AVERTISSEMENT
Je ne serais peut-être pas entré dans cette controverse, si je n'y avais été amené par un premier pas fait dans l'étude des Écritures. Ayant publié naguère une histoire de l'Ancien Testament, j'y devais joindre l'histoire du Nouveau. Pour écrire ce livre moiïl$ imparfaitement , j'ai commencé par étudier dans Bossuet la manière de rendre la parole évangélique; et par une suite fort inattendue de ce travail, j'ai pu offrir au public une traduction des Évangiles, tirée, pour la plus grande partie, de Bossuet lui-même. Pour annoter ce même livre , j'ai dû étudier de près , et les questions que les Évangiles soulèvent, et les livres que ces questions ont suscités. Mais, je n'ai point tardé à le reconnaître, c'eût été dénaturer le caractère du récit, que d'y mêler une semblable discussion, fût-ce par des notes jetées au bas des pages; et, d'autre part, c'eût été trop amoindrir la discussion elle-même, que de ne
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point la présenter dans son ensemble : car toutes les questions se tiennent, et se prêtent l'une à l'autre une force qu'on détruirait en les isolant. C'est donc le fruit de ces études que je me suis résolu à présenter séparément ici; et en indiquant l'origine de ce travail, j'en ai dit le caractère. C'est dans rÉvangile et dans les monuments de Tliistoire contemporaine qu il a son fondement ; mais il s'appuie des meilleurs ouvrages que les diverses sociétés chrétiennes , à l'envi , aient opposés aux ennemis de leur foi commune : et il faut bien, en plus d'un cas, faire appela des raisons déjà données ; car toutes ces objections qu'on croit nouvelles ont le plus souvent leur réfutation la plus solide dans ces livres qu'on veut croire surannés. Ajoutons que, pour les apologistes étrangers, si quelques-uns ont été traduits, d'autres (et les plus considérables), par l'étendue même ou par la nature de leurs développements, ont rebuté les traducteurs. Il n'est donc pas sans utilité d'y prendre et d'offrir au lecteur ce qu'ils ont ajouté de plus fort à la défense des Évangiles : ce sera justice envers l'Allemagne et l'Angleterre, que de montrer qu'elles n'ont pas seulement vu naître les systèmes dont on a fait tant de bruit parmi nous; et que ces théories qu'on nous apporte,
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chaque jour encore, toutes formulées, sans prendre même la peine de les débattre davantage , ont depuis longtemps subi, dans ces pays mêmes, le jugement qu'elles méritaient \
Ne nous étonnons pas de l'ardeur avec laquelle on revient à la charge contre nos saints Livres. Elle prouve qu eux debout, on se sent mal affermi et mal à Taise dans les écoles de l'incrédulité. Ce retour incessant à l'attaque fait un devoir de ne pas déserter la défense : et la question est vraiment de celles où chacun est tenu de prendre parti. Quoique la solution importe également îi
1 Nous nommerons ici comme devant reparaître le plus souvent dans nos citations^ Lardner, Credihility oftke Gospel (Edit. en 10 vol. Lond. 1838). — Paley, Horœ Paulinœ, ou la Vérité^ de l'Histoire de saint Paul, etc. (trad. sur la 10* édition, Paris, 1821). — Le même. Tableau des Preuves évidentes du Chrlstianisme, traduit de l'anglais par Levade. — Norton, The Evidences ofthe Genuineness ofthe Gospel (2« édit. Cambridge, 1846). — Michaëlis, Introduction aux livres du N, T. trad. de l'allemand par Chènevière. — Hug, Einleitung in die Schriften des Neuen Testaments, Stuttgart, i847. — Tholuck, Crédibilité de r Histoire évangélique, traduite par M. l'abbé de Valroger. — Patritius, de Evangeliis libri très (Fribourg en Brisgau, 1853), ouvrage qui joint à une harmonie et à un commentaire des Évangiles une suite de dissertations des plus savantes sur les points les plus difficiles de l'histoire évangélique. — Nous n'avons pas besoin de mentionner les auteurs qui ont écrit en France sur la même matière ; Huet, Abbadie, Bergier, Buftier, Bullet, Houtteville, Mauduit, Duvoisin, de la Luzerne, et plus récemment MM. Tabbé Glaire, l'abbé Ghassay, Nicolas; et l'utile collection publiée par M. l'abbé Migne, sous le nom de Démonstrations évangéliques.