AVANT-PROPOS. VII
Tel est l'objet de la première partie de ce livre.
Dans la seconde, étudiant sur le vivant les fonctions perverties de l'articulation coxo-fémorale, nous avons vu cette perversion affecter de prime abord deux modes diamétralement opposés. Érigeant alors en symptômes primordiaux ces troubles distincts apportés par le début même de l'affection à la fonctionnalité de l'organe, notre attention s'est concentrée sur Vallongement du membre et sur son raccourcissement. Nous nous sommes évertué à en démêler la véritable origine. Si la discussion a été longue, elle n'est pas restée stérile. D'abord, elle nous a mis à même, en passant en revue les assertions très-diverses portées par les auteurs sur cette matière, de rendre hommage à leurs œuvres. Ensuite, poursuivant la maladie dans son évolution, nous avons pu rattacher à l'un ou à l'autre de ces deux phénomènes sémiologiques dominants dans la coxalgie, les autres déterminations cliniques qu elle présente; et constituer ainsi deux groupes symptomaliques nettement tranchés.
De là à une classification naturelle des coxalgies il n'y avait qu'un pas.
Cette classification, comme les considérations sur lesquelles elle était fondée, a trouvé sa consécration dans les investigations anatomo-pathologiques.
De toutes ces recherches sont nées des idées personnelles, et sur les modalités diverses dont l'affection est susceptible, et sur la valeur sémiotique de ses nombreuses manifestations. Ainsi, avons-nous vu s'accentuer fortement la part qui revient aux unes, dans l'intérêt qu'il convient de leur accorder; et s'atténuer considérablement celle qu'on a coutume de concéder aux autres.
VIll AVANT-PROPOS.
Ainsi encore, les notions sur la nature même du mal, sur son diagnostic et sur son pronostic, nous ont-elles paru se préciser.
L'analyse, enfin, que nous venons d'indiquer, portée sur Particulation coxo-fémorale saine et sur l'articulation coxo- fémorale malade, nous a mis en demeure de dégager les principes de la médication rationnelle grâce à laquelle les ravages de la coxalgie peuvent être avantageusement conjurés. Au chapitre du traitement nous avons discuté avec détails et formulé avec exactitude les indications thérapeutiques qui ressortissent aux divers désordres dont la description précédait.
Par-dessus tout, dans le cours de cet ouvrage, nous avons tenu à appuyer sur des faits cliniques les conclusions qui nous ont été dictées par l'expérimentation et par le raisonnement.
Mais, avant de livrer à la pubhcité une étude de fond sur une maladie dont la nature est aussi grave que l'histoire controversée, nous avons demandé pour nos opinions la sanction de l'Institut.
En décernant à notre travail un prix de 2500 francs (Concours des prix Montyon, — médecine et chirurgie)^ r Académie des sciences a fortifié notre croyance d'avoir servi la vérité.