‹ De la détermination histologique des feuilles médicinalesChapitre 17 sur 44 · EVE · texte numérisé non relu

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rayons médullaires formés de un ou deux rangs de cellules à membrane mince etcellulosique. A la partie supérieure du bois siège un amas de cellules au contour polygonal ; ces cellules sont disposées en files verticales et séparées les unes des autres par des cloisons horizontales.

FAMILLE DES RUTACÉES.

Espèces : Ruta graveolens. L. — Ruta montana. — Barosma. — Empleurum.— Pilocarpus pennatifolius. Lem. — Ptelea trifoliata, L.

I. Lame interneurale. a. Epiterme. — Les cellules épidermiques sont tabulaires ; ia surface en est polygonale dans la Ruta montana L., le Barosma , l'Empleurum, le Pilocarpus, le Ptelea ; légèrement sinueuse dans la Rue fétide. Les cellules du P{elea et du Barosma renferment des sphéro-cristaux d'inuline. La paroi profonde des cellules épidermiques du Barosma et de l'Empleurum se gonfle considérablement sous l'influence de l’eau ; elle est mucilagineuse. L'épiderme est glabre, sauf dans certaines feuilles de Piocarpus dont la face infés rieure présente des poils coniques unicellulaires.

b. Mésophylle. — Le mésophylle, toujours hétérogène, renferme des glandes multicellullaires et des cellules cristallisènes. Ces dernières ne manquent que dans l'Empleurum. Les glandes sphériques (Auta, Barosma, Plelea) ou ellipsoïdales (Pilocarpus) sont entourées de deux à quatre couches de cellules disposées concentriquement; elles renferment de l'huile essentielle ordinairement jaunàtre.

Le mésophylle vert forme à la face supérieure une couche de tissu en palissade dans le Püocarpus, le Barosma, le Plelea. Il existe au contraire deux ou plusieurs assises dans les Ruta. Le parenchyme inférieur est méatique.

Il. Nervure. — L'épiderme, ordinairement dépourvu destomates, est olubre dans les Ruta, l'Empleuruwm et certaines feuilles de Juborandi. D'autres feuilles de Pilocarpus ainsi que le Ptelea possèdent des poils unicellulaires sur l'épiderme inférieur. La face supérieure des Barosma est munie seule de ces appendices.

Les deux épidermes renferment du parenchyme qui donne naissance à des glandes et à des éléments cristalligènes et dans lequel sont placés un ou plusieurs cordons libéro-lisneux. Ce parenchyme homogène à cellules épaissies et incolores dans le Barosma, varie dans la Rula graveolens ; à la face supérieure se trouvent deux ou trois couches de cellules vertes disposées en palissade, tandis qu'à l’inférieure il y à un petit amas de cellules incolores.

Le système fibro-vasculaire, représenté par un seul arc inférieur dans le Zarosma, lEmpleurum et la Ruta, est au contraire composé de deux bandes libéro-ligneuses , l’une supérieure, l’autre inférieure, dans le Pilocarpus et le Plelea. Les fibres libériennes du Barosma, de l'Empleurum et du Pilocarpus sont lignifiées ; celles du P{elea et des Ruta ont la membrane cellulosique.

Les feuilles des espèces de cette famille possèdent les caractères communs suivants :

Epiderme glabre, ou muni de poils unicellulaires. Point de poils glanduleux, Des glandes internes, des cellules cristalligènes au moins dans le parenchyme neural. É

Rue fétide, — Ruta grareolens. L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme inférieur glabre est formé d'une seule couche de cellules tabulaires, légèrement sinueuses. Cet épiderme, recouvert d'une couche de cuticule, porte des stomates disposés irrégulièrement. La plupart sont situés entre quatre cellules épidermiques ordinaires qui les surplombent en partie et forment au-dessus d’eux un canal ou antichambre.

L'épiderme supérieur, dépourvu de stomates, est constitué par des cellules à parois moins sinueuses.

b. Mésophytlle. — Le mésophylle vert est hétérogène. Il est remarquable en ce qu'il renferme des glandes multicellulaires arrondies ; ces dernières viennent toucher l'épiderme supérieur. A la face supérieure, le mésophylle forme deux couches de cellules cylindriques disposées en palissade et de trois à quatre fois plus longues que larges. Sur la face inférieure, les cellules sont rameuses et laissent entre elles des méats. La couche cellulaire qui touche immédiatement l'épiderme inférieur est peu rameuse. Ces cellules, allongées perpendiculairement à la surface foliaire si on les observe sur une coupe transversale, sont de deux et demie à trois fois plus longues que larges, légèrement coniques et produisent latéralement des prolongements très courts ; vues de face, elles semblent arrondies. Les cellules situées entre cette couche et les éléments en palissade , présentent deux ou trois branches et sont disposées irrégulièrement. Elles laissent entre elles de grands méats.

C'est surtout dans ce dernier tissu que l'on rencontre deux sortes d'organites : 1° des cellules cristalligènes ;: 2° des glandes multi-cellulaires. Les cellules eristalligènes sont sphériques : elles contiennent des agolomérations de cristaux d’oxalate de chaux. Elles se trouvent aussi bien dans l'intérieur du tissu rameux qu'au voisinage du tissu en palissade.

IL. Marge. — La marge est formée de parenchyme vert et d'épiderme. On peut y rencontrer une glande séparée de l’épiderme par une couche de cellules vertes.

I. Nervure. — La nervure, à peine apparente à l'extérieur, est limitée en haut et en bas par une couche de cellules épidermiques allongées suivant la longueur de la nervure et dépourvues de stomates.

Au centre de la nervure sièce un cordon à section transversale elliptique. Ce faisceau est composé de trois parties. L'inférieure, libérienne, forme un groupe d'éléments à parois assez minces et cellulosiques ; la moyenne, ligneuse, moins puissante que la précédente, est composée de quelques files vasculaires (vaisseaux trachéens et vaisseaux spiraux, séparées les unes des autres par un ou deux rangs de cellules dont la section transversale est polygonale. Quant à la portion supérieure, elle constitue un amas de cellules allongées, prismatiques, à base carrée ou polygonale.

Le cordon que nous venons de décrire est compris entre des éléments cellulaires de deux sortes. Il est en contact, supérieurement, avec deux couches de parenchyme vert en palissade qui se continuent latéralement avec le tissu supérieur de la lame ; sa portion libérienne touche à un massif composé de trois à cinq assises de cellules ; celles-ei présentent des parois cellulosiques un peu épaissies. Sur une coupe transversale, elles sont arrondies ou polygonales à angles émoussés, et laissent entre elles de petits méats dont la plupart sont rectangulaires.

Cr — Rue de montagne. — Ruta montana. L.

Les cellules épidermiques ont un contour polygonal, et il existe à la face supérieure et à la face inférieure deux ou trois couches de cellules en palissade.

Feuilles de Buchu ou Bucco. — 1. Bucco large (1). — Barosma betulina. Bart.

I. Lame interneurale. à. Epiderme. — L'épiderme est constitué par une assise de cellules tabulaires recouvertes d'une épaisse couche de cuticule. Un lambeau d'épiderme, placé sous le microscope, nous montre les cellules polygonales et dépourvues de sinuosités.

Les cellules de l’épiderme supérieur présentent une face profonde douée de propriétés spéciales.

Cette portion de la membrane se gonfle considérablement sous l'influence de l’eau : elle se transforme en mucilage. La cavité de ces éléments renferme en outre de petits sphéro-cristaux d'inuline.

Les stomates, qui ne se rencontrent que sur la face inférieure de la feuille, sont disposés sans ordre ; ils sont arrondis et entourés de quatre à six cellules épidermiques ordinaires ;

b. Mésophylle. — Le mésophylle vert est hétérogène. Le supérieur : moins développé que l'inférieur, constitue une seule couche de cellules cylindriques très serrées les unes contre les autres, et de cinq à Six fois plus longuës que larges.

Le parenchyme inférieur est formé de plusieurs couches de grandes cellules très rameuses (de trois à 5 branches', laissant entre elles de grands méats. Ce parenchyme est parsemé de cellules arrondies ou polyédriques renfermant des agglomérations de cristaux d'oxalate de chaux. On y rencontre de plus de grosses glandes arrondies, multicellulaires, voisines de l'épiderme inférieur.

IL. Marge. — La marge, constituée par des cellules vertes, renferme de très grosses glandes. L’épiderme qui recouvre les dents est formé de cellules dont les membranes épaissies présentent de nombreuses ponctuations.

IIL. Nervure. — La nervure, un peu convexe, est limitée par une couche de cellules épidermiques à membrane épaisse, rectangulaires superficiellement. L'épiderme supérieur est muni de poils courts, unicellulaires, de trois à cinq fois plus long que larges, coniques et à surface tuberculeuse. Au dessus de l'épiderme inférieur existent quatre ou cinq couches de cellules à membrane épaisse, ponctuée et à cavité considérable. Ces cellules rectangulaires en section longitudinale, sont arrondies ou carrées sur une section transversale. La couche supérieure touche à un cordon central en forme d'arc constitué par du liber inférieur, du bois et de la moelle. |

Le liber est formé inférieurement d'un puissant massif de quatre à six couches de fibres lignifiées, arrondies (section transversale), à

(4) M. de Lanessan. Bull. Soc. Linn. Paris, 1877, et traduction de A. Fluckiger. Loc. cit. tome I., page 206. Les figures du Buchu, données dans ce dernier ouvrage, montrent deux couches de cellules à l’épiderme supérieur. Nous n'avons constaté qu'une assise. La paroi mucilagineuse profonde a été prise pour une assise de cellules.

nu —

membrane épaisse, ne laissant qu'une faible cavité interne; supérieurement, de liber non moins développé que le liber fibreux.

Le bois, presque aussi puissant que le liber, est composé de plusieurs bandes fibro-vasculaires séparées les unes des autres par de minces rayons médullaires composés d'une seule rangée de cellules très aplaties tangentiellement. Chaque bande est formée de fibres très épaisses à section transversale carrée et de vaisseaux (spiraux, trachées).

La moelle, supérieure au bois, possède des cellules cylindriques allongées et dont les membranes lignifiées, épaissies, sont pourvues de nombreuses ponctuations.

Au-dessus de l’arc libéro-ligneux existe sur la ligne médiane un petit îlot à section rectangulaire ou carrée, ilot formé de deux rangées de cellules cylindriques presque incolores. Sur les parois latérales de cet ilot vient s'appuyer du parenchyme vert qui se continue de chaque côté avec le tissu en palissade de la lame.

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