SON AVENIR PROBABLE
Selon l'opinion deM.de Warren et celle qui a été exprimée dans un éloquent article de la Revue des Deux Mondes en 1842, M. de Jancigny aurait avancé une assertion bien hasardée en assurant que les peuples de l'Indoustan, depuis plus d'un siècle qu'ils sont sous la domination de la Compagnie, ont joui de plus d'indépendance relative, de repos,
288 DE LA DÉUDENCE
d'aisance et de bonheur qu'ils n'avaient eu en partage pendant dix siècles.
Quelle est la position présente de l'artisan et du laboureur? Leur demeure est une hutte de boue; leur mobilier, un lit de cordes tressées avec des herbes, une natte de roseaux et quelques écuelles de bois, et des lambeaux pour vêtements. La nourriture consiste le plus souvent en un pfu de farine délayée dans l'eau froide dont la fadeur n'est pas toujours corrigée avec du sel, car la Compagnie en fait le monopole, et il se vend trop cher pour que l'Indien puisse s'en procurer toutes les fols qu'il le désire.
Autrefois, lorsque le laboureur ou l'artisan étaient frappés par le malheur, ils trouvaient une ressource dans les immenses travaux publics exécutés par les rajahs ou les conquérants afghans et mogols ; malheureusement aujourdliui cotte ressource est perdue, car il se fait plus de travaux publics en six mois dans le moindre département de la Érance que dans toute la surface de llnde anglaise en un an.
L'Angleterre a trouvé moyen d'épuiser tous les trésors de l'Inde sans en employer la moindre fraction au {profit et ao bonheur des peuples qu'elle a conquis.
Le Indian-JVews, dans un article du 9 mai 1843, dit que sous ce ciel qui, pendant sept à huit mois de l'année, ne se voile jamais d'un nuage et où la terre est six mois sans rosée, la seule ressource de l'agriculture est dans les lacs artificiels où on puisait autrefois pour les besoins de l'irrigation.
Une note officielle porte que, dans la seule présidence &e Madras en 1827, le nombre des étangs crevés ne se montait pas h moins de onze cents, et que, par suite, des district entiers étaient dépeuplés et retournaient à l'état de nature.
Dans les villes où florissaient autrefois d'admirables iibriques, on ne rencontre plus que quelques malheureux tisserands ; l'introduction forcée des marchandises anglaises dans la colonie , et l'exclusion des produits indiens bruts oo
manufacturés des ports de la métropole ont tari toutes les sources de prospérité.
Montgomery-Martin a calculé que le capital retiré de la circulation dans l'Inde depuis cinquante ans se monte annuellement à environ 400 millions de livres sterling ou 2,500,000,000 de fr. Cette somme , qui sort des Indes pour n'y plus rentrer, épuise toutes ses forces vitales. Aussi ce grand économiste, comparant la situation de l'Inde anglaise à un individu qui serait privé de nourriture et auquel on retirerait journellement du sang par des saignées, demande ce qu'on peut attendre d'une pareille situation. Atrophy, convulsions f death. L'atrophie, les convulsions, la mort.
Mais rinde n'a-t-elle pas au moins quelque espoir d'amélioration dans l'avenir? Non. Sa position doit nécessairement et fatalement empirer. Toutes les carrières, tous les emplois honorables étant fermés aux indigènes, il s'ensuit que les fortunes aisées et les classes moyennes disparaissent successivement sans se remplacer, et que, dans un temps donné, il n'existera plus qu'une égalité de misère qui nivellera i50 millions d'individus. Enfin, c'est un immense peuple de serfs, jouissant d'une liberté nominale annulée par le besoin, et n'ayant d'autre alternative que de travailler pour le profit exclusif de ses maîtres.
Les Européens qui visitent l'Inde jugent de l'Indoustan
d'après les villes maritimes de Madras, Bombay et Calcutta,
i» ^^ qui ont à elles seules le monopole du commerce de toute la
presqu'île avec la métropole, la Chine et l'Océanie; de là
0 viennent les erreurs qu'ils propagent sur le bonheur des
^^ Indiens et sur les richesses de l'Inde anglaise.
TABLEAU dressé sur les rapports fournis pendant dix-sept aus par TAsylum des pauvres sans domicile, donnant le chiffre proportionnel des membres des divers métiers et professions admis dans les Refuges.
Ouvriers de fabrique. . f sur 3 iudÎT.
Marchands des rues . . » 4 »
Journaliers agricoles. . » 4S »
Marins » it »
Femmes de journée et
lavandières ■ 13 »
Journaliers en général. * i7 »
Matelassiers » 3t> »
Forgerons et fondeurs
de fer » 36 »
Tisserands » 88 »
Briquetiers » 30 »
Cordiers » 44 »
Chaudronniers » BS »
Papetiers et dominotiers » 88 »
Peaussiers » S8 »
Vanniers » 61 »
Maçons, pIAtriers et ar-
doisiers » 6i »
Jardiniers » 67 »
Ouvriers en lirots ...» 70 »
Scieurs de long » 73 »
Tourneurs et boisseliers » 74 m
Grillageurs » 75 »
Couteliers r . . » 77 »
Selliers et harnacheurs » 80 »
Tailleurs de pierres . . m 88 »
Teinturiers » 94 »
Ramoneurs » 07 »
Commissionnaires ...» 99 »
Portefaix » 99 »
Peintres en bAtiment ,
^ plombiers et vitriers. » 4 19 »
Ebénistes et tapissiers » lt8 »
Cordonniers » 150 »
Imprimeurs et compositeurs » 143 »
Brossiers » 14S »
Charpentiers , menuisiers et charrons. . . » 160 »
Boulangers » 167 »
Fondeurs de bronze. . » 177 »
Tailleurs » 177 »
fabricants de peignes. » 178 «
Tonneliers » 178 »
Inspecteurs de travaux. » 198 »
Pelletiers
Tailleurs de verre . . .
Fabricants de lits . . .
Moyenne pour Londrtt entier
Bouchers
Relieurs
Mendiants
Mécaniciens
Mineurs
Fnbricants de dentelle- Marchands de volaille.
Fourreurs
Fabricants de chapeaux de paille
Fabricants de boutons et de ^ssementerie.
Palefreniers et grooms.
Bouviers
Coiffeurs
Fabricants de pipes . .
Commis et garçons de boutique
Chapeliers
Ferblantiers
Fabricants de chandelles
Domestiques
Bouchonniers
Joailliers et horlogers.
Fabricants de paraiHui"
Voiliers
Sculpteurs et doreurs .
Arauebusiers
Malletiers
Fabricants de chaises .
Marchands de poissons.
Tanneurs
Musiciens
M^issiers et corroyeurs
Carrossiers
Graveurs
Charpentiers de navires
Artistes
Drapiers
Moaistes et couturières.
1 surS03 indiv.
tl»
▲6E DES INDIVIDUS QUI, DANS LE COURS DE L*ANN£e 1849, ONT DBMANDl^ ABRI A L*ASILE CENTRAL.
Nombre
Age.
d'individus
Enfants au-dessous de 4 mois.
âgés
de .
Age.
4 au 28
2 ans 24
Nombre
Age. d'individus.
33 ans 405
Cette table montre que le plus grand nombre de vagabonds se trouve parmi les individus âgés de quinze à vingt-cinq ^ns,
DE LA OÉCÀDBNCB
RAPPORT, pour 184849, sur les maladies des individus admis
à TAsile central.
Caurrbe et infliteiiM 149
Fièrrt incipîente 81
RhumalÎMiie» BO
Diarrhée M
Choléra •
Bronchite II
Abcè« 18
Ulcère* Il
Affections de U tète it
Fièvre 18
InJlammation dec poumons ... 1
Exoessive débilité oaaséepar le besoin 17
Asthme 10
Epilepsie 4
Atrophie
HTdropisie
Blessures
Maladies des articulations. . .
Erésipèle..
Hamie
Crampes et douleurs d*entrailles.
Crachement de sang
Lumbago
Ophtalmie rhumatismale . . .
Ecrouelles.
Foulure
Fracture
Grossesse
En présence de ce tableau, il n'est pas nécessaire de posséder de grandes connaissances pathologiques pour se rendre compte des causes des souffrances qui affligent les misé* râbles hôtes des maisons de refuge. Les catarrhes et rinfluenza, les rhumatismes, les bronchites, la fièvre, Tasthme, le lumbago révèlent les nombreuses nuits passées au froid et à la pluie. — Les abcès, les ulcères , la diarrhée et l'excessive débilité produite par la faim montrent assez clairement le long martyre des parias de l'Angleterre.
TABLEAU des principales classes de la Grande-Bretagne.
Domestiques
Journaliers agricoles . .
Journaliers en général. .
Fermiers et nourrisseurs.
Ouvriers des manufactures
de coton (toutes les bran
ches)
Bottien et cordonniers .
Mineurs
Pauvres des hospices, peu
sionnaires et mendiants Charpentiers et meauisiêts Tailleurs etculottiers.
Tisserands ( branche
spécifiée ) . . . .
non
l,lS7,li8
164,908 46t,977 1 te, 137
Modistes et couturières. . . 106,801
Ouvriers des manufactures
de drap et de laine . . . 97,885
Forgerons 97,840
Maçons, paveursetscnlpteun 8i,665
Ouvriers des manufactures
de lin et de toile. . . . 61,784
Ouvriers en soie 88,S4S
Clercs 86,880
Maîtres et maltresses d'école, gouverneurs et gouvernantes K4,7éê
Jardiniers 83,0t7
Blanohistaurs, lavaadiers et
calandreurs 81,180
TjywJlAIT m&aÈnsA le mmArt iTtadîyidDS (maies voréessms de vingt ans) ^partenant aux principaiix métiers de la métropole et de la Grande-Bretagne en 1851 et en 1841. — Leur accroissement et Icnr dÊmmntion pendant ces dix années.
Botti^ et cunismiiefBw
Taillemn
Qiarpentiers
Peint» ea h^tiwmf pIoauiieTa isk vitriers
Fraitie», ^piesexs et mandunda de tbe
Aubofiates
BoBcneis .....••
ImprÎBMsn
FoiMWM
loaulters et oiCéms .
Relieoni likraîzo et éditevn
Horiofers
Sciean de Ioii§ , . - - ■ Carrossiers ...-•■
Tomelien.
PUtrien
, et feipiaaieri- Linfcrs, mercier», cfcapeliere «t boaaetiers. Banierset oardiaiids deeheveai. . • •
Bottiers et cordoimieTs. '
Charpentien. ...'•'''-
TaiUears
Fargerona
IfaÇOBS. .
Bouchers .- ..'
MaçoBs-brîqoetiers
BonJancers ....
F^iolrea en bècraMBt, ptombwm et vitriers
Fruitiers, épiciers et marchands de thé .
Ebénistes
Meoniers ,,...'--••'
Charrons .... -
Scienrs de lony
Voitnriers
CoBstmctesrs de navires
Tonneliers
Rcfrattîers, «olportenr»
Horlogws
CoiflSenrs et barbîen
Libraires, éditenra et relienr». . . .
Propriétaires de ▼oiinre».
Aubergistes
3,828 3,301 .■»,liî»
l33,iM
i9,303 i7,3.i4 Î7,«32 •3,603 îf,77*
io,7!m
13 88ft f3,^M f 0,884 8,809 8,liO
rtjOW
f,48fl 90,493
Jkceroissement par coït.
M 24 Diminution par cent.
Accnnssemciit par cent.
IHminntion
par cent
TABLEAU des pauvres de toutes classes receraot assistaoce.
Hi
1,0; 1" !;iï
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TABLEAU des principaux métiers de la métropole, en 1849.
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de chaque sect.
suivant
les rapports
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O«^oo9i9ie9io«fieio>^aot«-«<a<o ®»22S£?2»«>!2r»^ or- « (H © (M
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TABLEAU comparatif de Tivrogaerie dans les différents métiers à Londres, dressé diaprés les rapports officiels de la police métropolitaine pour 1848.