INTRODUCTION
L'étude des matières premières végétales employées en thérapeutique est entrée depuis plusieurs années déjà dans une voie nouvelle.
La distinction des nombreuses drogues tirées du règne végétal était autrefois uniquement basée sur les caractères de forme, de couleur, de saveur, de dimension. [’examen à l’œil nu n’est point toujours suffisant. Nombreux sont les cas où il est difficile, pour ne pas dire impossible, d'arriver par ces moyens à la détermination exacte des produits purs ou falsifiés. Ainsi sont certaines racines, certaines écorces qui ont entre elles une très-crande ressemblance extérieure. Cette difficulté a suggéré à plusieurs pharmacologistes et naturalistes l’idée de rechercher dans l’observation histologique des organes, des éléments positifs de diagnose. Les résultats qu’a
déjà fournis cette méthode ont dépassé ce qu’on avait espéré.
Les nombreux mémoires et ouvrages qui se rapportent à cette branche de la pharmacologie montrent tout le profit que l’on peut tirer de l’étude des tissus pour distinguer entre eux les nombreux organes végétaux utilisés en médecine.
L'analyse histologique des écorces, des racines, des rhizomes médicinaux est aujourd’hui très avancée : il n’en est pas de même de l’étude des feuilles qui ont un emploi en thérapeutique. Les descriptions que l’on a données jusqu'ici des tissus de ces organes ne s’appliquent qu’à un très petit nombre d’espèces, et sont incomplètes. Les naturalistes qui ont consacré une partie de leurs recherches à l’examen histologique des feuilles, n’ont tenu compte que d’une portion des tissus de cet organe ; ils n’ont fait aucune mention des nervures. Cependant ces cordons méritent d'attirer l'attention des histologistes. Aucune région de la feuille n’offre en effet plus de complication dans sa structure intime. Aussi les tissus si différenciés de la nervure peuvent-ils fournir de bons caractères pour la distinction des feuilles.
L'insuffisance des documents, relatifs à la constitution anatomique des feuilles médicinales, nous a engagé à entreprendre une étude plus approfondie de ces appendices. Nous avons été aussi amené à ce travail par la difficulté bien connue que l’on éprouve à distinguer les différentes feuilles à l’état où elles se trouvent en droguerie ou en pharmacie.
Si les feuilles assez coriaces et de petite dimension ne subissent point par la dessication de changement notable dans leur aspect extérieur, et peuvent par cela même être reconnues par le simple examen du contour, il en est autrement des limbes minces et d’assez grande étendue. Il est rare, en effet, de rencontrer dans les officines, des feuilles qui aient conservé leur intégrité parfaite. Elles sont habituellement
brisées en nombreux fragments ; aussi cet état rend-il impossible une diagnose établie d’après les caractères tirés de la forme. C’est dans cette circonstance que l’emploi du microscope a une utilité incontestable.
Nos recherches se sont portées sur le limbe foliaire; nous ne nous sommes point occupé du pétiole.
Nous avons divisé notre travail en plusieurs chapitres, de la façon suivante :