edocleur Faraday eut prouvé l'identité des Munies magnétique et électrique par la production de féline elle , par réchauffement des fils métalliques, et par l’mxompUssementde la décomposition chimique, il fut aisé d’augmenter ces effets par des aimans plus puissans et par d’auires combinaisons d’appareils. Celui dont on fait usage aujourd’hui , n'est autre qu’une batterie construite de la manière suivante, et dont l’agent est le lluide magnétique, au lieu du fluide voltaïque, ou, en d'autres termes, au liou de l'électricité.
[SeCt. XXXII.] APPAREIL MAGNTETÔ-ÊLECTRIQDE. 591
Uft armant très puissant en fôrmè de fer à cheval , composé de douze plaques d’acier aussi rapprochées que possible les ufies des autres , est placé dans Une position hori- 'ïoutale. L’armature consiste en une barre dé fer doux, le pins ptn- possible, recourbée à angles droits, des deux côtés, de telle sorte rjtie lès faCès de ses extrémités puissent être amenées directement à ('opposite et proche dés pôles de f aimant, quand cela devient nécessaire. Dix fils de laiton , Couverts de soie, à l'effet de fes isôfer, Sont tournés en hélices composées autoUr de la moitié de la barre de fer doux; dix autres fils, isolés également , entourent l’autre moitié de la havre. Les extrémités des dix premiers fils sont en communication métallique avec un disque circulaire qui plonge dans une coupe de mercure, tandis que les extrémités des dix autres fils sont liées à une pièce à vis saillante qui porte une bande de cuivre terminée par deux pointes opposées. L’aimant d’acier est fixe; mais lorsque l’armature, avec tous ses accessoires , reçoit un mouvement de rotation vertical, le bord du disque reste toujours plongé dans le mercure , tandis que les pointes de la bande de cuivre y plongent et s’en dégagent alternativement.
D’après les lois ordinaires de l’influence, l’armature devient un aimant temporaire pendant tout le temps que ses extrémités recourbées sont opposées aux pôles de l’aimant d’acier, et cesse d’être magnétique quand elles sont perpendiculaires à ces mêmes pôles. Elle communique son magnétisme temporaire aux hélices qui l’entourent; et tandis que l’une de ces hélices envoie un courant au disque, l’autre conduit le courant opposé à la bande de cuivre. Comme le bord du disque tournant reste toujours plongé dans le mercure, une des hélices métalliques est constamment maintenue en contact avec ce liquide , et le circuit n’est complet que lorsqu’une des pointes de la bande de cuivre plonge aussi dans le mercure; mais le circuit est interrompu du
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moment où celte pointe s'en dégage. Ainsi , par suite de ia rotation de l'armature , le circuit est alternativement interrompu et renouvelé; et comme ce n’est qu'alors seulement que l’action électrique se manifeste, l’on aperçoit une étincelle brillante chaque fois que la pointe de cuivres’éloigne de la surface du mercure. A l’aide des mêmes moyens, rir. . l’on peut produire l’ignition d’un fil de platine; donner des commotions assez fortes pour occasioner une sensation désagréable, et opérer la décomposition de l’eau avec une rapidité étonnante. Tous ces effets prouvent évidemment 1 identité des agens magnétique et électrique; et l’importance du principe qui découle de ces belles expériences du ^ docteur Faraday , le place au premier rang des physiciens expérimentateurs.