‹ De la Dermatose de Duhring au Cours de la GrossesseChapitre 14 sur 29 · RECHERCHES HISTOLOGIQUES DÉJA FAITES SUR LA DERMA- TOSE DE DUHRING · texte numérisé non relu

RECHERCHES HISTOLOGIQUES DÉJA FAITES SUR LA DERMA- TOSE DE DUHRING

I. Travail d'Elliot (4887). — L'auteur (1) a examiné un fragment de peau enlevé au niveau d’un groupe de vésicules. Il signale l’épaississement de la couche cornée, fendillée, avec des cavités pleines de matière granuleuse. La couche de Malpighi est normale à distance des vésicules. Elle se condense à leur voisinage et y est formée de cellules aplaties, granuleuses, quelquefois sans noyau. . Les papilles s’effacent ainsi queles prolongements inter-

papillaires.

Des vésicules, multiloculaires occupent ces prolongements, leurs parois subissent l’évolution cornée et comprennent des cellules à éleidine. Quelques-unes contiennent des cellules épithéliales dégénérées et granuleuses. On en retrouve dans les parois latérales des vésicules. Parfois celles-ci sont au contact du chorion. Le contenu des cavités est formé des matières granuleuses de quelques cellules de pu et de noyaux libres.

Quantau chorion, on y remarque l’œdème, l’infiltration de petites cellules arrondies, migratrices surtout autour des vaisseaux sanguins.

(1) Ecuror, Wew-York medical journal, 1887,

Les vaisseaux profonds du derme eux-mêmes sont engainés par ces cellules arrondies. Les follicules pilleux et les glandes sébacées sont normaux. On note encore la dilatation partielle des conduits sudoripares et l’altération des ceHules épidermiques qui les entourent. Parfois ces conduits s'ouvrent dans des vésicules. On peut trouver autour d'eux des cellules migratrices. Elliot signale quelques modifications de l’épithélium sudoripare sécréteur.

Il. Travail de Unna (4894). — Unna (1) distingue l'hydroa mitis de l’hydroa gravis et fait rentrer l’étude de lherpès gestationis dans celle de l’hydroa en général.

Dans l’hydroa mitis, on observe une infiltration cellulaire et l’œdème du corps papillaire. Les modifications de l’épiderme sont passives. Les vésicules naissent dans la couche épineuse entre les cellules et ont une paroi formée d'épithélium aplati.

Quand le processus est plus ancien, l’infiltration du derme augmente, restant toujours limitée au corps papillaire. A la fin, le tissu devient fibrillaire d’où la dureté est la résistance des papules anciennes. Dans les vésicules on voit de la fibrine finement granuleuse et quelques cellules migratrices, on peut y voir, quand elles sont vieilles, des amas d’épithélium dégénéré.

Dans l’hydroa gravis on voit le soulèvement en masse de l’épiderme au-dessus du corps papillaire formant vésicule; celle-ci contient du serum et de la fibrine, des conduits sudoripares la traversent. L’infiltration cellulaire du derme est moins intense que dans l’hydroa mitis;

(4) Uxxa, Anat. path. des mal. de la peau, 1894.

Mae

dans les deux cas on trouve beaucoup plus de cellules fixes que de leucocytes. On ne voit pas en dehors des vésicules de cellules migratrices dans l’épiderme.

a. En somme des descriptions d'Elliotet de Unna on ne peut déduire aucun caractère définitif de la maladie. Rien ne permet de la séparer d’autres affections vésiculeuses et bulleuses de la peau. Nous sommes arrivé, en appliquant une technique plus perfectionnée, à des résultats plus précis, croyons-nous. Les recherches bien connues aujourd'hui d'Ehrlich ont mis en évidence soit dans le tissu conjonctif, soit dans le sang, l'existence de cellules ayant des caractères micro-chimiques spéciaux.

Déjà on attribue un rôle des plus importants aux cellules basophiles, aux mastzellen, dans l’urticaire pigmentée et dans le mycosis fongoïde.

Dans la dermatose de Dühring, comme nous le verrons, ces mastzellen n’ont aucune valeur. Mais il en est tout autrement de cette variété de cellules décrites par Ehrlich parmi les leucocytes, les cellules éosinophiles et d’après les cas que nous avons observés, leur existence en grand nombre dans le derme, dans les vésicules épidermiques serait l'élément spécifique de la maladie.

La technique consiste à fixer les fragments biopsiés pendant 24 heures, dans une solution de sublimé acétique (1).

L’inclusion se fait après lavage de 24 heures à l’eau, dans l’acétone, le xylol et la paraffine. Les coupes collées

(1) DUDHERÉ. 0220 40 ER ee A 20 Acide acétique., 10

& 29 — sont colorées par l’hématéine de Meyer (1) puis par l’aurantia (2) ou la fuchsine acide. La coloration des noyaux peut encore se faire par la thionine phéniquée (3) ou le a réactif de Nikiforoff (4).

L'étude du tissu conjonctif se fait de préférence par le réactif de Biondi (5) qui colore également les éosinophiles.

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