‹ De la Dermatose de Duhring au Cours de la GrossesseChapitre 23 sur 29 · DO NES · texte numérisé non relu

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nouveau au niveau des pieds et des mains. L’éruption suivit et fut beaucoup plus grave que la première fois.

L’érythème était intense, les bulles devinrent rapidement confluentes et successivement elles couvrirent les membres supérieurs et inférieurs, leur contenu était fétide et par places, purulent. Les bras avaient triplé de volume. Depuis l'épaule jusqu’au bout des doigts, la peau était ulcérée et suintante au niveau des bulles les plus anciennes et il s’en formait incessamment de nouvelles. Les jambes et les pieds offraient le même aspect. La muqueuse du nez fut également affectée et aussi tout l’intérieurde l’ombilic.

Les troubles généraux étaient très marqués. La température du soir variait entre 102 à 108° (une fois 1040); il y avait une rémission matinale de 1 à 2°. Le pouls était faible, accéléré (plus de 100 pulsations).

Souvent vers midi la malade était prise de frissons et tout le tégument devenait rouge et chaud.

Vers le soir, la peau était toujours plus colorée et sur les jambes, la poitrine et le dos il se formait des plaques ortiées de couleur rouge sombre.

A noter : anorexie et constipation.

cette dernière attaque atteint son maximum à la 4° semaine, puis déclina. Les bulles apparaissaient en plus petit nombre (2 à3 par jour) les plus anciennes se cicatrisaient. Après la disparition de l’érythème. la peau devint sèche, écailleuse, presque eczémateuse autour du-cou.

On administra l’arsenic à la dose de 10 gouttes par jour.

La convalescence fut trainante. La malade perdit ses cheveux et des plaques d’anesthésie cutanée furent observées au niveau de la plante des pieds.

Cas DE E. Noyes. — Australian medical journal, 1889.

Femme de 36 ans. Il y a deux ans, un mois après son accouchement la malade remarqua une petite plaque rouge sur le

talon droit et éprouva à ce niveau des fourmillements et une vive cuisson, en quelques heures une palyctène séreuse s’élait formée.

Le même jour, les mêmes phénomènes avaient apparu sur l'index de la main droite. De là, les plaques érythémateuses et les bulles envahirent le dos de la main et le bras. En une semaine tout le corps fut couvert.

Les symptômes subjectifs : cuissons, fourmillements, prurit étaient très intenses. Et depuis, la maladie n’a jamais disparu. Elle à eu une poussée très aiguë trois semaines après une fausse couche qui survint il y a 12 mois. é

État actuer, —- Petites plaques érythémateuses à type ortié disséminées sur la surface cutanée; elles restent telles jusqu’à

leur disparition ou deviennent le siège de poussées bulleuses.

Les bulles sont petites et se développent toujours sur une surface érythémateuse. Le prurit est très marquéet très persistant; il est surtoutintense au niveau des plaques érythémateuses avant qu’elles n'aient atteint leur complet développement.

Cas DE BLascKo. — Annales de Dermatologie, 1889, p. 591).

Femme 25 ans, mariée depuis 5 ans qui devint pour la pre-

mière fois malade à la suite d’une deuxième couche il y a-

2 ans 1/2. 11 survint alors subitement 1? à 15 jours après la délivrance, sur les bras, la poitrine, l'abdomen, la face, plus tard aussisur les cuisses; de nombreuses taches très-prurigineuses, : dont les dimensions variaient de celles d’une tête d’épingle à celles d’une lentille. Il existait aussi des vésicules en groupes.

De plus, notamment dans les périodes tardives de la maladie,

des pustules volumineuses.

Cette affection dura alors environ deux mois et guérit Sponftänément. É

La guérison s’est maintenue jusqu’au printemps de cette année où, à la suite d’une fausse-couche, elle fut prise d’hémor-

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rhagies qui nécessitèrent le raclage de la cavité utérine. Trois jours après, même éruption que la première fois, accompagnée d’un violent prurit. Croyant avoir affaire à la gale, on fit des frictions avec le styrax qui aggravèrent la maladie : tuméfaction notable de la face et des bras. Cet état fut combattu par une médication émolliente. Comme la première fois : taches érythémateuses, papules, vésicules et quelques pustules; de plus quelques grosses bulles isolées, en outre quelques taches pigmentaires sur les parties qui avaient été le siège du précécédent exanthème. L'éruption était surtout localisée à la surface de flexion des bras, à la poitrine et à l'abdomen; puis de nombreuses vésicules apparurent subitement et d’une manière symétrique sur les deux bras ; ce fut la dernière poussée. Comme traitement : solution de Fowler.

Cas DE SHERWELS. — Case of impetigo herpetiformis Journal of cutaneous Diseases, 1889.

Mme K..., 52 ans, mariée à 19 ans. À eu cinq enfants et plusieurs fausses couches.

De ces cinq enfants, un seul a survécu et est bien portant, les autres ont suceombé au croup ou à différentes maladies de la première enfance. Elle-mème n'avait jamais eu aucun exanthème.

En avril 1884, une semaine après la naissance de l'enfant

qui est actuellement vivant apparut sur les bras et les jambes une éruption de vésicules et de petites bulles qui reposaient sur-une base légèrement surélevée, enflammée et irritée. Rapidement leur contenu devint purulent; le prurit et les cuissons furent intenses et la malade eut de la fièvre et un malaise genéral. Sa santé se rétablit en peu de temps etdevint parfaite jusqu’en 1887, date à laquelle clle fit un avortement de cinq mois. Aucune éruption n’a été alors notée.

Au {er septembre 1888, au 3e mois de sa grossesse, elle souffre de troubles nerveux et de troubles gastriques el au

4er octobre elle remarque que les mêmes lésions se développent etsont accompagnées des mêmes symptômes objectifs et subjectifs, plus prononcés que la 1"° fois.

Le Docteur Risch qui la vit pensa à un cas de gale, étant donné le nombre des excoriations et des petites pustules impétigineuses mais il ne put trouver l’acare.

L’éruption couvrit les membres et quelques parties du tronc, notamment les régions inguinales. Sur les parties les plus malades il se formait des croûtes assez semblables à celles de l'eczéma impétigineux et la peau était pigmentée par le sang venu des surfaces excoriées.

Le traitement institué fut.très doux.

Poudres de camphre, — de talc, — d'oxyde de zinc.

Acide salycylique à l’intérieur et en quelques jours les lésions diminuèrent.

Bientôt apparut une éruption beaucoup plus intense dt presque tout le corps fut rapidement envahi. Elle eut des désordres nerveux assez marqués : tremblements du corps et des membres presque continuels, parésie des membres inférieurs.

On remplace les poudres par des lotions d'acide eyanhy-

drique dilué.

En deux semaines, grande amélioration qui persista jusqu’à la 3€ semaine de novembre. A cette date elle était enceinte de o mois.

Je la vis le 28 novemdre 1888 avec le Docteur Risch.

Elle était très souffrante, se plaignait de frissons et de fremblements continuels, le pouls était affaibli et la température dépassait de ? à 3 degrés la température normale.

L'éruption était impétigineuse : différente de l’éruption de la dermatite herpétiforme etsemblait s'étendre par ondulations, excentriquementsur une surface érythémateuse. Sur quelques parties du corps, sur les régions inguinales, sur les cuisses, entre les seins, étaient des croûtes noires.

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LL OTISES

L'éruption se composait de petites pustules et bulles remplies de liquide puriforme. Elles étaient disposées en lignes ondulées et je fis le diagnostic d’impétigo-herpétiforme et je portai un pronostic grave.

Je recommandai de continuer les lotions et je prescrivis une ouction adoucissante et j’ordonnai l’usage de

la quinine

la noix vomique

de l’arsenic

de l’acide nitro-muriatique et accessoirement du mercure à petites doses.

Cetraitement amèna du soulagemement en quelques jours.

Je visitai la malade le 4 décembre. La plupart des lésions caractéristiques avaient alors disparu. Il existait une desquamation furfuracée à grosses squasmes, un ecthyma généralisé avec épaississement de l’épiderme qui était pigmenté. |

Le prurit était bien diminué : les lignes ondulées qui marquaient le siège occupé par les anciennes lésions étaient cependantencore très manifestes. Jusqu’au %3 décembre, la guérison . fit des progrès. Elle accoucha prématurément d’un enfant non viable, de 6 à 7 mois, qui vécut trois jours.

Depuis, elle a éprouvé de légères exacerbations ou rechutes assez nombreuses jusque au 15 janvier 1889. Petite poussée en mars, puis guérison complète qui était parfaite en avril 1889.

Nous traduisons cette observation presque mot pour mot car elle est sujette à contestations. Sherwell l’a publiée comme exemple d’impétigo-herpétiforme, mais Wickham, dans les Annales de dermatologie de 1890, fait remarquer avec raison qu’elle a tous les caractères de l’herpès gestationis, et nous adoptons cette opinion.

Cas DE CHARLES W.ALLEN. — Dermalilis multiformis gestationis. (Journal of Culaneous and venereal Diseases 1889.)

M. M.anglaise 26 ans. Première grossesse remonte à 5 ans,

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terminée parla naissance d’un enfant bien vivant qui est mort plus tard de la diphtérie.

Dans l'intervalle a fait six avortements entre le troisième et le quatrième mois. Pas de syphilis héréditaire ni acquise. Pas d’éruption antérieure. Etait donc enceinte pour la huitième fois lorsque un mois avant l'accouchement rupture des mem-

branes et perte abondante de liquide. Ce fait alarma la malade

qui craignait de mettre au monde un enfant mort.

Une semaine avant la délivrance apparaîtjuste au-dessus de l’ombilic une large bulle et tout autour, en demi-cercle, d’un seul côté, un grand nombre de petites vésicules se développent.

Plusieurs jours auparavant toute cette région de l'abdomen avait été le siège de vives démangeaisons.

Presque en même temps d’autres vésicules se forment entre

les doigts, sur les orteils, sur la face dorsale des pieds et à la

surface des cuisses.

Aussitôt après la naissance de l'enfant l’éruption s’aggrava considérablement. Sur la face antérieure des cuisses on remarqua : plaques érythémateuses très prurigineuses, douloureuses au toucher, qui furent couvertes en quelques jours de petites vésicules et de petites bulles.

Les vésicules étaient grosses comme une tête d’épingle ou un pois, elles étaient rouges, aplaties et luisantes à leur sommet. Dans l'intervalle des plaques, sur la peau saine,on voyait des vésiculettes groupées par deux ou par trois. Au niveau des malléoles, nombreuses bulles rondes, tendues, devenues pustuleuses, et sur la face plantaire du pied droit existait un groupe de vésicules.

Tout le bras droit, dé l’épaule au poignet (face antérieure) était parsemé de bulles rondes ou ovales ayant les dimensions d'un pois ou d’un petit œuf de poule. Elles contenaient un li-

quide citrin de réaction alcaline. Sur plusieurs points elles

s'étaient rompues, laissant à leur place des surfaces dénudées. Le brasétait très douloureux et semblait avoir été brûlé sur

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