‹ De La Cure Radicale Des Hernies Inguinales Par Le Procédé MyoplastiqueChapitre 12 sur 18 · LATE · texte numérisé non relu

LATE

Sur une soixantaine de hernies inguinales opérées par le procédé myoplastique, une dizaine seulement ont pu être

revues.

Nous avons déjà donné l'observation del’une d’entre elles.

Nous apportons ici les renseignements que nous ont donnés

les autres.

OBsERvATION X. — (N° 4193.)

M..., âgé de33 ans, gardien de la paix, est admis le 18 julliet 1898 à la salle Gosselin : il se plaint de souffrir d’une hernie inguinale gauche ; il y a un an et demi environ qu'il a commencé à sentir un peu de gêne dans le pli de l’aine gauche, après une journée de fatigue. Cette gêne disparaissait rapidement el complètement par le repos ; le malade, à ce moment, ne remarque rien d’anormal dans la région douloureuse.

Ce n'est que depuis cinq mois qu’il y a vu se produire une petite tumeur disparaissant lorsqu'il se couche, réapparaissant lorsqu'il se tient debout, prenant le volume d'un gros œuf lorsqu'il fait le moindre effort.

Molle et indolente à la palpation, la tumeur se réduit très facilement ; elle traverse un anneau inguinal extrêmement dilaté dans lequei 2 doigts pénètrent aisément. Jamais le malade n’a porté de bandage.

Son père, âgé de 67 ans, souffre également d’une hernie de puis l’âge de 21 ans.

Le 21 juillet, cure radicale : on trouve un gros sac contenant une anse de l'S iliaque légèrement adhérente. Le sac est lié, réséqué, son pédicule fixé en haut sous le petit oblique.

Les muscles et les aponévroses sont minces et peu résistants. Le petit oblique et le transverse sont réduits à une mince couche de fibres musculaires pâles ; leur bord inférieur est situé à une assez grande distance de l’arcade crurale. Ces considérations décident à employer le procédé myoplastique.

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Le malade sort guéri.

Le 20 juillet 1900, le malade, qui porte un bandage depuis l'intervention, n'est plus du tout gêné par sa hernie; il est encore gardien de la paix et peut assurer son pénible service sans éprouver la moindre fatigue.

OBsERvATION XI. — (N° 4572.)

Un cocher, P..., âgé de 51 ans, se présente à la salle Gosselin le 10 février 1898 ; il souffre d’une hernie inguinale droite qui le gêne considérablement pour l'exercice de sa profession. C'est en 1879 qu’il s'est aperçu dela présence d’une petite tumeur située dans laine droite, survenue sans aucune cause appréciable. Cette tumeur a augmenté peu à peu de volume ; elle descend depuis cinq ans dans le scrotum. À la même époque s’est produite une petite hernie inguinale gauche. Depuis ce moment, le malade porte un bandage double, mais la contention de la hernie droite est imparfaite. Aucun hernieux n'est signalé dans sa famille. [1 ne présente, comme antécédents personnels, qu'un abcès froid survenu il y a dix ans au niveau de l’aine gauche.

Le jour de l’entrée, on constate que la hernie droite, grosse et volumineuse, descend dans le scrotum au-devant du testiculeauquel elle paraît adhérer. La palpation donne la sensation spéciale fournie par l'épiploon. Le canalinguinal, très large, admet facilement l'extrémité de trois doigts.

A gauche, la hernie est petite, elle ne sort pas du canal inguinal.

La paroi abdominale est d’une flaccidité remarquable.

Le 19 février, cure radicale de la hernie droite par le procédé myoplastique.

Le sac, épais, adhère au cordon que l’on dissèque avec la plus grande difficulté. Son contenu est formé par de l’épiploon sur lequel on place une ligature en chaîne et que l'on résèque audessous des ligatures.

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Le canal inguinal est reconstitué par la transplantation d’un iambeau du grand droit. Suture et drainage.

La hernie gauche étant peu volumineuse, sa tolérance parfaite, la faiblesse de la paroi abdominale et la grosseur de la hernie droite nécessitant, par précaution, malgré la cure radicale, le port d’un bandage, on n’opère pas la hernie gauche et l’on conseille au malade, le jour de sa sortie, le port d’un bandage inguinal double.

Le drain a été enlevé le deuxième jour, les fils au huitième. Le malade sort guéri le 27 mars, après avoir subi une amputation du petit doigt de la main gauche pour attitude vicieuse.

Le 20 juin 1900, nous retrouvons le malade en excellent état; il n'éprouve plus la moindre gène de sa hernie droite, la hernie gauche n’a pas augmenté de volume, toutes les deux sont parfaite ment maintenues par un bandage double que le malade n’a cessé de porter depuis l'intervention.

OBsERvATION XII. — (N° 3730.) .

François R..., journalier, âgé de 59 ans, est admis au pavillon Lister le 6 novembre 1897. |

Il y a dix-huit mois, en soulevant des sacs de farine, il a vu se produire brusquement une hernie inguinale droite.

La tumeur, pendant un an, reste parfaitement réductible. Un jour, à la suite d’un effort, elle s'étrangle, et le malade se fait opérer à Bicêtre.

On constate en effet, au niveau de la région inguinaledroite,une cicatrice opératoire. La paroi est très notablement affaiblie, et la hernie s’est reproduite ; elle est de la grosseur d’un œuf et réductible.

Le 10 novembre, cure radicale par le procédé myoplastique. Il s'agit d’une hernie directe avec un véritable effondrement de la paroi.

Le malade sort guéri le 6 décembre 1897.

Le 1°r juillet 1900, il habite Bicêtre, où il exerce le métier de puisatier.

Il est en excellente santé, ne porte pas de bandage et n'a été obligé de faire, depuis 1897, qu'un court séjour à l'hôpital où il a été soigné pour rhumatismes.

O8BsERvATION XIII. — (N° 2968.)

Auguste B..., plombier, est tombé en 1892 d’un deuxième étage ; il est porteur, depuis cette époque, d’une hernie inguinale droite. A noter, dans ses antécédents héréditaires, son père, hernieux.

La hernie, grosse comme le poing, est mal contenue par un bandage. Elle se réduit avec la plus grande facilité, et la réduction est accompagnée de gargouillement.

La tumeur cause au malade d’assez vives douleurs, surtoutle soir.

Le 30 juin 1896, une huitaine de jours après l'entrée à l'hôpital, on pratique la cure radicale par le procédé musculaire. Onrésèque le sac, très long, n'ayant aucune adhérence avec les tissus voisins et contenant de l'intestin grêle.

La reconstitution du trajet inguinal est faite comme d’ordinaire.

On laisse un drain dans la plaie à cause d’un petit furoncle situé au niveau de la hernie, et que l’on excise.

Bonne réunion, malgré un érythème iodoformé considérable et l'apparition de petits furoncles nouveaux.

Le malade sort guéri le 17 juillet.

Il s’est présenté, sur notre invitation, à l'hôpital Cochin le 14 juin 1900. Il ne porte pas de bandage et sa paroi abdominale est en excellent état : pas trace de récidive.

OnservaTION XIV. — (N° 2440.)

Gasparine J..., vient se faire soigner salle Sédillot à l'hôpital Cochin, pour un polype de l'utérus et une hernie inguinale droite.

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La hernie s'est produite il y a plus de vingt ans. Elle n’a causé à la malade que des coliques à plusieurs reprises, et une sensation de pesanteur après de grandes fatigues. Au moment de l'entrée, elle atteint le volume du poing, et rentre facilement à la moindre pression. Elle se reforme d’ailleurs avec une aussi grande facilité sous l’action du moindre effort.

L’anneau inguinal est très large et admet facilement toute la phalangette de l'index.

Le 29 octobre 1896 on pratique la cure radicale par la méthode myoplastique.

Les suites de l'opération sont très bonnes. La malade sort guérie le 15 novembre.

Elle habite actuellement les environs de Paris, a épousé un maraîcher et est obligée de travailler à la culture.

Nous avons reçu d'elle récemment une lettre dans laquelle elle nous dit n’avoir jamais porté de bandage, être en très bonne santé, et ne souffrir en aucune façon de son ancienne infirmité.

OBsERvATION XV. — (N° 2190.)

Un malade âgé de 24 ans, fabricant de pièges, se présente à l’hôpital Cochin le 28 janvier 1895.

Il y a deux mois, en soulevant un poids, il a senti un craquement au niveau du bas-ventre. À partir de ce moment, il n'a cessé de souffrir dans la région inguinale gauche chaque fois qu’il est obligé de lever les bras en l'air, ou de porter un objet un peu lourd. |

Dans ses antécédents héréditaires, nous trouvons que son père a été atteint de hernie inguinale à l’âge de 65 ans.

Le malade entre le 28 janvier, parce que sa hernie l’empêche d'exercer sa profession qui nécessite le déploiement de beaucoup de force.

À la vue, on constate au-dessus du scrotum, au-dessus d’une ligne allant de l’épine iliaque antérieure et supérieure à l'épine

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du pubis, à droite et à gauche de la ligne médiane, une petite grosseur qui subit l'impulsion de la toux. La tumeur gauche est plus volumineuse que la droite.

Les bourses sont lâches, la paroi abdominale présente des saillies anormales en divers points.

Si on invagine la peau du scrotum sur l'extrémité du doigt, on trouve aussi bien à droite qu'à gauche un anneau inguinal très notablement élargi, et d’où s'échappe une petite masse à chaque effort de toux du malade.

Une fois sortie, cette masse est facilement réductible.

Le relâchement spécial de la paroi abdominale fait choisir le procédé myoplastique pour la cure radicale double qui est pratiquée le 1°" février 1895. Le malade quitte bientôt l'hôpital sans suites opératoires fâcheuses, muni d’un bandage double.

Nous l’avons revu le 8 juillet 1900. Il ne porte plus de bandage, et exerce sa profession sans fatigue ; il y a même joint celle beaucoup plus pénible, de fabricant de ressorts de sommiers.

Ogservarion XVI. — (N° 1291.)

Il s’agit d’un homme de 29 ans, P..., Désiré, journalier, qui depuis l’âge de 20 ans est porteur, à la suite d’un effort, d'une hernie inguinale droite.

D'abord grosse comme un petit œuf de poule, cette hernie augmenta considérablement de volume et au moment de l'entrée du malade à l'hôpital, le 19 juillet 1893, elle descend jusque dans les bourses. Une telle tumeur est naturellement gênante, bien qu'elle soit relativement bien maintenue par un bandage inguinal.

A l'examen du malade, on trouve un anneau considérablement élargi ; l'écart des piliers est suffisant pour admettre le passage de deux doigts.

Le 27 juillet 1893, on se décide à faire la cure radicale de la hernie par le procédé myoplastique. L'opérateur, M. Rochard, suit scrupuleusement la technique décrite par M. Schwartz.

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