FAMILLE DES ROSACÉES
Espèces : Ronce arbrisseau. Rubus fruticosus. L.— Laurier cerise. Cerasus lawrocerasus. L. — Pêcher. Persica vulgaris. L. — Alchemille commune. Alchemilla vulgaris. L.
I. Lame intérneurale. a. Epiderme. — L'épiderme constitue sur les
deux faces une couche de cellules tabulaires dont le contour est polygonal, (Laurier cerise et Pêcher), ou sinueux (Alchemille et Ronce). Les deux épidermes sont pourvus de stomates dans l'Alchemille, tandis qu'il n'existe de ces appareils qu'à la face inférieure dans les trois autres espèces. L'épiderme est glabre (Ronce, Pêcher, Alchemille) ou poilu (Ronce). Les poils de cette dernière plante sont étoilés.
b. Mésophylle. — Le mésophylle est hétérogène symétrique et produit des cellules cristalligènes. Le tissu en palissade forme généralement deux ou plusieurs assises.
IL. Marge. — Le bord foliaire est constitué par du parenchyme vert recouvert d'épiderme dans le Pêcher, la Ronce et l’Alchemille.
Le Laurier cerise présente contre l'épiderme quelques cellules incolores à membrane épaissie.
IT. Nervure. — L'épiderme neural, glabre dans le Pêcher et le Lau-
rier cerise, est poilu dans les deux autres espèces. Dans l'Alchemille les poils sont longs, épaissis, unicellulaires. Dans la Ronce, ils sont les uns simples unicellulaires, les autres étoilés.
Le système libéro-ligneux est représenté par un arc dont la concavité est tournée vers la face supérieure de la feuille. Dans l'Alchemille les deux extrémités de ce croissant sont très rapprochées. Le liber est composé de fibres et de cellules. Les fibres ont la paroi cellulosique (Alchemille, Pècher) ou lignifiée (Ronce, Laurier cerise). Le bois est composé de bandes vasculaires parallèles et régulières.
Le système fibro-vasculaire est plongé dans une masse cellulaire, dont les éléments, assez volumineux, ont la paroi plus ou moins épaisse. Quelques-uns d’entre eux renferment des cristaux d'oxalate de chaux. Ce parenchyme est d'ordinaire en contact avec des cellules épaissies qui forment sur les deux faces un amas touchant l'épiderme.
Le faisceau de l’Alchemille est entouré d’une couche de cellules aplatie constituant une sorte d’assise protectrice.
Feuille d’Alchemille commune. — Alchemilla vulgaris. L.
I. Lame interneurale. — L'épiderme, glabre et pourvu de stomates aux deux faces, est constitué par une assise de cellules tabulaires minces à contour sinueux. Le mésophylle, dépourvu de cellules eristallisènes, forme à la face supérieure une couche de cellules cylindriques, allongées perpendiculairement à la surface de la feuille et de trois à quatre fois plus longues que larges. A la face inférieure existe une lame en général égale en puissance au parenchyme supérieur et composée de cellules rameuses laissant entre elles des méats plus ou moins considérables.
II. Marge. — La marge est uniquement constituée par de l’épiderme recouvrant la terminaison latérale du mésophylle.
III. Nervure. — Les cellules épidermiques de la nervure, généralement rectangulaires lorsqu'on les examine de face et allongées parallèlement à l'axe de la nervure, ont une membrane un peu épaissie, ponctuée. L'épiderme donne naissance à de longs poils coniques. unicellulaires, dont la paroi est un peu épaissie; la base des poils est enchâssée dans l'épiderme. En dedans du tissu épidermique siège un amas de grandes cellules qui ont la forme d'un cylindre ou d'un prisme droit à base polygonale: ces cellules, à membranes un peu épaissies et ponctuées, sont pàles et quelques-unes renferment des cristaux agglomérés d’oxalate de chaux. C'est dans cette masse que se trouve un cordon dont la section transverse est elliptique, à grand diamètre dirigé de bas en haut: ce cordon ne touche pas immédiatement les grandes cellules incolores du parenchyme fondamental, il en est séparé par une couche de cellules petites, qui, sur une coupe transversale paraissent allongées tangentiellement au faisceau. Le cordon est parfois composé, d'une part, d'un arc inférieur très recourbé et dont les extrémités supérieures sont assez rapprochées ; d'autre part, d’une courte lame réunissant les deux extrémités de cet arc; quelquefois cette bande rectiligne libéro-ligneuse n'existe point; dans tous les cas, la concavité de l'arc est occupée par un amas de cellules jouant le rôle de moelle. Le liber, est formé, à sa périphérie, de fibres minces, cellulosiques ; il est celluleux dans sa partie profonde. Le bois, aussi puissant que le liber, est formé
d'un grand nombre de lames régulières et rayonnantes de plusieurs vaisseaux ; ces lames vasculaires radiales, très rapprochées, ne sont séparées les unes des autres que par un seul rang de petites cellules.
La moelle est composée de cellules qui ne laissent entre elles aucun méat. Ces éléments à membrane épaissie, surtout aux angles, ont la forme de longs prismes droits à base polygonale.
Feuille de Laurier cerise. — Cerasus lauro cerasus. L,
I. Lame interneurale. a. Epiderme inférieur. — L'épiderme inférieur possède des éléments rectangulaires allongés superficiellement, quand ils sont vus en coupe transversale ; et polygonaux, carrés, sans sinuosités, si on les examine de face. Ces éléments ont une membrane assez épaisse et ponctuée. Ils sont en outre recouverts à leur surface d'une couche épaissie de euticule. Les stomates, arrondis, sont limités latéralement par deux cellules en croissant.
b. Epiderme supérieur. — Analogue à l'inférieur, il possède cependant des cellules en général plus grandes; de plus, on ne remarque point de stomates.
c. Mésophylle. — Le mésophylle situé entre les deux couches épidermiques n’est point semblable aux deux faces. Sous l’épiderme supérieure, les cellules, perpendiculairement dirigées à la surface foliaire, sont pressées les unes contre les autres. Elles sont cylindriques et ont une longueur qui, dans les plus grosses, dépasse à peine einq fois la largeur ; de deux à quatre couches de ces éléments constituent le parenchyme en palissade. Le parenchyme inférieur a de grosses cellules rameuses, laissant entre elles des lacunes plus ou moins considérables; sur une coupe transversale, elles paraissent ovales, elliptiques ou rectangulaires dirigées en tout sens. Ce dernier parenchyme à une épaisseur un peu plus grande que celle du parenchyme supérieur.
Les cellules de ces deux parenchymes contiennent de la chlorphylle ; quelques-unes cependant, plus grosses en général que les éléments qui les entourent, renferment de gros cristaux agglomérés d’oxalate de chaux.
Il. Marge. — L'épiderme de la marge ne diffère guère de celui de la lame proprement dite, mais contre cet épiderme s'appuie de une à trois couches de cellules épaissies, ponctuées, arrondies tranversalement, rectangulaires dans le sens longitudinal. C’est contre ce massif de renforcement que vient se terminer le parenchyme vert.
III. Nervure. — L'épiderme supérieur est semblable à l’épiderme supérieur de la lame, l'épiderme inférieur a les cellules carrées ou rectangulaires (vues de face), et allongées suivant la nervure. On ne trouve point de stomates.
Directement, contre les deux épidermes, on rencontre de l'hypoderme cellulosique dont les cellules varient de grandeur et d'étendue suivant qu'on l’examine à la face inférieure ou à la face supérieure. L'hypoderme inférieur est composé de cinq à huit couches cellulaires occupant toute convexité de la nervure. Les cellules, arrondies ou légèrement polygonales sur une coupe transversale, rectangulaire et allongée, dans une coupe longitudinale, ont des parois très épaisses et munies de nombreuses ponctuations. Parmi ces cellules, qui ne laissent entre elles aucun méat, il y en a qui renferment dans leur intérieur de gros cristaux d'oxalate de chaux.
L'hypoderme supérieur, moins étendu latéralement que l'inférieur, possède des éléments beaucoup plus gros.
Contre les deux épidermes s'appuie un massif de cellules entourant le faisceau libéro-lisneux central de la nervure. Ces cellules sont arrondies ou polygonales, vues en coupe transversale; rectangulaires ou carrées sur une coupe longitudinale; elles présentent des ponctuations et ne laissent entre elles aucun méat. Elles ne renferment point de chlorophylle.
Faisceau libéro-ligneux. — Le système libéro-ligneux a la forme d'un arc convexe inférieurement. Il est constitué par du liber et du bois. Le liber, inférieur par rapport au boïs, est composé de fibres et de cellules. Les fibres à parois cellulosiques sont disposées en ilots irréguliers séparés les uns des autres par une série radiale de larges cellules arrondies ou polygonales sous une coupe transversale ; rectangulaires, ponctuées en coupe longitudinale. Ces fibres à section polygonale ont une une membrane épaisse, blanchâtre, et laissent au centre une assez large ouverture de forme très irrégulière; de plus, on remarque toujours au milieu de ces fibres des cellules contenant des masses cristallines d'oxalate de chaux. Au-dessus du liber vient le bois constitué inférieurement par deux ou trois couches de fibres allongées, ponctuées, très petites, à membranes très épaissies laissant une lumière carrée relativement considérable. Au-dessus des couches fibreuses se remarquent les puissantes séries radiales de vaisseaux, rayés, ponctués, spiraux et trachéens dont les ouvertures sont plus larges et les membranes moins épaisses que celles des fibres ligneuses.
Dans la concavité que forme le bois se trouvent quatre ou cinq couches de cellules à membranes épaisses. Ces cellules, qui forment une espèce de moelle, sont circulaires ou ovales sur une coupe transversale ; rectangulaires longitudinalement. Elles possèdent de nombreuses ponctuations.
Feullles de Pêcher commun. — Persica vulgaris. Mill.
I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme, glabre, est formé d'une assise de cellules tabulaires dont le contour est polygonal. L'inférieur seul est pourvu de stomates elliptiques placés entre plusieurs cellules épidermiques.
b. Mésophylle. — Il existe entre les deux épidermes du parenchyme
:n palissade et du tissu méatique. Le premier est composé de deux couches de cellules eylindriques dont les supérieures sont de cinq à sept fois plus longues que larges. Au voisinage de l'épiderme et entre les cellules vertes se trouvent des éléments sphériques et incolores qui renferment des cristaux agglomérés d'oxalate de chaux. Au-dessous de ces deux assises on remarque des cellules vertes irrégulières et dirigées en tout sens. Des éléments cristalligènes sont disséminés dans ce parenchyme.
IT. Nervure. — La nervure offre de bas en haut :
1° Une couche d'épiderme dont les cellules aplaties perpendiculairement à l'axe sont allongées dans le sens de la longueur de la nervure et présentant des parois un peu épaissies et ponctuées :
2 De deux à quatre assises de cellules cylindriques dont les membranes nacrées, épaissies et cellulosiques, sont munies de ponctuations ;
3° Une masse de grandes cellules qui ont la forme de prisme à base polygonale et qui sont moins élevées que les cellules précédentes ; en outre, leurs enveloppes sont minces, etelles laissent entre elles de petits méats. Quelques-unes, disposées en files longitudinales, contiennent des agglomérations cristallines ;
4 De nombreux ilots libériens dont les éléments possèdent une membrane qui offre les réactions de la cellulose. La plupart de ces éléments renferment des matières albuminoïdes ; mais, au milieu de ces derniers se trouvent des rangées cellulaires longitudinales dont chaque cellule contient des cristaux ;
5° Un arc ligneux composé de nombreuses lames parallèles de gros Vaisseaux ;
6° Un parenchyme dont les cellules sont petites, et ont la forme de prismes à base polygonale ;
7° Un massif de grandes cellules qui ont une membrane mince et laissent entre elles des méats. Un certain nombre possèdent dans leur intérieur des cristaux agglomérés ;
8 Des éléments cylindriques épaissis et ponctués ;
99 Une couche d’épiderme supérieur.
Ronce arbrisseau. — Rubus fruticosus. L.
I. Lame interneurale. — L'épiderme, pourvu de stomates à la face inférieure seulement, est composé d'une assise de cellules tabulaire à contour sinueux, dont les membranes un peu épaissies et ponctuées sont revêtues d'une couche de cuticule assez épaisse. L’épiderme produit des poils courts et étoilés ; les branches de ces poils sont supportées par un pédicule dont la base est enfoncée dans l’épiderme. Le mésophylle vert forme à la face supérieure deux couches de cellules cylindriques disposées en palissade ; les plus superficielles sont en en général de trois à cinq fois plus longues que larges. On remarque dans ce parenchyme quellques cellules renfermant des cristaux agglomérés d'oxalate de chaux.
A la face inférieure se trouvent deux ou trois couches parallèles de cellules qui sont en général rectangulaires sur une coupe transversale, tandis qu'elles sont rameuses et qu’elles laissent des méats superfi ciellement. Toutes les cellules du mésophylle contiennent du tannin.
IL. Marge. — La marge est formée par la terminaison latérale du mésophylle et de l’'épiderme.
IT. Nervure. — La nervure, convexe inférieurement, est limitée en haut et en bas par de l’épiderme dépourvu de stomates et composé d'une couche de cellules allongées parallèlement à l'axe de la nervure, cellules dont la membrane épaissie présente des ponctuations. Cet épiderme donne naissance à des poils de deux sortes: les uns sont simples, unicellulaires, longs, à membrane extrèmement épaisse ; les autres, étoilés, ressemblent à ceux de la lame.
En dedans de l’épiderme existent quelques couches de cellules päles ayant la forme de longs prismes à base polygonale; ces cellules, à membrane nacrée, très épaisse surtout aux angles, ont une cavité assez considérable et ne laissent entre elles aucun méat. Contre cet hypoderme s'appuie un massif de cellules beaucoup plus larges, mais moins hautes, et dont les parois moins épaissies présentent des ponctuations allongées perpendiculairement aux arêtes ; quelques-uns d’entre elles
ren —
contiennent des cristaux agglomérés d'oxalate de chaux. Ce massif enveloppe un faisceau dont la section transverse a la forme d'un croissant, faisceau composé, en allant de bas en haut:
1° De liber fibreux à sa partie inférieure, celluleux supérieurement. Les fibres libériennes ont un contour polygonal, leur membrane est épaisse et lignifiée, elles ne forment point un arc continu, mais des îlots séparés par des cellules à membrane ponctuée. Le liber celluleux, disposé aussi en ilots, d’une puissance presque égale à celle du parenchyme, renferme du tannin ;
2° D'un arc de bois composé d'un grand nombre de bandes fibro-vasculaires rayonnantes et séparées les unes des autres par un seul rang de petites cellules ;
9° D'un amas de petites cellules qui ne laissent entre elles aucun méat et ont la forme de longs prismes droits à base polygonale; leurs membranes sont épaissies et ponctuées.