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DE LA QUANTITÉ D'EAU

66. Il est difficile et même impossible d'indiquer la quantité d'eau qu'exigent les prés, car elle change d'après :

1° La quantité de l'eau ; 2° La nature du sol et du sous-sol ; 3° La température et le climat; 4° Les surfaces à irriguer; 5° Leur pente;

6° Le but de l'irrigation, suivant qu'elle doit être un simple arrosage ou une fumure.

67. En général, l'efficacité de l'irrigation est en rapport avec la quantité d'eau et la pente du terrain, car il arrive dans bien des cas que, par suite de manque d'eau, on n'obtient pas le résultat qu'on espérait.

L'expérience a prouvé que dans les contrées méridionales une très-faible quantité d'eau produit encore de bons résultats, tandis

([Lie dans le Nord il en faut incomparablement plus. Il est vrai que, dans le premier cas, le sol reçoit en outre un amendement particulier, et alors l'eau ne sert qu'à le dissoudre et à rafraîchir le sol, tandis que, dans le Nord, c'est à l'eau seule qu'incombent toutes ces fonctions.

Une terre légère, à sous-sol perméable, est un véritable filtre ; un< terre forte attire l'humidité de l'air et la retient plus longtemps.

L'air humide des hautes montagnes dispense très-souvent aus.-i d'une irrigation prolongée.

Pour les pentes moyennes, la quantité d'eau reste à peu p égale ; pour les pentes faibles il en faut beaucoup plus, à surface (;gale, que pour les pentes fortes.

68. Kapporc de l'eau à la surface. — On obtient une augmentation relative de l'eau, lorsqu'on divise une surface donnée en plusieurs compartiments que l'on arrose l'un après l'autre, chaque fois avec la totalité de l'eau disponible.

On obtient encore ce résultat en faisant servir la même eau a l'irrigation de planches superposées.

Cette pratique cependant doit avoir des limites, car l'eau di nuant en principes fertiles à chaque nouvelle planche arrosée, on n'obtiendrait sur les dernières qu'un très-faible résultat.

On distingue la quantité d'eau annuelle affectée à 1 hectare et celle qu'il reçoit en vingt-quatre heures pendant les diverses périodes l'irrigation ; elles sont toutes deux très-variables selon les lieux et les années.

La méthode la plus sûre consiste h prendre pour base la quantité d'eau par jour.

69. Épaisseur de Sa couclie d'eau. — Pour comparer quantité d'eau dépensée par hectare, en vingt-quatre heures, non; nous figurerons l'eau accumulée sur cette superficie parfaitemenl plane et imperméable et sans évaporation pendant ce temps.

En Lombardie, on considère l'écoulement d'un litre par secomh et par hectare comme suffisant; cette quantité nous donne une hauteur de 0m, 00864 d'eau par jour, qui suffit à peine pour humecte] le sol et doit être considérée comme la dernière limite du minimum.

Dans le nord de l'Allemagne, Vincent adopte pour un arrosa: complet et fertilisant 120 litres par seconde ou une hauteur d( lm,0368 par jour.

Dans l'Allemagne du Centre et du Sud, on admet une hauteui

journalière de 0m,36 à 0m,45 pour une irrigation parfaite, 0m,30 pour une très-bonne, et 0m,15 pour une suffisante.

La quantité d'eau dont on dispose est d'une grande importance pour le choix d'un système d'irrigation ; on doit par conséquent pouvoir en juger de prime abord.

70. Calcul de la quantité «l'eau à employer. — Si l'on veut irriguer 3 hectares avec une hauteur de 0m,24 d'eau, il faudra par hectare une masse d'eau de 2,400 mètres cubes par jour, 40 mètres cubes par heure; 0Lnc,66 par minute et 0mc,ll par seconde.

Si l'on n'a pas cette quantité d'eau à sa disposition, on arrosera par compartiments successifs.

71. Pour la conduite et la distribution de l'eau, on emploie des canaux, fossés ou rigoles, dont la forme et la construction varient suivant les circonstances.

Les canaux sont classés d'après leurs formes, dimensions et directions; d'après leur but spécial, la nature du sol et la masse d'eau ; nous donnerons dans les pages suivantes des règles générales s'appliquant cependant à tous les cas possibles.

Dans tout canal, on distingue : les parois, le fond, la profondeur et la largeur supérieure.

Avec ces données, toute tranchée peut être représentée au moyen d'une coupe transversale ou profil.

Les parois sont droites [fig. 13) ou inclinées (/?y. 14), et alors le profil représentera un parallélogramme ou un trapèze.

Fie. 13.

Fig. 14.

72. Des talus. — Les canaux à parois en pente sont construits avec des talus. L'inclinaison de ces talus ou l'angle qu'ils forment avec la verticale est déterminée par la dimension de leur base. Dans

la figure 15, le fossé a un talus à base simple, soit 1 pied pour adopter la mesure conventionnelle des Allemands (1 pied = 0m,30), car Fécartement du bord supérieur à la verticale menée par son

Fig. 15.

extrémité inférieure ou sa projection horizontale #, a 0m,30, dimension qui est égale à sa profondeur t. Les lignes ponctuées /?, p indiquent un talus à base double, la projection horizontale étant le double de la profondeur ; on aura de même des talus à base de 1/4, 1/2, 3/4, 1 1/2, etc.

73. Calcul du profil en travers. - La surface du rectangle q fig. 13) est égale à la hauteur t multipliée par la largeur s :

q = st.

La surface du trapèze q' [fig. 14), est égale au produit de la hauteur par la largeur moyenne B :

q'= IB.

B égale la moitié de la somme des deux largeurs

La base a du talus est :

a = tu.

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