TABLEAUX HOLLANDAIS
Pour dévernir les tableaux de cette école, qui, poüï* la plus grande partie, ont été peints en employant le vernis, un procédé spécial doit être employé; leur pâte plus que toute autre peut être attaquée par l'es-* prit, et le déroulage peut épidermer facilement l’ëK-» trême finesse de la touche.
Cependant le nettoyage par ces deux moyens n’est pas impossible * le vernis ne liant pas seul la pâté de ces peintures $ puisque l’huile y participe au moins pour la moitié; Combinée avec le vernis copal et les couleurs qu'employaient ces peintres , elle forme une pâte ferme et sèche qui acquiert une dureté bien su-* périeure à celle du vernis qui la couvre. Il est donc possible de les nettoyer par les moyens ordinaires; nous en avons mille exemples de complètes réussites. Cependant on doit toujours choisir, quoique plus longs, les moyens les plus doux , les plus certains contre tout accident. C’est pourquoi nous indiquerons ici celui que nous avons souvent pratiqué heureu* sement.
On déroulera par tout le tableau la plus grande partie du vernis avec égalité, en ayant le plus grand soin de ne pas atteindre le maître. Cette opération terminée, on fera bouillir du vernis que l’on étendra le plus chaud possible sur la peinture, en la tenant, en été, à la chaleur du soleil, en hiver près d’un bon feu.
La chaleur du vernis, jointe à celle qui sera communiquée au tableau par son exposition , en amollira le vernis ancien. Aussitôt que la dissolution de ce vernis sera remarquée, on en dépouillera le tableau au
moyen de lavages d’essence de térébenthine. Si la réussite n’est pas complète la première fois et que le maître soit à découvert par places, on devra, par précaution, attendre quelques jours avanbde recommencer une nouvelle opération , afin que la peinture reprenne toute sa consistance.