‹ De la Dégénérescence sarcomateuse des fibromes de l'ovaireChapitre 24 sur 26 · MUR COPA · texte numérisé non relu

MUR COPA

côté. Quelques mois après, elle eut un peu d’æœdème des jambes qui disparut rapidement. Le ventre continua à grossir peu à peu. La malade entre alors à l'hôpital, Pas d’élancements dou- . loureux dans les jambes, pas de troubles du côté du rectum ou de la vessie, sauf une légère fréquence dans les mictions.

Etat actuel (12 février 1888). Cette femme est presque impotente, par suite de l’âge et surtout de la tumeur abdominale qu'elle présente, C’est à peine si elle peut s'asseoir Sur son lit et garder cette position pendant quelques instants. Elle ne peut marcher. Elle est assez amaigrie, le début de cet amadigrissement ayant presque coïncidé avec le début de ta maladie ; elle ajoute même qu'elle s'est apercue de cette diminution des forces. de cel amaîgrissement avant de constaler qu'elle avail une petite luineur dans le fianc droit. Elle tousse un peu, surtout la nuit, La respiration est notablement gênée et assez fréquente. Les mictions-ne sont pas douloureuses. Pas d’incontinence d’urines. Pas d’albumine ni de sucre.

L’'appétit est diminué, mais il n’y a pas de troubles digestifs notables. Pas de constipation ni de diarrhée. Pas d’accidents péritonéaux. Pas de poussée fébrile.

Inspection. Le ventre est très volumineux, élargi dans les flancs, un peu asymétrique, plus saillantidu côté droit. La paroi abdominale, malgré le volume de la tumeur, n’est pas très tendue et est assez facilement dépressible, si bien que la palpation permet de se rendre compte d’une façon assez précise des parties situées en arrière d'elles, La cicatrice ombilicale n’est pas déformée, Pas de veinules sous-cutanées, pas de vergetures. . La peau est sèche,

Mensuration. Circonférence à l’ombilie, 1 m. 07.

A la palpalion, on reconnaît que la tumeur occupe prineipalement la partie droite dn ventre, maïs qu'elle semble flotter dans une couche liquide. Elle est dure. assez mobile. On a très nettement la sensation de ballottement. À une palpation plus délicate, on note sur cette tumeur l'existence de deux

parties plus saillantes tranchant sur le reste de la masse et situées immédiatement au contact de la paroi abdominale sans interposition de liquide. Ces deux parties régulièrement arrondies, du volume du poing, sont situées, l’une à la moitié de la , distance entre l’ombilie et le pubis, sur la ligne médiane, l’autre à droite, à quelques centimèires en dehors de l’ombilic et sur une ligne horizontale qui passerait par la cicatrice ombilicale.

Ascîle abondante. — On a très nettement la sensation de flot à la percussion... Matité absolue dans les flancs des deux côtés et dans toute la partie inférieure du ventre,

Il y a un œdème mou, notable dans le membre inférieur droil ; il commence aux malléoles et va jusqu'à la cuisse. La main avec l'avant-bras, la partie droite du thorax au voisinage du sein sont aussi ædémaliées ; c’est surtout sur le dos de la main que l'œdème est plus marqué.

Au toucher vaginal. — L'’utérus paraît petit et atrophié, assez mobile, La grosse tumeur est complètement indépendante de l'utérus. Le col est petit; son orifice a des lèvres irrégulières.

Rien dans les culs-de-sac du vagin.

On pose le diagnostic de fumeur solide de l'ovaire droit avec ascite.

Laparotomie le 14 février 1888 par M. Terrier, aidé de MM. Quénu et Terrier. 4

A l’ouverture du ventre, ÿl s'écoule en grande abondance du liquide ascilique jaune rougeûtre.

On voit qu’on a affaire à une grosse tumeur de l'ovaire droit...

Suites opératoires simples. La malade guérit.

Examen de la pièce (fait par M. le docteur Poupinel) #acroscopiquement. — La tumeur est constituée par une énorme masse, du volume d’une tête d’adulte, pesant 3 kgr. 850 de forme régulière, à surface lisse, ayant contracté des adhérences en haut avec l’épiploon, en bas et en arrière avec l'intestin et

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relié au petit bassin par un mince pédicule étalé, Ce pédicule comprend le ligament large et la trompe qui portent tous deux de nombreux petits kystes transparents.

À la surface de la tumeur, presque pédiculée sur elle, existe une masse blanchâtre, ovoïde et dure, du volume d'un gros œuf de poule, présentant à la coupe l'aspect des fibromes utérins.

La coloration de la tumeur est variable, blanc jaunâtre en certains points, brun rouge, violacé en d’autres. Sa consistance est aussi assez inégale; presque partout dure, la tumeur est fluctuante en certains points... La section de la tumeur la fait reconnaître pour une tumeur solide, de couleur blane jaunâtre, de consistance fibreuse, lardacée, sauf en certains points où la couleur est rouge brunâtre et où la tumeur est absolument infilirée de sang.

Descriplion histologique. — La tumeur est un fbrome présentant de nombreux points de dégénérescence graisseuse plus où moins avancée, et d'autres littéralement gorgés de sang. Dans la masse ovoïde, annexée à la tumèéur principale. il n'existe pas trace de tissu ovarien normal. La transformation fibreuse est donc complète.

Cette observation nous montre que tous les symptômes : ascite, œdème, elc., que l'on avait longtemps considérés comme parliculiers aux tumeurs malignes de l'ovaire, peuvent aussi se rencontrer dans le fibro-myonne de l'ovaire. Ainsi se trouve confirmé ce que nous avons dit : que la clinique ne peut établir d’une façon péremptoire la nature maligne d'une tumeur solide de l'ovaire, au moins lorsque celle-ci a évolué pendant un certain temps avec des allures bénignes.

L'examen microscopique de l'ascite lui-même ne donne pas toujours les résultats attendus.

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L'ascite hématique est presque toujours symptomatique d'un cancer ; mais le sang peut être fourni par la rupture de vaisseaux néoformés dans les fausses membranes d'une péritonite chronique non spécifique. Les cellules en suspension, qui dans l'occurrence doivent être des cellules sarcomateuses, dépendent de la propagation du processus sarcomateux au péritoine : c’est-à-dire qu’on ne les trouve qu'à une période très avancée de la maladie.

D'autre part, les cellules épithéliales peuvent simplement provenir de la paroi interne de kystes ovariques rompus.

L'examen cytologique du sang peut fournir des renseignements plus précoces. L’élévation durabie du chiffre des globules blancs, lorsque rien d’autre ne l’explique, doit faire songer à la possibilité d’une dégénérescence sarcomateuse.

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