‹ De la création des prairies irrigueésChapitre 74 sur 91 · TUYAUX · texte numérisé non relu

TUYAUX

centim.

centim. car.

quintaux.

francs.

En règle générale, il faut employer des tuyaux d'un diamètre aussi petit que le permet la quantité maximum d'eau à enlever. Si le fond est uni et les tuyaux bien posés, la vase et le sable qui y pénètrent sont emmenés plus facilement que si les tuyaux sont trop larges.

L'expérience a prouvé que les plus petits tuyaux, ceux de 2 centimètres 3/4 de diamètre, sont difficiles à poser lorsque la pente est faible et qu'ils ne fonctionnent pas toujours bien. Il ne faut donc les employer que dans de fortes pentes et pour de courtes distances qui permettent de faire le travail exactement. Les calibres les plus employés sont ceux de 3 centimètres 1/4 et 3 centimètres 3/4.

226. Vitesse de l'eau dans les tuyaux. — Cette donnée dépend de la pente et du rapport existant entre la circonférence et la coupe transversale des tuyaux ; avec l'agrandissement du diamètre elle devient plus grande, et vice versa.

Les aspérités intérieures, le peu de longueur des tuyaux (0m,33), les nombreux raccords qui en résultent, les courbes inévitables, l'impossibilité d'ajuster exactement les ouvertures, diminuent encore très-sensiblement la vitesse, comparée à celle existant dans des tuyaux fermés et unis.

D'après les calculs consignés dans la première partie de cet ouvrage [78] la moindre vitesse est de 0m,225 par seconde pour les tuyaux ouverts en argile. De Mollinger a corrigé par des expériences la formule d'Eitehvein pour la vitesse de l'eau dans les tuyaux de drainage, et il a trouvé

v désigne la vitesse de l'eau, d le diamètre des tuyaux, h la pente sur une longueur / : d'où il suit que pour / = 1000 et v = 0m,225, on aura :

50,625 4- 2,354 X d l~ 6(1/29» Xd '

formule d'après laquelle on trouve les pentes minima suivantes pour différents calibres :

DIAMETRE PEM'E

des tuyaux. pour 1,000.

ceunm.

227. Avec ces pentes, les tuyaux des différents calibres enlèveraient par seconde les quantités d'eau suivantes :

centim. décim. cubes.

228. Comparaison des différentes quantités d'eau tombée.— Des observations pluviometriques faites de 1842 à 1845 dans les plaines du Rhin central, à Wiesbaden, et dans les mon-

tagnes (Westerwald), ont donné les hauteurs moyennes annuelles d'eau suivantes :

Pour les plaines 0m,72

Pour les montagnes lm,3993

d'où résultent des moyennes mensuelles de 0m,06 pour les premières et de 0m,l2 pour les secondes.

En se basant sur ces données, on trouve que la quantité d'eau reçue sur un quart d'hectare avec une hauteur de 0m,06 de pluie, est :

m. cubes.

Par mois, de 1 50

Par jour, de 5

Par heure, de 2,0*33

Par minute, de 0,003472

Par seconde, de 0,00005787

Avec une hauteur d'eau de 0m,09, une surface de un quart d'hectare reçoit :

m. cubes.

Par mois 225

Par jour 7,5

Par heure 0,3125

Par minute 0,00521

Par seconde 0,000087

Avec une hauteur de 0m,12 d'eau on a par seconde, 0mc,000i JoTi sur un quart d'hectare.

229. Quantités treau à enlever. — Si Ton considère maintenant que dans certains mois la quantité d'eau tombée est beaucoup plus forte que les moyennes données ci-dessus (par exemple, au mois de mars 1842, on avait à Wiesbaden 0m,1116 et à Neukirch 0m,3753), et qu'en outre, dans beaucoup de sols, il y a des eaux souterraines en grande quantité, on voit que les tuyaux de drainage doivent être d'un diamètre assez grand pour enlever le double de la quantité moyenne d'eau reçue par mois.

D'après cela, en prenant l'exemple ci-dessus, la quantité d'eau à faire écouler par seconde et par quart d'hectare serait :

decim. cube?.

Pour Wiesbaden 0,115722

Pour Neukirch 0,231 i4i

METHODES DE DESSECHEMENT. 175

Dos pluies exceptionnelles peuvent être négligées, parce que le sol étant une fois saturé d'eau, le reste s'écoule.

230. La comparaison de la quantité d'eau à enlever d'un sol dans un temps donné et sur une étendue donnée, avec la quantité d'eau emmenée par des tuyaux d'un calibre quelconque, permet de mesurer l'étendue de l'action asséchante de ces tuyaux. Ainsi, par exemple, en nous servant des chiffres précédents, veut-on savoir ce que dessécherait une ligne de drains du calibre de 2 centimètres 3/4 a Wiesbaden? Il faut diviser la quantité d'eau écoulée en une seconde dans des tuyaux de ce calibre, 0dc, 14983, parla quantité d'eau à enlever en une seconde par hectare, qui est de 0dc,115722 X 4 ou 0dc, 462888. On obtiendra un nombre x qui représentera la fraction d'hectare que cette ligne de drains peut

assécher. Ainsi :

0,14085 = hcct *~0,*O2888 U >S2°

D'après cela on a établi la table suivante :

pour Wîesbaden. pocr Neukirch.

tuyaux hectares. hectares.

231. Dans la pratique, la vitesse minimum par seconde est plus grande que celle (0m,22o) qui a servi à calculer les débits ci-dessus ; c'est pourquoi la vitesse et les masses d'eau que fournit un même calibre de tuyaux croissent proportionnellement à la pente. La surface que les drains peuvent dessécher est en rapport direct avec cette quantité.

La table suivante donne pour une pente de tant pour 1000 les vitesses et les masses d'eau écoulée, d'après les numéros des calibres de 1 à 10 (1).

(1) Le calcul de la vitesse de l'eau a pour base la formule donnée au n° 22G. La quantité d'eau M est le produit de la section q (n° 225) par la vitesse v.

pi

fi,10SI

232. Dans ce tableau la pente calculée pour les divers calibres des tuyaux est la pente minimum. Dans une pente de 1 pour 1000, par exemple, on obtient la vitesse minimum de 0m,22o par seconde seulement avec les numéros 8 ou 9; dans une pente de 1,5 pour

1000 on l'obtient avec le n° 6. II est évident que plus la pente et la vitesse saccro.ssent, plus on peut enlever d'eau avec le même

ZZ ï. Vu**' Ainsi len? donne' avec une pente de l P°ur

1000, 0 ,2611 d eau par seconde, ou un peu moins que le n» 1 n'en enlèverait avec une pente de 10 pour 1000, puisque dans ce dernier cas le débit est de 0dc,2697 d'eau par seconde.

233. Le même tableau montre encore [d'après 230] le nombre d'hectares que les tuyaux de différents calibres peuvent dessécher avec des pentes diverses.

Les nombres qui se trouvent dans le tableau du §234 se rapportent à la quantité d'eau moyenne qui est tombée à Wiesbaden

Pour les pays de montagnes, il faut prendre seulement la moitié du nombre d'hectares par rapport au numéro des calibres.

234. Longueur «es conduits. — Cette longueur dépend surtout de la position et de la forme de la surface, de la pente de la quantité d'eau à enlever et du calibre des tuyaux à emplo'yer Mais en ayant recours aux calculs précédents, on procède bien plus sûrement qu'en déterminant la distance des drains

Lorsque [222 à 224] la distance possible des lignes de drains entre elles est déterminée conformément aux circonstances locales on peut alors calculer, à l'aide du tableau suivant, la longueur des lignes de drains qui peuvent être posées avec le même numéro de tuyaux.

Si, par exemple, on avait à poser, dans un terrain offrant une pente de 4 pour 1000, de petits drains à une distance de 12 mètres les uns des autres, on arriverait, en prenant des tuyaux n° 1, à dessécher une surface de 26 ares 75 avec une longueur de ^ = 305 mètres.

Si on voulait employer le n° 2, on dessécherait une surface de 49

ares /o avec — = 415 mètres de tuyaux ; et si l'on voulait se servir des deux calibres, ils suffiraient à une surface de 47 ares 50 : iJ reviendrait alors au n° 2 une longueur de 85 mètres et au n° 1 305 mètres.

Tableau,

TABÏEÀU DONNANT LA SURFACE DESSÉCHÉE OBTENUE PAR LES DIFFÉRENTS CALIBRES DE " TUYAU* POUR UNE HAUTEUR D'EAU MOYENNE DE 0»,08 PAR MOIS ET PAR HECTARE.

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