‹ De la démence mélancolique [electronic resource]Chapitre 56 sur 79 · OBSERVATION XLII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLII

Caractère émotif ; depuis trois ans, idées lypémaniaques, paralysie générale, mélange d'idées ambitieuses et mélancoliques, avec prédominance de ces dernières ; même quand la malade émet les premières, elle conserve sa physionomie triste.

Autopsie.— La pie-mère s'enlève dilBcilement partout, mais les adhérences sont surtout marquées au niveau des lobes frontaux inférieurs et des lobes sphénoïdaux.

Je termine là l'étude des observations de paralysie générale envisagée comme moyen d'élucider la question de la localisation des idées de tristesse.

L'enseignement qui découle de cette étude nous paraît pouvoir se résumer de la manière suivante : Dans la démence paralytique à forme ambitieuse, les lésions, dans la trds grande majorité des cas, atteignent plus par lieu-

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lîèrement la convexité du cerveau ; les lésions de la base, lorsquelles existent, sont des lésions secondaires. Inversement, dans la démence jjaraly tique à forme mélancolique, les lésions, tout en restant diffuses, intéressent généralement la base du cerveau, et le plus souvent c'est en cette région et le long des lèvres de la scissure de Sylvius quelles sont le plus marquées.

En rapprochant ces données de celles que nous fournit la périencéphalite localisée, la paralysie générale parle donc en faveur de cette idée que, si le délire mélancolique est en rapport avec Valtération de certaine région du cerveau, c'est du côté de la base de cet organe et le long des lèvres de la scissure de Sylvius qu'il faut plus particulièrement en rechercher le siège. Les renseignements qui précèdent, pour si restreints qu'ils soient, nous paraissent cependant suffisamment importants au point de vue que nous poursuivons, pour qu'on nous pardonne, j'espère, d'avoir insisté un peu longuement peut-être sur cet ordre de faits.

Témoignage fourni à la question de la localisation des idées de tristesse en certaine région déterminée du cerveau par Vétat de cette région sous l'influence d'un fonctionnement exagéré.

Le cerveau, disais-je, obéit comme les autres organes à cette loi générale, admise en physiologie : c'est qu'à un fonctionnement plus marqué correspond un développement plus marqué. C'est là une vérité qui ne me parait plus avoir besoin de démonstration : chacun sait qu un plus grand développement de rintelligence entraine après lui, toute chose égale d'ailleurs, un développement plus marqué du cerveau. Nous avons pensé que ce qm

s'appliquait au tout pouvait peut-être s'appliquer à la partie, et que, s'il est vrai que les régions temporales et sphénoïdales sont plus particulièrement le siège des idées de tristesse, lorsque ces régions fonctionneront davantage leur volume sera plus considérable. Il y aurait à cet égard d'intéressantes recherches à faire suivant les différents sujets, et peut-être même suivant les différentes classes d'animaux ; mais les matériaux nous manquent absolument à cet égard, et ce n'est que dans l'ordre pathologique que nous pouvons rechercher nos preuves. A ce dernier point de vue même, celles-ci sont peu nombreuses; elles ne sont que des jalons, mais elles méritent cependant d'être notées.

En lisant attentivement les différentes observations avec autopsie consignées dans le remarquable Traité sur la Folie, de Parchappe, auquel nous avons déjà fait de si larges emprunts, et plus spécialement les observations classées sous la dénomination de folie aiguë et de fohe chronique, nous avons été frappé de voir signalé dans certaines d'entre elles un développement exagéré des régions temporales et sphénoïdales, et cela seulement dans les cas où existait un délire mélancolique. Ces observations sont au nombre de six (Obs. 31, 63, 66, 68, 90, 101). Nous avons déjà rapporté l'observation 68. Elle concerne une femme chez laquelle existaient, à côté de la démence, des signes d'une grande irritabilité, et dont le cerveau présenta à l'autopsie, entre autres particularités, les phénomènes suivants : « Les régions temporales étaient volumineuses et le cerveau offrait un élargissement très prononcé dans cette parties (Obs. xxv).

Les autres observations méritent d'être rapportées brièvement.

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