DE LA
Dans la Province de Québec — PAR — CHARLES-ARTHUR FONTAINE, B. A.; B.S.A.
Professeur à l’Institut Agricole d’Oka.
CR RE RSS SAR CEE POURQUOI ACTIVER LA PRODUCTION DU BLE DANS LE QUEBEC.
Un pays agricole comme le Québec devrait récolter tout le blé nécessaire à Ja fabrication de son pain.
La consommation totale dans notre province est à l’heure actuelle, d'environ 12 millions de minots ou, À peu près 5 minots et demi par habitant, homme, femme et enfant.
Dans les années qui précédèrent la guerre, notre province ne produisait qu'environ un million de minots de blé par an.
En 1916, la récolte de blé ne fut que de 960,000 minots, c'est-à-dire à peine un demi-boisseau par habitant.
En 1917, grâce à la car ‘pagne de production menée par
le ministère
province devrait, au printemps de 1918 mettre 5 à 6 acres de sa terre en blé. Il faut prendre cette détermination si l’
Blés d’automme et Blés du printemps
de ce blé contre 2 millions seulement de blé de printemp.
Le climat de la province de Québec est en général tro; rigoureux et son sol trop peu drainé pour que le blé d'un tomne y réussisse bien. ependant, dans certaines partie du sud de la province, sur des sols très bien drainés (| essais de culture de blé d'automne ont donné de ln résultats,
Pour conclure, disons que dans la majorité des sol 4 notre province, on doit dote de l'extension à la seul culture des blés de printemps.
Blés barbus et Blés ras
Les blés barbus sont ceux dont la balle est termince par une pointe pailleuse acérée. On dit qu'ils sont plus du et plus rustiques que les blés imhethes ; cependant « avantage, s’il existe réellement, n’est pas suffisant pou contrebalancer l'inconvinient de ces pointes acérées qui terminent l’épi; on doit donc préférer les blés ras aux LL barbus.
Variétés de Blé ne
Les variétés suivantes Sont à recommander dans Ja pro vince de Québec, Parce que les résultats de plusieurs ONE riences ont démontré qu'elles s'adaptent le mieux aux con ditions de sols et de climats.
(1) Blé Marquis.
Ras à grain Touge prononcé ; balles blanchâtres ; paii! solide ; hâtif et productif, (2) Fife Rouge.
Ras à grain rouge plus pâle que le Marquis ; un peu pin tardif que ce dernier : donne excellente farine : à peu pr æusi productif que le Marquis.
Climats et sols ne
En général. le climat de notre province est favorable à la culture du blé. A cause de l'humidité de la saison, Je grain récolté n'aura généralement pas la dureté de celui qui est cultivé dans l'Ouest.
Les meilleures régions à blé sont la vallée du Lac St- Jean et la plaine qui s'étend depuis le comté de Kamouraska jusqu’à l'extrémité sud de ln province. Les régions nouvelles de colonisation, en particulier l’Abitibi. le Témiscaming et la Métapédia renferment beaucoup de terres propres à la culture du blé.
C'est dans la bonne terre grise. profonde, argilo-sableuse et argilo-sablo-calcaire, que l'on obtient les meilleurs rendements,
Les terres fortes, argileuses, pourvu qu’elles soient labourées l’automne, bien ameublies et bien égouttées, donneront les meilleures récoltes.
Les sols légçis sont les moins propres à la culture du blé ; cependant, bien pourvus d'humus et d'éléments minéraux essentiels, ils donneront des rendements satisfaisants.
Engrais et amendements
Dans un bon système de culture. basé sur une rotation rationnelle et suivie on ne fume pas l’année même de la plantation du blé. Les récoltes précédentes, ordinairement cultures sarclées, sont supposées avoir été fumées abondimment, et dans ce cas il reste, le plus souvent, assez te non utilisés pour nourrir une bonne récolte de Je,
Les terres très fortes de même que les terres légères, salionneuses, tirent grand profit d’un amendement calcaire d'environ 609 à 1000 lbs de chaux éteinte à l’acre.
Le seul engrais chimique qu’il peut être avantageux ‘'épandre à l'époque actuelle est une dose de 400 à 500 Ibs de phosphate Thomas par acre ; encore, faut-il, avant de “ire la chose sur une grande échelle, tenter l'essai de cet cagrais sur une petite parcelle, afin d’être sûr que l’on en ‘Ta pour son argent. Dans la grande culture cela ne rrofite généralement pas d'employer des phosphates au coût de $30. la tonne.
Place dans la rotation
Le blé vient tout naturellement après une culture sarclée, mais, pommes de terre, plantes-racines, où après une léguminense, haricots, pois, trèfle.
Ces dernières cultures (légumineuses) préparent “minemment le sol pour la culture du blé : leurs racines ameublissent la terre et de plus sont des réservoirs d'azote qui est, comme on le sait, l'élément dont Ja blé est le plus exigeant et qui coûte, en même temps, le plus cher à se procurer dans le commerce.
Les pois, les haricots, le trèfle prennent l'azote dans l’atimosphère, le fixent, s'en nourrissent et en laissent, dans les nodules dont sont pourvuces leurs racines; une provision qui sera utilisée par la récolte subséquente.
Dans les bonnes terres À blé (terres grises, argilo-sablocalcaires), c'est après une récolte de pois que l'on obteent les meilleurs rendements de blé.
On a semé du blé sur une pièce de terre ensemencée l'année précédente mi-partie en pois et mi-partie en maïs à ensilage,—cette ferniète partie avant été au préalable fumée copieusement.—-Le rendement en blé sur retour de pois fut de 6 à 8 boisseaux par acre supérieur au rendement sur retour de mais fumé.
Là où la culture du blé est prospère on sème aussi sur “ L « 1 retour de trèfle, et l'on a de très bons rendements, Autant que possible ne pas semer bié sur blé.
Labour
Dans les terres fortes et franches, un bon labour d'automne, profond de 5 à ä pouces est le plus convenabie. Le labour d'automne est toujours préférable au labour de printemps : la terre se travaille mieux et plus tôt au printemps, demeure plus poreuse, emmagasine plus d'eau et résiste mieux à la sécheresse.
Pour les terres légères, le labour de printemps, fait quand ia terre est bien ressuvée, est presque aussi favorable que le labour d'automne.
Assainissement
Un sol bien égoutté, est la condition ‘‘sine qua non” du succès dans toute culture et surtout dans la culture du blé : les racines on besoin d'air pour vivre et elles n’en trouvent pax dans une terre gorgée d'eau les deux tiers de l'année. Souvenons-nous aussi que ce sont les sols mal assainis qui, ordinairement, souffrent le plus de la sécheresse. Donc, rigoles et fossés assez proïonds et bien entretenus.
Ameublissement
Le blé demande un sol bien meuble, exempt de grosses mottes. Cet ameublissement sera très facile À faire sur une terre ayant porté une plante sarclée ou des pois l’année précédente.
Le sol doit être nivelé et pourvu de raies de curage bien entretenues. Le rendement est diminué sur des planches bombées ou creuses au milieu.
Roulage et Hersage après le semis
Le roulage après le semis, surtout sur les terres légères, est très recommandé, pour hâter et faciliter la germination en faisant monter l'humidité à la surface et en mettant le grain en contact plus intime avee la terre environnantes,
Dans les terres fortes et surtout les années pluvieuse. il est bon de passer une herse légère lorsque les tiges du blé ont 4 à 6 pouces de hauteur. Ce hersage a pour effet de briser la croûte qui s’est formée à la surface, et p9r suite de donner plus de chance à l’air de pénétrer et d'aîles vivifier les racines ; en même temps, cette pulvérisatios de la croûte superficielle brise la capillarité et empêche l'évaporation trop rapide de la réserve d’eau du sol.
C'est une th‘orie dont le bien-fondé est prouvé par pratique : un très bon cultivateur de Howick, comté € Châteauguay, nous avouait, il y a queique 2 ans, qu avait doublé sa récolte de hlé et de graines mélés en 191% grâce au hersage pratiqué après la levée de ces grains.
Cette facon culturale est surto't recommandée pour les terres fortes et lorsque de grosses pluies viennent masser la tære après la levée.
Semis
1) Sélection du graïn. 11y a très grand avantage À sélectionner le blé de semence. On ne prend que des grain: uniformes, de moyenne grosseur, bien conformés, lisses et luisants.
sélection des grains cst aussi rémunératiice que la sélection des animaux reproducteurs : de reproducteur: chétifs, on ne peut s'attendre À avoir une progéniture vigoureuse ; de grains rabougris, on a des plantes faibles et Bras productives, eux criblages valent mieux qu’un seul, et un triage à la main vaut mieux que trois ph, «pates Epoque du semis. Le blé doit être semé aussi à bonn: heure que possible au rintemps ; cela ne veut pas dire qu'on doive le semer dans l’eau ou dans lu bouc. Aussitôt que la terre est bien ressuyée et raflermie, quand les ieds des chevaux n'enfoncent plus dans les raies de « urage, il est temps de mettre le blé en terre.
ous ne donnerons pas cinquante raisons pour prouver que le blé semé à bonne heure est plus profitable que celui semé plus tard : nous ne citerons que le résultat d'une expérience très coucluante, poursuivie pendant cinq années consécutives sur la ferme d’un ccllèse d'agriculture, avec des semis espacés les uns des autres d’une semaine. le premier étant fait aussitôt que la terre était ressuyée, a fait pareille expérience ailleurs avec résultats a pou rès analogues. Conclusion prat que : semons le blé aus bonne heure que possible au printemps.
3) Quantité de semence à ï’acre. Environ un boisseau et un quart à un boisseau et demi, suivent ue, On sème sur terre forte ou sur terre légère ; On sème à dru sur terr: légère que sur terre forte : les semis à la volée demanden: ae une plus forte quantité de semence que les semis en ignes.
Avanta des semi lignes sur les semis à la volée
1) Ils économisent environ 5% à 20% de semence. 2) Ils enfouissent les giains à une profondeur plu: uniforme.
3) Les grains sont aussi répartis plus uniformément sur toute la surface.
Outre le hersage, les travaux À faire durant la végétation se résument à l’arrachage des mauvaises herbes s'il y a lieu
T'écolte Ce
Le blé récolté pour la semence doit être parfaitement mûr. Pour la farine, on le récolte, autant que possible, 3 ou 4 jours avant la parfaite maturité. Le blé alors acho: ve de mûrir À même sa paille, et cette dernière est plus nutritive et moins coriace pour les animaux. Le blé récolté en cet état a aussi une écorce plus mince et donne une farine plus blanche,
Javelage
La durée du javelage est d'environ une semaine ; c'est-àdire qu’il faut laisser le blé une semaine sur le champ avant de l'engranger ,un peu plus si la température est humide, un peu moins s' la température s'est maintenue chaude et sèche
Si l’on rentre le blé avant qu'il soit bien javelé, bien mûri, le battage s'opérera plus difficilement, les grains adhérant encore trop fortement à la paille et le rendement sera moins fort.
Rendement
Le rendement moyen pour la province de Québec, en 1917, a été d'environ 16 hoisseaux à l'acre Le prix actuel du marché étant de 82.5) le boisseau, le revenu brut moyen pour chaque acre de bl: semé dans notre province en 1917 a donc été de $35. ; en déduisant $20. comme le coût moyen de revient, main-d'œuvre, loyer de la terre, etc., il appert gr acre de blé, dans des circonstances aussi défavorables
e température que celles qui ont prévalu l'an dernier, a donné en moyenne un revenu net de $15.
Mot de la fin ARR DRE LE SSSR
La culture du blé est une culture nécessaire ; c’est de plus une culture payante et facile ; elle était en train de disparaître dans la province de Québec ; la nécessité nous la fait reprendre. Que ce ne soit pas temporairement, Mais pour toujours, car no:s aurons toujours besoin de pain.
Prenons pour résolution de nous suffire à nous-mêmes,
Publiée par ordre de l'Hon. Jos.-Ed. Caron, Ministre de l'Agriculture de la province de Québec.