‹ De la culture de l'orge dans la province de Québec [microforme]Chapitre 1 sur 1 · CHARLES-ARTHUR FONTAINE, B. A.; B.S.A · texte numérisé non relu

CHARLES-ARTHUR FONTAINE, B. A.; B.S.A

Professeur à l’Institut Agricole d’Oka.

très défavorables en 1917, ct que cv -endement de 18 boisseaux et demi est au-dessous de la moyenne ordinaire.

Cependant, ce résultat peu encourageant est dû aussi, en bonne partie, À notre négligence et à notre attachement aux méthodes routinières.

Variétés d'Orge

Il existe plusieurs variétés d'orge À six rangs : mentionnors spécialement les suivantes : Mensury, Manichouric, O. A. C, No. 21, Commune, toutes orges À barbes, qui sont bien acclimatées dans notre province et qui se sont montrées très productives, dans la piupart des régions où elles ont été expérimentées.

Trois de ces variétés, en essaie sur nos parcelles d’exnérience, à l’Institut Agricole d'Olx, pendant trois années consécutives, ont donné les résultats suivants :

Durée Poids Variété de la tendement du Végétation Boisseau Mandetourie . S4 jours... 58.17 hoisse:ux....48 livres. O.A.C. No. 1... S6 ‘‘ 66.37 1e CA SL Mensury.…...…… CAES 65.10 “ 44 * IL est évident qu'en grande culturs it attendre des résultats aussi satisfaisants, p \ n'y peut donner tous les soins que l'on donu. sarcelle d’ur:

centième d’acre. Cependant. en cultivau une des variétés énumérées pius haut, et en la cuitivant rationnellement, on peut certainement doubler le rendement de 1917 (1S boizseaux et demi). Les faibles rendements, qu'on impute ordinairement à ia température, sont dus, le plus souvent, à la négligence dans la préparation du sol, à uu syxtème défectueux de rotation ct surtout au fait que l’on met on terre une mauvaise semence. Nous traiterons brièvement de ces points plus loin.

Sol Se Sous le rapport de la fertilité naturelle du sol, l'orge est un peu moins exigeante que le blé et un peu plus que l'avoine. Les meilleurs rendements sont obtenus en terre cFr ASE AI Fa al = A $S ©

grise, argilo-sablo-csucaire, profonde et perméable. Les sols légers, sablo-argileux pat exempie, bien engraissés, peuvent donner de très belles récoltes d'orge. Les sols sablonneux, sans consistance, ne lui conviennent pas : réservons-les à la cuiture du seigle. Les terres argileuses fortes conviennent mieux à ia culture de l'avoins et du blé.

Engrais

Les fumures dirertes ne sont pas plus recommandables pour l'orge que pour les autres céréales. Il vaut mieux semer l'orge sur un terrain fumé l'année précédente : aussi, ies fumiers frais occasionnent le développement du charbon. Un sol trop riche en azote favorise une croissance exagérée des feuilles et de ja paille au détriment du grain.

Les engrais phosphatés augmentent généralement le “endement ; mais on ne doit pas le: employer au petit bonneur ; il est préférable de fair ° ‘paravant des essais comparatifs sur des parcelles d'e. ‘ience.

L'orge est aussi la seule des cércales qui tire profit d'application de plâtre.

Place dans la Rotation

L'orge est la piante-abri par excellence , c'est-à-dire celle qui offre le plus de chan:es aux légumineuses et graminées fourragères, trèfle et mii, de germer et de donner une pousse vigoureuse. Les tiges d'orge sont fines, assez courtes, peu feuilleuses, laissant par conséquent beaucoup d'espace libre pour le passage de l’air et de la lumière : de plus, cette céréale mûrit tôtet est enlevée de bonne heure; autant de raisons qui la font préférer à toute autre dans la préparation d'une prairie artificielle ; les graines de trèfle et de mil, —c'est un fait constaté par tous, —viennent mieux semées avec l’orge qu'avec les autres céréales, avoine, seigle ou blé.

La place de l'orge dans la rotation se trouve dons tout naturellement entre une plante sarclée et une prairie.

Là où l'on ne cultive que peu ou point de plantes sarclées, on la sèmera sur retour de prairie ou La pâturage fumé. Si l’on doit semer deux céréales consécutives sur la même sole, avoine et. orge ou blé et orge, cette dernière céréale devrait toujours précéder immédiatement la prairie.

(a) L'orge—L'orge préfère les Jlabours d'automne aussi profonds que possible, surtout dan: les terres franches et fortes ; les rendements seront généralement en raison directe de la profondeur du iabour. Les racines d'orge développent un chevelu épais qui s'étend surtout dans le sens de la profondeur. En terre ayant un sous-sol riche en éléments minéraux, comme c'est ordinairement le cas pour les tetres franche: et fortes, on est en droit d'attendre sn rendement deux lois plus ronsidérabie sur un labour ue 10 pouces que sur un labour de 5 pouces de profondeur.

(b) Assainissement.—A ce suiet, disons qu'il ne suffit pas de faire de bonnes rigoles partout où le besoin s’en fait sentir, mais qu’il faut aussi tenir les fossés fet les décharges d’égouttement bien nettoyés. Le défaut. d'assainissement, sur les + -res cultivées de notre p nce, limite les rendemente L. .acoup plus que ne le f les mauvaises conditions de température et de fumun.….

(c) Ameublissement.—L'orge est, parmi les céréales, celle qui est la plus sensible à une nonne pulvérisution de la couche superficielle. Plus la terre sera meuble; poreuse, friable, exempte de mottes et de mauvaises herbes, plus la jeune plante aura chance de s’enracinei et de taller.

Pour avoir une pousse uniforme, il faut des planches bien nivelées, ni bombées, ni creuses au milieu ; la herse à disques est l'instrument indispensable pour corriger ces défauts d’un labour mal fait.

Semis

(a) Choix et préparalion de la semence.—Il est reconnu qu'après les labours trop minves dans les terres fortes et

le manque d'égouttement du sol, la eause qui contribue davantage à maintenir le rendement de l'orge si peu élevé dans notre province est tine mauvaise semence.

Il ne suit pas de choisir une variété productive comme une de selles que j'ai énumérées plus haut, mais il faut aussi feire de la sélection dans cctte variété, Un seul criblage n'est pas suffisant pour éliminer les graines chétives et trop légères ; il en faut au moins ‘leux ou trois.

Si le triage à la main n'était pas aussi lent, nous le recommanderions pour la préparatior de toute la semence. Ce que l'on peut faire avec fucilité, c'est la sélection à la main d'un demi boisseau d'orge, que l'on semera sur un lopin réservé à cette fin. Ce lopin sera bien entretenu durant l'été ; on le nettoiera des mauvaises herbes et des tiges chétives ou attaquées de raladies, telles que le charbon. On récoltera, battra et criblera cette orge séparémont, et l’on aura ainsi, sans trop de frais, une semen: de qualit“ supérieure pour l'année suivante.

On devrait suivre cette pratique tous les ans, et pour toutes les céréales. C’est aussi le moyen le lus sûr de semer du grain exempt de maladies telles que le charbon nu et le charbon couvert de l'orge.

Pour ce qui est du traitement des semences attaquées de ces maladies, comme le cadre de ce fascisule ne permet pas de le donner en détail, nous ne croyons mieux faire

ue de référer le lecteur aux bulletins :Vos. 25, 26 et 27 u Ministère de l'Agriculture de Québec,

(b) Epoque du semis.—On sème l'orge après le blé, mais aussi à bonne heure que nossible ; les semis hâtifs sont toujours plus productifs que les semis tardifs ; cependant, l'orge se ressent moins que le blé d'un retard prolongé dans j’ensemencement. On a vu de l'orge semée en juin donner d’assez bons rendements ; cette arge était moins pesante que celle semée vers la mi-mai.

(c) Quantité de semis.—Un boisseau et demi à deux boisseaux à l’arpent, selon que l'orge sert de plante-abri

ou qu'elle est semée seule, On recommnnde un semis plus clair dans le cas d'une plante-abri, afin de laisser plus d'air, de soleil et d'humidité aux jeunes tiges de mil et de trèfle.

Sur sols légers, pour hâter la ermination et pour faciliter un enr&cinement solide, on doit rouler immédiatement après le semis.

Ce aue nous avons dit des hersages l'gers après la levée du grain s'applique, dans les mêmes cirronstances, avec autant d'avantage À l'orge qu’à l’avoine et au blé,

Récolte et Javelage

Pour la semence, l'orge doit être récoltée pariaitement mûre ; pour lu consommation,on peut la récolter quelques jours avant la complète maturité ; son grain cest alors plus blanc et plus nütritif, et sa paille plus digestible et plus appétissante.

On laisse javeler l'orge quatre ou cina jours avant de engranger.

Rendement

L'orge rend ordinairement plus que le blé et moins que l'avoine, La moyenne dans Ja province, depuis une disaine d'années, est de 20 à 20 boisseaux par arpeut. Dans de la bonne terre bien Préparée et avec une bonne semence, on peut facilement récolter 40 boisseaux par arpent. Au prix actuel du marché, (81.50 à 82. du boisseau) on peut dire que la culture de l'orge est très payante.

Mot de la fin nee

coup de grain pour engraisser es porcs : et ceux parmi les éleveurs qui, cet hiver, comptaient sur la maïs importé de l'Ouest Américain, ont éprouvé la vérité de l'axiome en ordonnée commence Par soi-méme.

Nos voisins se scnt servis eux-mêmes d’abord, et si l’on

LR D LA

en juge par le peu de Maïs qui nous arrive de là-bas et les prix exhorbit nts qu'il nous faut le payer, les restes ne sont pas « ,sidérables.

Notre pr ‘nce est essentiellement awrirole ; elle doit s'eflorcer C se suffire à exie-même, se 2 rapport de sa propre nourriture et de l’alimentat 1 « ges animaux d'élevage. Si, cette année, nous él‘ deux fois plus de pores que les années passées, nous aevrions, À cause

ce fait, ensemoncer nne superficie au moins double en orge, puisqu'il est reconnu que cette céréale est l'aliment éeonomique par excellence pour l’engiaissement du porc.

ea - — Publiée Par ordre de l’Hou. Jos.-Ed. Caron, Ministre de l'/.griculture de la province de Québec.

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