‹ De la Cryptorchidie: Opération des Chevaux Cryptorchides par le Procédé du Professeur Cadéac (Ponction de l'Oblique Interne dans la Zone Inguinale Supérieure)Chapitre 19 sur 21 · ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES ET COMPLICATIONS INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES ET COMPLICATIONS INFECTIEUSES

Coliques :

Normalement on ne doit pas avoir de coliques alarmantes.

Parfais, à la faveur d’une opération traînante et rendue difficile, soit par excès de volume d’un testicule néoplasique, soit par une recherche prolongée de la glande, l’air extérieur s’engouffre en grande quantité dans la cavité abdominale ; il peut alors en résulter de légères et courtes coliques. Comme nous l'avons dit précédemment, l’air extérieur est pollué; le milieu où nous opérons ne peut être rigoureusement aseptique et il est normal que le contact direct de cet air plus ou moins infecté avec le péritoine s’accompagne de phénomènes réactionnels.

On peut encore voir apparaître des coliques vers le quatrième ou le cinquième jour, si le cheval laissé au repos le plus complet reçoit une ration trop forte, surtout en foin. Tant que le cheval ne se dépense pas, il est bon de rester à Ia ration faible ; on évitera ainsi

la paresse intestinale qui peut se compliquer d’obstruction intestinale ; c’est pourquoi nous recommandons les barbotages clairs et les laxatifs légers, si

l’on veut donner du foin.

Eventration :

Sur l'animal debout nous n'avons jansais noté d’éventration ; le poids des viscères intestinaux tend le muscle et applique l’une contre l’autre les deux lèvres de la plaie qui ont normalement tendance à s’affronter, puisqu’elle siège à la partie supérieure de l'éventail formé par les fibres convergentes du petit oblique.

De même dans les efforts de miction et de défécation, ce mécanisme s'oppose à toute velléité d’ectopie d’autant plus énergiquement que les contractions sont plus violentes.

Dans le cas d’une ponction particulièrement grande et délabrante, quelques points de suture sur le petit oblique, très solide en cet endroit, empêcheront les lèvres de la plaie de céder aux efforts viscéraux. Complications infectieuses :

La simplicité technique de l’opération se ramenant à une seule ponction musculaire supprime tout basfond, toute anfractuosité et élimine les suppurations tardives.

La situation de cette plaie amène le drainage mécanique des sérosités qui, par la seule action de la pesanteur, s’écoulent normalement vers l'extérieur.

Même si les délabrements musculaires sont importants, la cicatrisation totale de la plaie doit se faire en 20 jours ; dans ce dernier cas, on aide la nature

PRG Nr

par des lotions antiseptiques locales à laide d’un tampon d’ouate hydrophile.

L'absence de précautions, un milieu particulièrement infecté, un sujet en misère physiologique, organisme réceptif aux germes pathogènes, peuvent faire craindre, seuls, un résultat aléatoire. Dans ces conditions défavorables nous pourrions voir évoluer une péritonite. Retirer à plusieurs reprises la main ou le bras de l'abdomen, changer fréquemment de bras dans la recherche du testicule, c’est introduire des germes pathogènes dans le péritoine ; c’est augmenter singulièrement les chances d’une infection rarement curable. Ses premiers symptômes se manifesteront vers le quatrième jour par une raideur de la corde du flanc, une poussée thermique modérée et une douleur très vive de l'abdomen avec stupeur profonde et facies grippé.

Cependant les pertes sont relativement rares, néanmoins elles existent et il faut compter avec 2 à 3 % de morts. Pour une telle opération, c’est un chiffre minimum, dépendant surtout de l’habileté du chirur-

gien, de sa méthode, de ses soins aseptiques.

Observations de testicules néoplasiques et anormaux

OBSERVATION I Due à l’obligeance de M. ROQUELLE,

Docteur-Vétérinaire à Doncy (Nièvre)

Cheval Percheron-Nivernais, 30 mois, bai brun-foncé,

1 m. 64 au garrot, appartenant à M. J..., à Clamecy (Nièvre).

Opéré le 10 octobre 1929 d’une monorchidie abdominale gauche.

Présente un testicule kystique du volume des deux poings. Ce kyste, attiré vers la plaie opératoire, éclate au moment où l’on s’apprêtait à le ponctionner. Un liquide séreux jaune-citrin s’est répandu en totalité dans la cavité abdominale. L'opération fut terminée par l’ablation des enveloppes kystiques à la pince de Reynal et, par la suite, le cheval ne présenta aucun accident, ce qui laisse présumer que le contenu kystique était aseptique.

Le testicule vidé pesait environ 250 grammes ; sa substance noble paraissait refoulée au pôle le plus résistant et le plus épais.

Page 1