LES CHINOIS
Ce mot est devenu technique pour exprimer qu'un vernis est arrivé, par différentes causes, à l'état de décomposition. La principale est l'humidité. Elle attaque un tableau dans toutes ses parties. Les deux côtés en sont souvent atteints à la fois. Quand cet accident s'est produit, il faut immédiatement que le tableau soit rentoilé; déverni et reverni. Quand les chancissures se sont emparées d'un tableau, elles s'infiltrent dans sa toile, dans ses préparations qu'elles minent sourdement et préparent sa destruction complète. Enfermer le principe morbide entre la peinture et un vernis neuf, c'est exposer la première , si elle est sur pan» neau, à cette maladie que nous appelons raie de bois.
On rencontre, sans pouvoir s'en rendre compte, des taches rondes ou ovales sur des tableaux d'une extrême pureté. En examinant leur nature on est étonné que cette partie tachée ait cependant conservé la pâte du maître. Les tableaux de Ruysdaël offrent souvent ces exemples, ainsi que beaucoup d'autres paysagistes, dans leurs ciels surtout. Ces taches sont le résultat que produit le séjour des chancissures. Les peintures, sur panneaux ou sur cuivre ne sont pas plus que d'autres à l'abri de leurs ravages.
Cependant tous les vernis qui blanchissent ne sont pas chancis. Leur mauvaise nature en est parfois la cause première. Souvent aussi il faut en accuser les encollages que les peintres et les restaurateurs passent sur leurs tableaux pour pouvoir les vernir promptement.
Ces dernières maladies n'ont rien à faire redouter pour la conservation des tableaux. Un simple net-*
toyage au moyen de l'esprit, ou par le déroulage, aura bientôt rétabli ces peintures dans leur état normal.